OUTILS D'ANALYSE
POÉSIE


FICHE 2

La versification 2




RÉACTIVER SES CONNAISSANCES

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1
★☆☆ Lisez la strophe ci‑dessous.
a. Comment nomme‑t‑on ce type de strophe ?

b. Comment les rimes sont‑elles disposées ?


Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

Marc‑Antoine Girard de Saint‑Amant, « Le Paresseux », 1631.

S'EXERCER

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3
★☆☆
a. Comment les rimes de cette fable sont-elles disposées ?

b. Quelle est leur richesse ?

c. L’alternance des rimes féminines et masculines est-elle respectée ?


Certain renard gascon, d’autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
 Des raisins mûrs apparemment,
 Et couverts d’une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas ;
 Mais comme il n’y pouvait point atteindre :
« Ils sont trop verts, dit‑il, et bons pour des goujats. »
 Fit‑il pas mieux que de se plaindre ?

Jean de La Fontaine, « Le Renard et les Raisins », Fables, 1668.

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6
★★☆
a. Analysez les deux dernières strophes de ce sonnet (types de strophes et de vers).

b. Comment les rimes sont‑elles disposées ?

c. Repérez un rejet. Comment est-il mis en valeur ? En quoi cela illustre-t-il le sens du poème ?


Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s’enfuit,

Reste de Rome. Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit,
Et ce qui fuit au temps fait résistance.

Joachim du Bellay, Les Antiquités de Rome, sonnet III, 1558.

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 ► Vers le bac 


7
★★★
a. Repérez un enjambement. Quelle image met-il en valeur ?

b. Repérez les rimes féminines et les rimes masculines. Prononcez les vers en accentuant la dernière syllabe des rimes masculines, et en allongeant l’avant-dernière syllabe des rimes féminines. Quel est l’effet produit ?
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NÉRON

Rome ne porte point ses regards curieux
Jusque dans des secrets que je cache à ses yeux.
Imitez son respect.

BRITANNICUS

        On sait ce qu’elle en pense.

NÉRON

Elle se tait du moins : imitez son silence.

BRITANNICUS

Ainsi Néron commence à ne se plus forcer.

NÉRON

Néron de vos discours commence à se lasser.

BRITANNICUS

Chacun devait bénir le bonheur de son règne.

NÉRON

Heureux ou malheureux, il suffit qu’on me craigne.

Jean Racine, Britannicus, 1669.

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5
★★☆
a. Repérez des enjambements, des rejets ou des contre‑rejets dans les vers suivants.

b. Prononcez-les en mettant en valeur le décalage entre le vers et la phrase. Quels effets de sens produisent-ils ?


1. Si frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.

François Villon, « Frères humains », 1462 (orthographe modernisée).


2. Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.

Jean de La Fontaine, « Le Laboureur et ses enfants », Fables, 1668.
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4
★★☆
a. Comment les rimes sont-elles disposées ?

b. Quelle est leur richesse ?

c. Observez des exemples de « vanités », p. 70. Quelle portée symbolique voyez-vous à la rime chandelle/belle ?


Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille »,