Chargement de l'audio en cours
Cacher

Cacher la barre d'outils

Plus

Plus


OUTILS D'ANALYSE
RÉCIT


FICHE 5

Incipit et excipit




RETENIR


Lorsque l’on étudie un texte, il faut toujours se demander s’il occupe une place particulière dans l’ouvrage. Or, s’il y a bien deux moments clés dans un récit, ce sont :
  • son début, appelé incipit, en référence à l’expression que l’on trouve au début des manuscrits latins du Moyen Âge, incipit liber, c’est‑à‑dire « ici commence le livre »
  • et sa fin, appelée excipit (ou explicit).

Leur longueur varie, d’une phrase à plusieurs paragraphes.

L'incipit


incipit


L'excipit


Il est possible de distinguer deux types d’excipits. Ainsi, une fin peut être :
  • ouverte
    → Relevant les yeux, il découvrit là‑bas, derrière la place de la Concorde, la Chambre des députés. Et il lui sembla qu’il allait faire un bond du portique de la Madeleine au portique du Palais‑Bourbon. (Guy de Maupassant, Bel Ami, 1885)
  • fermée par un événement qui clôt la destinée des héros : l’aboutissement d’un projet, la fin d’un parcours, etc.

La fonction essentielle d’un excipit est de donner un sentiment d’achèvement au lecteur. Il s’agit le plus souvent de sceller le sort des personnages ; mais l’aboutissement peut aussi être d’ordre idéologique avec une conclusion morale, philosophique ou politique.
→ Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. (Émile Zola, Germinal, 1885)

Ce sentiment d’achèvement pourra être accentué si l’excipit entretient des liens forts avec l’incipit.

VÉRIFIER

Voir les réponses

2
★☆☆
Dites si les énoncés suivants sont vrais ou faux et corrigez-les lorsqu’ils sont Faux

1. La longueur d’un incipit correspond à la première phrase d’un récit :
Vrai Faux


2. On appelle excipit la fin d’un récit :
Vrai Faux


3. On parle d’incipit in medias res lorsqu’un récit s’ouvre par une description :
Vrai Faux


4. On qualifie de « fermée » une fin qui fixe le sort des personnages :
Vrai Faux

OBSERVER

Voir les réponses

1
★☆☆
Dites à chaque fois s’il s’agit selon vous de la première ou de la dernière phrase du roman. Justifiez.
1. Et déjà je l’imaginais, la nuit, enveloppant sa fille dans un manteau, et partant avec elle pour de nouvelles aventures.

Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189…

Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, 1913.

2. Ça a débuté comme ça.

Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu’il emmenait, la Seine aussi, tout, qu’on n’en parle plus.

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

S'EXERCER

Voir les réponses

6
★★★
a. Comment qualifieriez-vous cet incipit ?

b. Quelle image donne-t-il du narrateur ?

c. Quelle est selon vous la fonction de cet incipit ? Justifiez votre réponse.

  Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut‑être hier.   L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre‑vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après‑midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu.

Albert Camus, L’Étranger, 1942, Éditions Gallimard.

Voir les réponses

4
★☆☆
D’après vous, lequel de ces deux excipit a donné lieu à une suite ? Appuyez-vous sur une identification du type et de la fonction de l’excipit.

1. C’est de la dynamite que tu as sous les fesses, mon frère. Lève‑toi et va‑t’en. C’est fini. C’est fini pour de bon, cette fois.

Alessandro Baricco, Novecento : pianiste, trad. de F. Brun, 1997.



2. Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut du cimetière et vit Paris tortueusement couché le long des deux rives de la Seine où commençaient à briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque avidement entre la colonne de la place Vendôme et le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ruche bourdonnante un regard qui semblait par avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : « À nous deux maintenant ! »
  Et pour premier acte du défi qu’il portait à la Société, Rastignac alla dîner chez madame de Nucingen.

Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1842.

Voir les réponses

 ► Vers le bac 


7
★★★
Organisez un débat pour défendre l’incipit de cette page vous ayant le plus donné envie de lire la suite du récit. Vous mobiliserez les connaissances acquises afin de gagner en conviction. Vous pouvez également utliser l'enregistreur ci-dessous pour vous entraîner à l'oral.

Enregistreur audio
Voir les réponses

3
★☆☆
a. Relevez les informations données dans l’incipit suivant.

b. Par quels moyens Victor Hugo tente‑t‑il de séduire le lecteur ?

Il y a sept ou huit ans, un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse, et un enfant de cette fille. Je dis les choses comme elles sont, laissant le lecteur ramasser les moralités à mesure que les faits les sèment sur leur chemin. L’ouvrier était capable, habile, intelligent, fort maltraité par l’éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire et sachant penser. Un hiver, l’ouvrage manqua. Pas de feu ni de pain dans le galetas. L’homme, la fille et l’enfant eurent froid et faim. L’homme vola. Je ne sais ce qu’il vola, je ne sais où il vola. Ce que je sais, c’est que de ce vol il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l’enfant, et cinq ans de prison pour l’homme.

Victor Hugo, Claude Gueux, 1834.

Voir les réponses

5
★★☆
a. Identifiez le type d’incipit des extraits suivants.
b. Selon vous, sur quelle fonction de l’incipit les auteurs mettent‑ils à chaque fois l’accent ?


1. La chaleur du soleil faisait fendre la terre ; pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano1 avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir.

Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta, 2004.



1. Massif dans la région des Pouilles, dans le sud de l’Italie.


2. En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu’une carapace, et, en relevant un peu la tête, il vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu’à peine.

Franz Kafka, La Métamorphose, trad. de Bernard Lortholary, 1988.



3. Dans la petite ville de Vevey, en Suisse, se trouve un hôtel particulièrement confortable. Il s’y trouve, certes, beaucoup d’hôtels ; car la distraction des touristes est l’activité de l’endroit, qui, comme s’en souviendront bien des voyageurs, se situe au bord d’un lac remarquablement bleu ‒ lac qu’il incombe à chaque touriste de visiter.

Henry James, Daisy Miller, 1878, trad. de Jean Pavans, 2001.



4. Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient‑ils ? Que vous importe ? D’où venaient‑ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient‑ils ? Est‑ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient‑ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici‑bas était écrit là‑haut.

Denis Diderot, Jacques le fataliste et son maître, 1796.


Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?