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OUTILS D'ANALYSE
RÉCIT


FICHE 6

La description et le portrait




OBSERVER

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1
★☆☆
a. L’extrait ci-dessous fait‑il avancer l’histoire ?


b. Comment est-il organisé ?


c. Serait-il possible de dessiner le gâteau de mariage évoqué ? Pourquoi ?


d. D’après vous, que nous révèle Flaubert sur les mariés à partir de ce gâteau ?

À la base, d’abord c’était un carré de carton bleu figurant un temple avec des portiques, colonnades et statuettes de stuc, tout autour, dans des niches constellées d’étoiles en papier doré ; puis, se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d’orange ; et enfin, sur la plate‑forme supérieure qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par des boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857.

RETENIR


La description : définition


Une description est un passage marquant une pause (voir Fiche p. 516) dans la narration en vue de présenter un lieu, un objet, une situation, une époque ou un personnage (on parle alors de portrait).

Elle est parfois motivée par l’action d’un personnage (un besoin de se reposer, une arrivée en avance, une rencontre, etc.).
→ Mais il dut attendre, un des garçons qui découpaient venait de s’entailler le doigt, et cela jetait un trouble. Il restait la face à l’ouverture, regardant la cuisine [...]. (Émile Zola, Au Bonheur des dames, 1883)

Les outils de la description


• Des connecteurs spatiaux
• Des connecteurs temporels
• Des termes d’addition
→ au centre, à droite
→ d’abord, ensuite
→ et, aussi
Pour organiser la description.
• Des verbes de perception → apercevoir, sentir, entendre Pour convoquer les sens du lecteur.
• Des expansions du nom (adjectif, subordonnée relative, complément du nom) → une commode de noyer dont un tiroir manquait.
Émile Zola, L’Assommoir, 1876.
Pour apporter des précisions.
• Des comparaisons et des métaphores → La plaine paraissait, à son milieu, poudrée de farine d’amidon.
Joris-Karl Huysmans, À rebours, 1884.
Pour aider à mieux imaginer ;
Pour lier l’inconnu à ce que le lecteur connaît ;
Pour rendre le texte plus poétique.


Les fonctions de la description


• Une fonction narrative : apporter des informations ou retarder le récit à un moment crucial. → Dans « La Petite Roque » (1885), Maupassant procède à une longue description de Roüyle-Tors à travers la promenade du personnage Médéric ; cela retarde la découverte du cadavre de la petite fille.
• Une fonction esthétique ; l’écrivain peut alors déployer sa virtuosité stylistique. → La haie formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoir [...].
M. Proust, Du côté de chez Swann, 1913.
• Une fonction symbolique, en laissant entendre plus que ce qu’elle ne dit. → La campagne encore verte et riante, mais défeuillée en partie et déjà presque déserte, offrait partout l’image de la solitude et des approches de l’hiver. Il résultait de son aspect un mélange d’impression douce et triste trop analogue à mon âge et à mon sort pour que je ne m’en fisse pas l’application.
J.-J. Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782.
• Une fonction argumentative : le narrateur profite de la description pour exprimer une opinion, un jugement, une idée. → Il faut que les notions de l’honnête et du déshonnête soient bien étrangement brouillées dans sa tête ; car il montre ce que la nature lui a donné de bonnes qualités, sans ostentation, et ce qu’il en a reçu de mauvaises, sans pudeur.
Denis Diderot, Le Neveu de Rameau, écrit vers 1770.


Remarque : Les différentes fonctions de la description ne s’excluent pas les unes des autres mais au contraire se combinent très souvent.

VÉRIFIER

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2
★☆☆
Complétez chacune des propositions suivantes par le(s) terme(s) manquant(s).

1. On appelle la description d’un personnage.

2. Il est possible de la description, c’est-à-dire d’introduire dans la narration une situation qui la justifie.

3. L’utilisation de permet d’ordonner une description.

4. En retardant la narration, une description à fonction permet de créer du suspense.

S'EXERCER

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3
★★☆
a. Par qui la description de la mine est‑elle introduite dans l’extrait suivant ?

b. Trouvez-vous cette description objective ou subjective ? Pourquoi ?


c. Selon vous, quelle est la principale fonction de cette description ? Justifiez votre réponse.

[Étienne Lantier] ne comprenait bien qu’une chose : le puits avalait des hommes par bouchées de vingt et de trente, et d’un coup de gosier si facile, qu’il semblait ne pas les sentir passer. Dès quatre heures, la descente des ouvriers commençait. Ils arrivaient de la baraque, pieds nus, la lampe à la main, attendant par petits groupes d’être en nombre suffisant. Sans un bruit, d’un jaillissement doux de bête nocturne, la cage de fer montait du noir, se calait sur les verrous, avec ses quatre étages contenant chacun deux berlines pleines de charbon. Des moulineurs, aux différents paliers, sortaient les berlines, les remplaçaient par d’autres, vides ou chargées à l’avance des bois de taille. Et c’était dans les berlines vides que s’empilaient les ouvriers, cinq par cinq, jusqu’à quarante d’un coup, lorsqu’ils tenaient toutes les cases. Un ordre partait du porte‑voix, un beuglement sourd et indistinct, pendant qu’on tirait quatre fois la corde du signal d’en bas, « sonnant à la viande », pour prévenir de ce chargement de chair humaine. Puis, après un léger sursaut, la cage plongeait silencieuse, tombait comme une pierre, ne laissait derrière elle que la fuite vibrante du câble.

Émile Zola, Germinal, 1885.

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4
★★☆
a. Comment la description suivante est‑elle organisée ? Aidez-vous des connecteurs pour répondre.

b. D’après vous, quelle est la principale fonction de cette description ? Citez le texte pour justifier votre réponse.


c. À quoi voit-on que le paysage est décrit par un amateur d’art ? Aidez-vous de vos réponses précédentes.

  Par sa fenêtre, une nuit, il avait contemplé le silencieux paysage qui se développe, en descendant, jusqu’au pied d’un coteau, sur le sommet duquel se dressent les batteries du bois de Verrières.
  Dans l’obscurité, à gauche, à droite, des masses confuses s’étageaient, dominées, au loin, par d’autres batteries et d’autres forts dont les hauts talus semblaient, au clair de la lune, gouachés avec de l’argent, sur un ciel sombre.
  Rétrécie par l’ombre tombée des collines, la plaine paraissait, à son milieu, poudrée de farine d’amidon et enduite de blanc cold‑cream ; dans l’air tiède, éventant les herbes décolorées et distillant de bas parfums d’épices, les arbres frottés de craie par la lune, ébouriffaient de pâles feuillages et dédoublaient leurs troncs dont les ombres barraient de raies noires le sol en plâtre sur lequel des caillasses scintillaient ainsi que des éclats d’assiettes.

Joris-Karl Huysmans, À Rebours, 1884.

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5
★★☆
a. Comment filmeriez-vous la scène suivante (plans, mouvements de caméra, cadrage, décors) ?

b. Quelle est la principale fonction de cette description ? Justifiez votre réponse.

Quand Gervaise s’éveilla, vers cinq heures, raidie, les reins brisés, elle éclata en sanglots. Lantier n’était pas rentré. Pour la première fois, il découchait. Elle resta assise au bord du lit, sous le lambeau de perse déteinte qui tombait de la flèche attachée au plafond par une ficelle. Et, lentement, de ses yeux voilés de larmes, elle faisait le tour de la misérable chambre garnie, meublée d’une commode de noyer dont un tiroir manquait, de trois chaises de paille et d’une petite table graisseuse, sur laquelle traînait un pot à eau ébréché. On avait ajouté, pour les enfants, un lit de fer qui barrait la commode et emplissait les deux tiers de la pièce. La malle de Gervaise et de Lantier, grande ouverte dans un coin, montrait ses flancs vides, un vieux chapeau d’homme tout au fond, enfoui sous des chemises et des chaussettes sales ; tandis que, le long des murs, sur le dossier des meubles, pendaient un châle troué, un pantalon mangé par la boue, les dernières nippes dont les marchands d’habits ne voulaient pas.
[...P]ieds nus, sans songer à remettre ses savates tombées, elle retourna s’accouder à la fenêtre, elle reprit son attente de la nuit, interrogeant les trottoirs au loin.

Émile Zola, L’Assommoir, 1876.

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 ► Vers le bac 


6
★★★

Répondez par deux à la question suivante, en vous aidant de la leçon et des exercices.
En quoi la description, loin d’être un passage à survoler, est‑elle essentielle au récit ?

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