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OUTILS D'ANALYSE
POÉSIE


FICHE 1

La versification 1




RÉACTIVER SES CONNAISSANCES

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1
★☆☆
a. Combien de syllabes comptez‑vous au v. 2 ?

b. Comment nomme‑t‑on ce type de vers ?

c. Comment faire pour obtenir le même nombre de syllabes aux autres vers ?


Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie,
Votre amour ne se peut en meilleur lieu donner.

Pierre de Ronsard, « Marie, qui voudrait votre beau nom tourner », Continuation des Amours, 1555.

RETENIR

Le vers est composé pour être prononcé d’une façon rythmée et musicale. Il se rencontre en poésie, mais aussi dans d’autres genres, comme l’épopée médiévale, le roman de chevalerie ou encore le théâtre classique.

La poésie est souvent en vers, mais il existe aussi de la poésie en prose.

Le vers


Le vers traditionnel commence par une majuscule et se termine par un retour à la ligne.

Il se définit par sa métrique, c’est-à-dire le nombre de ses syllabes.

Là est le bien que tout esprit désire, = 10 syllabes
Là le repos où tout le monde aspire (Du Bellay, « Si notre vie est moins qu’une journée », L’Olive, 1550)

Dans la poésie française traditionnelle, les vers sont généralement pairs : alexandrin : 12 syllabes ; décasyllabe : 10 syllabes ; octosyllabe : 8 syllabes ; hexasyllabe : 6 syllabes.
Il existe également des vers impairs, dans la chanson médiévale ou les fables (ou dans la poésie plus récente) : ennéasyllabe : 9 syllabes ; heptasyllabe : 7 syllabes ; pentasyllabe : 5 syllabes.

Bien compter les syllabes du vers


Une syllabe est formée d’un son vocalique (o, ou, ain…) éventuellement accompagné de consonnes. → La.po.é.sie

Le son [ə], appelé E caduc ou « muet » (bien que souvent sonore), est prononcé ou non selon son environnement :
il est prononcé quand il est devant une consonne ;
il n’est pas prononcé quand il est devant une voyelle ou un h muet (élision pour éviter le hiatus) ;
il n’est pas prononcé quand il est en fin de vers, y compris quand il est suivi des marques -s ou -nt.
Que.lle.pei.n(e)est.plus.dur(e) = 6 syllabes (Mellin de Saint‑Gelais, « Chanson XII »)

Une syllabe contenant deux sons vocaliques (dont un i, parfois un u) peut être divisée et donc compter pour deux syllabes.
On appelle ce phénomène une diérèse. → pa.ssion = pa.ssi.on

Une synérèse, plus rare, consiste à prononcer deux sons vocaliques en une seule syllabe. → hier /i.yèr//yèr/

Au début du Moyen Âge, les poèmes sont généralement composés de vers hétérométriques, qui n’ont pas tous le même nombre de syllabes. Ils sont ensuite plus souvent isométriques, même s’il reste des exceptions, comme les fables de La Fontaine.

Prononcer le vers de façon rythmée


Pour bien prononcer les vers traditionnels, il faut suivre les règles suivantes.

On marque une pause à la fin du vers.

On marque la césure, c’est-à-dire une respiration dans le vers.
L’alexandrin a sa césure entre les deux hémistiches (les deux moitiés du vers) : 6//6 syllabes.
Le vers le mieux rempli, // la plus noble pensée
Ne peut plaire à l’esprit // quand l’oreille est blessée. (Boileau, L’Art poétique, 1674)
Le décasyllabe a sa césure soit en 4//6 syllabes ou 6//4 syllabes, soit en 5//5 syllabes.
Remarque : Les vers courts (moins de 8 syllabes) n’ont pas de césure. Les vers impairs offrent plusieurs possibilités.

On place un accent tonique (une insistance) sur la dernière syllabe des mots importants. → Le VERS / le mieux remPLI

Quand un E caduc est en fin de mot, on allonge la syllabe qui le précède. → la plus NOOOble pensée / Ne peut PLAAAiiir(e) à l’esprit

L’alexandrin a un rythme caractéristique, avec quatre syllabes accentuées :
Le.VERS / le.mieux.rem.PLI, // la.plus.NOOO/ble.pen.SÉE → 2/4//3/3
Ne.peut.PLAAAIII/rà.l’es.PRIT, // quand.l’o.REEEIII/llest.ble.SSÉE → 3/3//3/3
Le rythme 3/3//3/3 crée un effet d’harmonie, tandis que les rythmes 2/4 et 4/2 sont plus dynamiques.

VÉRIFIER

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2
★☆☆ Choisissez la bonne réponse.

1. Un poème est toujours en vers :

2. Seuls les poèmes sont écrits en vers :


3. Un hexasyllabe compte 7 syllabes :


4. Un E caduc ou « muet » est un E qui ne se prononce pas :


5. Une césure est le contraire d’une synérèse :

S'EXERCER

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3
★★☆
a. Placez la césure et les quatre accents toniques dans le v. 1. Quels sont les sons mis en valeur ?

b. Au v. 2, indiquez si les E caducs se prononcent ou non.

c. Lisez les quatre alexandrins en faisant entendre leur rythme.


Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

Jean Racine, Phèdre, 1677.

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4
★☆☆
a. Repérez les E caducs et indiquez s’il faut ou non les compter.

b. Comptez les syllabes de chaque vers, puis prononcez‑les à voix haute. Les vers brefs provoquent‑ils une accélération ou un ralentissement du rythme ?


Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.

François de Malherbe, « Consolation à M. Du Périer […] », 1607.

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5
★★☆
a. Repérez les E caducs et indiquez s’il faut ou non les prononcer.

b. Au début de l’extrait, où doit-on placer une diérèse pour obtenir un vers pair ?

c. Comptez les syllabes de chaque vers. Cette fable est-elle isométrique ou hétérométrique ?

d. Quels passages le rythme met-il en valeur ?


Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
 L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
 J’ai dévoré force moutons.
 Que m’avaient‑ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
 Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi.

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, 1668.

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6
★★★
a. Comment obtient-on douze syllabes dans chacun de ces vers ?

b. Prononcez les deux premiers vers. Quel est l’effet produit ?

c. Placez la césure à l’hémistiche et les accents toniques, puis prononcez les alexandrins en faisant entendre leur rythme.


Et je ne hais rien tant, que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d’embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d’inutiles paroles.

Molière, Le Misanthrope, 1666.

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7
★★★
a. Quels types de vers repérez-vous dans ce texte ?

b. Quel est l’effet produit par l’alternance de vers différents dans la deuxième strophe ?

c. Faites les repérages nécessaires (E caducs, césures, accents toniques) puis prononcez le poème en mettant en valeur le rythme et le dernier vers de chaque strophe.


À Monsieur de ***

Quoi ! de l’amitié la plus tendre,
Vous me refusez le retour !
Ah ! je n’y dois donc plus prétendre !
Vous ne m’offrez que de l’amour.

Un sentiment plus vif a pénétré votre âme :
Il passera ce sentiment !
Je vois déjà s’éteindre votre flamme.
Je voulais un ami : vous n’êtes qu’un amant.

Elisabeth Guibert, « À Monsieur de *** », dans L’Almanach des Muses, 1767.

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 ► Vers le bac 


8
★★★
a. Préparez votre lecture à voix haute en faisant les repérages nécessaires (E caducs, césures, accents toniques).

b. Entraînez-vous à lire le poème en mettant en valeur son rythme, ses sonorités et son sens.

c. En petits groupes, comparez vos lectures orales.
Enregistreur audio

Pourquoi s’applaudir d’être belle ?
Quelle erreur fait compter la beauté pour un bien ?
À l’examiner, il n’est rien
Qui cause tant de chagrin qu’elle.
Je sais que sur les coeurs ses droits sont absolus ;
Que tant qu’on est belle on fait naître
Des désirs, des transports, et des soins assidus :
Mais on a peu de temps à l’être,
Et longtemps à ne l’être plus.

Antoinette Deshoulières, Réflexions diverses, 1686.

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