Chapitres bientôt disponibles

Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


OUTILS D'ANALYSE
RÉCIT


FICHE 4

La construction du récit




OBSERVER

Voir les réponses

1
★☆☆
a. Dans cet extrait, les faits sont‑ils évoqués de manière chronologique ? Justifiez votre réponse.

b. Le rythme de la narration est‑il constant ou repérez‑vous des moments d’accélération ou de ralentissement dans l’évocation des différents événements ?

M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s’en retournait à Nogent‑sur‑Seine, où il devait languir pendant deux mois, avant d’aller faire son droit. Sa mère, avec la somme indispensable, l’avait envoyé au Havre voir un oncle, dont elle espérait, pour lui, l’héritage ; il en était revenu la veille seulement ; et il se dédommageait de ne pouvoir séjourner dans la capitale, en regagnant sa province par la route la plus longue.

Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869.

RETENIR

L’ordre du récit

Il est rare que dans un récit les événements soient relatés dans un ordre strictement chronologique. En effet, les écrivains bouleversent plus ou moins fréquemment la chronologie pour :
l'ordre du récit

Le rythme du récit

Il est également impossible de faire concorder la durée de l’histoire avec celle du récit. Les écrivains varient ainsi le rythme de la narration selon quatre modalités.

Procédés Caractéristiques Exemples
La scène
Il y a une certaine égalité entre la durée du récit et celle de l’histoire.
→ Il hoche la tête, il plisse les paupières, les lèvres… « Non, décidément non, ça ne va pas. » Il étend le bras, il le replie…

Nathalie Sarraute, Entre la vie et la mort, 1968.
Le sommaire
Le narrateur accélère le rythme du récit par rapport au rythme de l’histoire en résumant celle-ci.
→ Pendant environ trois mois, la veuve Vauquer profi ta du coiffeur de monsieur Goriot [...].

Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835.
La pause
Le narrateur cesse de raconter l’histoire pour faire une description ou des commentaires.
Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six.
Victor Hugo, Les Misérables, 1862.
L'ellipse
Le narrateur passe sous silence une partie de l’histoire.
→ Deux jours se passèrent, elle n’avait pas remué, il la touchait de son geste machinal, rassuré de la sentir si tranquille.

Émile Zola, Germinal, 1885.


Visuellement, ces quatre procédés pourraient être représentés de la manière suivante :

Le rythme du récit

VÉRIFIER

Voir les réponses

2
★☆☆
Pour chacune des définitions suivantes, nommez le procédé correspondant.

1. Un moment est passé sous silence.
2. Le narrateur évoque un évènement antérieur.
3. Une longue période est résumée en quelques mots.
4. Le narrateur évoque un évènement qui aura lieu plus tard.
5. L’histoire est interrompue par le narrateur, pour mener une description par exemple.

S'EXERCER

Voir les réponses

3
★☆☆
Dans les extraits suivants, repérez l’analepse et la prolepse en vous aidant des éléments soulignés.

1. [C]’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s’était déjà déclaré, et qui a causé dans la suite tous ses malheurs et les miens.

Abbé Prévost, Manon Lescaut, 1731.



2. Ils sortirent du palais excellentiel sans qu’aucun des gardes leur posât la moindre question ni même vérifiât leurs papiers. [...] Les rues étaient celles de Yourma trois ans auparavant, quand on lança des tracts de Martial avec mention « traître à la patrie et assassin de la cause populaire ».

Sony Labou Tansi, La vie et demie, 1979, Éditions du Seuil.

Voir les réponses

4
★★☆
Comparez le rythme des quatre extraits suivants. Justifiez vos analyses en citant les textes.

1. Elle entra chez moi le jour même ; elle se nommait Rose. Au bout d’un mois, je l’adorais.
C’était une trouvaille, une perle, un phénomène.

Guy de Maupassant, « Rose », Contes du jour et de la nuit, 1885.



2. La même nuit elle eut le bonheur de lui faire parvenir une lettre. [...]. Ce fut huit jours après qu’eut lieu le mariage de la sœur du marquis Crescenzi, où la duchesse commit une énorme imprudence dont nous rendrons compte en son lieu.

Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1839.



3. Quelqu’un pousse la porte. Nous ouvrons les yeux. La lumière d’une lampe de poche nous aveugle. Nous demandons :
‒ Qui est là ?
Une voix d’homme répond :
‒ Pas peur. Vous pas peur.

Agota Kristof, Le Grand Cahier, 1986, Éditions du Seuil.



4. La pièce était assez grande, peu meublée et d’aspect négligé. Les fauteuils, défraîchis et vieux, s’alignaient le long des murs, selon l’ordre établi par la domestique, car on ne sentait en rien le soin élégant d’une femme qui aime le chez‑soi. Quatre pauvres tableaux, représentant une barque sur un fleuve, un navire sur la mer, un moulin dans une plaine et un bûcheron dans un bois, pendaient au milieu des quatre panneaux, au bout de cordons inégaux, et tous les quatre accrochés de travers.

Guy de Maupassant, Bel‑Ami, 1885.

Voir les réponses

5
★★☆
Étudiez l’ordre du récit dans les extraits suivants en nommant précisément les procédés utilisés. Justifiez vos réponses.

1. Caderousse chercha des yeux Fernand : il avait disparu. Toute la scène de la veille se représenta alors à son esprit avec une effrayante lucidité.
On eût dit que la catastrophe venait de tirer le voile que l’ivresse de la veille avait jeté entre lui et sa mémoire.

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte‑Cristo, 1844.



2. C’est peut-être d’une impression ressentie aussi auprès de Montjouvain, quelques années plus tard, impression restée obscure alors, qu’est sortie, bien après, l’idée que je me suis faite du sadisme. On verra plus tard que, pour de tout autres raisons, le souvenir de cette impression devait jouer un rôle important dans ma vie.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913.



3. Mais pour rendre un compte exact des événements extérieurs comme des sentiments, il est nécessaire de remonter à quelques mois avant la scène par laquelle commence cette histoire.

Honoré de Balzac, « La Maison du chat‑qui‑pelote », 1830.

Voir les réponses

6
★★★
a. Nommez les différents procédés de rythme du récit employés par Flaubert. Citez le texte pour justifier votre réponse.

b. Selon vous, qu’apportent de tels procédés à cette fin de roman ?

Il voyagea.
Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.
Il revint.
Il fréquenta le monde, et il eut d’autres amours, encore. Mais le souvenir continuel du premier les lui rendait insipides [...] Des années passèrent ; et il supportait le désoeuvrement de son intelligence et l’inertie de son cœur.
Vers la fin de mars 1867, à la nuit tombante, comme il était seul dans son cabinet, une femme entra.
« Madame Arnoux !
‒ Frédéric ! »
Elle le saisit par les mains, l’attira doucement vers la fenêtre, et elle le considérait tout en répétant :
« C’est lui ! C’est donc lui ! »

Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869.

Voir les réponses

 ► Vers le bac 


7
★★★
Rédigez par groupes une synthèse sur la question suivante, en vous aidant de la leçon et des exercices réalisés.

Comment et pourquoi les écrivains bouleversent-ils l’ordre chronologique de leurs récits et en varient‑ils la rythme ?

Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?