OUTILS D'ANALYSE
RÉCIT


FICHE 2

Les types de focalisation




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2
★☆☆
Quelle est la focalisation qui permet de…

1. connaître les pensées de tous les personnages d’un récit ?


2. décrire ce qu’il se passe d’un point de vue objectif ?


3. suivre l’évolution d’un personnage en même temps que celui-ci la vit ?

S'EXERCER

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4
★★☆
Quelle est la focalisation adoptée dans chacun des extraits suivants ? Justifiez vos réponses en citant le texte avec précision.

1. Wallas introduit son jeton dans la fente et appuie sur un bouton. Avec un ronronnement agréable de moteur électrique, toute la colonne d’assiettes se met à descendre ; dans la case vide située à la partie inférieure apparaît, puis s’immobilise, celle dont il s’est rendu acquéreur. Il la saisit, ainsi que le couvert qui l’accompagne, et pose le tout sur une table libre.

Alain Robbe-Grillet, Les Gommes, 1953.



2. Derrière la crête du plateau, à l’ombre de la batterie masquée, l’infanterie anglaise, formée en treize carrés, deux bataillons par carré, et sur deux lignes, sept sur la première, six sur la seconde, la crosse à l’épaule, couchant en joue ce qui allait venir, calme, muette, immobile, attendait. Elle ne voyait pas les cuirassiers et les cuirassiers ne la voyaient pas.

Victor Hugo, Les Misérables, 1862.



3. Maisie ne savait pas à quoi pensaient les gens, mais elle connut bientôt le nom de toutes les soeurs, et put les réciter avec moins de fautes que la table de multiplication. Sans jamais poser de questions, elle méditait en secret sur cette effroyable pauvreté, dont sa compagne ne parlait pas non plus.

Henry James, Ce que savait Maisie, 1897, trad. de Marguerite Yourcenar, Éditions Robert Laffont, 1947.

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3
★☆☆
Quelle est la focalisation adoptée dans chacun de ces extraits ? Proposez une réponse argumentée en vous aidant des indices en gras.

1. K. se dirigea vers l’escalier pour se rendre à l’instruction, puis s’immobilisa de nouveau, apercevant dans la cour trois autres cages d’escalier [...] Il s’irrita qu’on ne lui eût pas précisé où se trouvait la salle ; on le traitait là avec une singulière incurie ou avec une négligence qu’il comptait bien dénoncer à haute et intelligible voix. Il se résolut enfin à gravir cet escalier, tout en prenant plaisir à se remémorer le propos de gardien Willem [...].

Franz Kafka, Le Procès, 1925, trad. de Bernard Lortholary, Flammarion, 1983.



2. La petite au chapeau de feutre est dans la lumière limoneuse du fleuve, seule sur le pont du bac, accoudée au bastingage. Le chapeau d’homme colore de rose toute la scène. C’est la seule couleur.

Marguerite Duras, L’Amant, 1984.



3. En ce moment, la maison A. Popinot et compagnie se pavanait sur les murs et dans toutes les devantures. Incapable de mesurer la portée d’une pareille publicité, Birotteau se contenta de dire à Césarine : « Ce petit Popinot marche sur mes traces ! » sans comprendre la différence des temps, sans apprécier la puissance des nouveaux moyens d’exécution dont la rapidité, l’étendue, embrassaient beaucoup plus promptement qu’autrefois le monde commercial.

Honoré de Balzac, César Birotteau, 1837.

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5
★★★
a. Quelle est la focalisation adoptée au début de cet extrait ? Justifiez votre réponse.

b. À quel moment la focalisation devient-elle interne ? Précisez alors à qui et justifiez votre réponse.


c. Sachant qu’il s’agit de l’incipit du roman, qu’apporte le passage à une focalisation interne ?

  Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville‑de‑Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint‑Bernard.
  Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l’avant, tintait sans discontinuer.
  [...] Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. À travers le brouillard, il contemplait des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’oeil, l’île Saint‑Louis, la Cité, Notre‑Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir.

Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869.
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 ► Vers le bac 


6
★★★
Lisez la « nouvelle en trois lignes » ci‑dessous, puis racontez la scène en la développant et en adoptant les trois focalisations indiquées.
1. Celui de Larrieu, qui raconte ce qu’il a vécu à la 1re personne.

2. Celui de la belle-mère de Larrieu, qui raconte ce qu’elle a vécu à la 1re personne.