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Texte 4


Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe (1949)




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1
Texte écho
Quels liens faites-vous entre le texte de Simone de Beauvoir et celui d’Hélène Cixous ?

L’éducation des adolescentes et des adolescents

2

a. Quel constat Simone de Beauvoir fait-elle sur l’éducation des adolescentes et des adolescents de son époque ?

b. Que cherche-t-elle à démontrer ?


3

a.
Quel rôle la mère semble-t-elle jouer dans l’éducation des filles ?

b. Comment comprenez-vous l’attitude des mères ?


4
GRAMMAIRE

a. À qui renvoie chacun des pronoms « on » dans cet extrait ?

b. Pourquoi l’auteure l’emploie-t-elle selon vous ?


Une démonstration à visée explicative

5

a. Sur quels arguments l’auteure s’appuie-t-elle pour énoncer sa thèse ?

b. Son raisonnement est-il inductif ou déductif ?


6
Que pensez-vous de l'emploi du singulier, dans le deuxième paragraphe ?


Vers le commentaire

7
D’après la démonstration de Simone de Beauvoir, qu’est-ce qui entrave la réussite des jeunes filles ?

ORAL
Débat Trouvez-vous que les contes façonnent notre représentation des femmes et des hommes ? Argumentez en vous appuyant sur vos lectures personnelles des contes. N'hésitez pas à vous entraîner avec l'enregistreur ci-dessous.
Enregistreur audio

Photographie Simone de Beauvoir
Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe (1949)

L’essai de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, qui fit polémique lors de sa publication en 1949, représente aujourd’hui un livre majeur pour les luttes féministes au XXe siècle. Dans cet extrait, elle se demande si les jeunes filles peuvent réussir leurs études aussi bien que les garçons.

On a souvent remarqué qu’à partir de la puberté, la jeune fille dans les domaines intellectuels et artistiques perd du terrain. Il y a beaucoup de raisons. Une des plus fréquentes, c’est que l’adolescente ne rencontre pas autour d’elle les encouragements qu’on accorde à ses frères ; bien au contraire ; on veut qu’elle soit aussi une femme et il lui faut cumuler les charges de son travail professionnel avec celles qu’implique sa féminité. La directrice d’une école professionnelle a fait à ce propos les remarques suivantes :

La jeune fille devient tout à coup un être qui gagne sa vie en travaillant. Elle a de nouveaux désirs qui n’ont plus rien à voir avec la famille. Il arrive assez fréquemment qu’elle doive faire un effort assez considérable... Elle rentre la nuit dans sa famille recrue1 d’une fatigue colossale et la tête comme farcie de tous les événements du jour... Comment sera-t-elle alors reçue ? La mère l’envoie faire une commission. Il y a aussi à terminer les travaux ménagers laissés en suspens et elle a encore à s’occuper des soins de sa propre garde-robe. Impossible de dégager toutes les pensées intimes qui continuent à la préoccuper. Elle se sent malheureuse, compare sa situation à celle de son frère qui n’a aucun devoir à remplir à la maison et elle se révolte.

Les travaux ménagers ou les corvées mondaines2 que la mère n’hésite pas à imposer à l’étudiante, à l’apprentie, achèvent de la surmener. J’ai vu pendant la guerre3 des élèves que je préparais à Sèvres4 accablées par les tâches familiales qui se surajoutaient à leur travail scolaire : l’une a fait un mal de Pott5, une autre une méningite6. La mère [...] est sourdement hostile à l’affranchissement de sa fille et, plus ou moins délibérément, elle s’applique à la brimer : on respecte l’effort que fait l’adolescent pour devenir un homme et déjà on lui reconnaît une grande liberté. On exige de la jeune fille qu’elle reste à la maison, on surveille ses sorties : on ne l’encourage aucunement à prendre elle-même en main ses amusements, ses plaisirs. Il est rare de voir des femmes organiser seules une longue randonnée, un voyage à pied ou à bicyclette ou s’adonner à un jeu tel que le billard, les boules, etc. [...] Elles pensent que les triomphes éclatants sont réservés aux hommes ; elles n’osent pas viser trop haut. On a vu que se comparant aux garçons, des fillettes de quinze ans déclaraient : « Les garçons sont mieux. » Cette conviction est débilitante7. Elle encourage à la paresse et à la médiocrité.

Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, tome II, « L’expérience vécue », 1949 © Éditions Gallimard.

1. Accablée.
2. De sociabilité.
3. Seconde Guerre mondiale.
4. Dans un établissement où l’on préparait les filles à devenir institutrices.
5. Maladie infectieuse touchant la colonne vertébrale.
6. Maladie inflammatoire.
7. Qui affaiblit ou décourage.

Texte écho
Hélène Cixous, La Venue à l’écriture (1977)

Auteure féministe, Hélène Cixous s’interroge sur les conditions de la femme écrivaine.

Tu peux désirer. Tu peux lire, adorer, être envahie. Mais écrire ne t’est pas accordé. Écrire était réservé aux élus. [...] L’écriture parlait à ses prophètes depuis un buisson ardent1. Mais il avait dû être décidé que les buissons ne dialogueraient pas avec les femmes. [...] Mais pour toi, les contes t’annoncent un destin de restriction et d’oubli, la brièveté, la légèreté d’une vie qui ne part de la maison de ta mère que pour faire trois petits détours qui te ramènent tout étourdie à la maison de ta grand-mère qui ne fera de toi qu’une bouchée. Pour toi, petite fille, petit pot de lait, petit pot de miel, petit panier, l’expérience le démontre, l’histoire te promet ce petit voyage alimentaire qui te ramène bien vite au lit du Loup jaloux [...].

[...] Les mythes nous font la peau. Le Logos2 ouvre sa grande gueule, et nous avale.


Hélène Cixous, La Venue à l’écriture, 1977, Union générale d’éditions.


1. Image biblique renvoyant au moment où Dieu se révèle à Moïse sous la forme d’un buisson en feu qui ne s’éteint jamais.
2. Discours.

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L'image

1
Comment interprétez-vous la présence de ce fer à repasser ? Pensez à sa fonction habituelle, observez sa position par rapport à la femme et imaginez la fonction symbolique qu’il peut avoir ici.


2
Que semble exprimer le regard de la femme ?

Éclairage

Pour Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » Cette célèbre citation résume sa pensée (voir p. 386).

Ouka Leele, Salon de coiffure, de la série « Invraisemblances », 1979, photographie, Madrid, Espagne.
Ouka Leele, Salon de coiffure, de la série « Invraisemblances », 1979, photographie, Madrid, Espagne.

Ressource complémentaire

La mécanique sexiste, vidéo réalisée par Marine Spaak. Centre Hubertine Auclert.
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