COURS 2


De nouvelles modalités de production et de diffusion des savoirs





Jacques-Louis David, Portrait d’Antoine-Laurent et Marie-Anne Lavoisier, 1788, huile sur toile (détail), 259 x 195 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

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La science au masculin et au féminin : les Lavoisier, chimistes du XVIIIe siècle

Jacques-Louis David, Portrait d’Antoine‑Laurent et Marie‑Anne Lavoisier, 1788, huile sur toile (détail), 259 x 195 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.

Comment les connaissances scientifiques s’élaborent‑elles et se diffusent‑elles ?



De nouveaux espaces de production et de diffusion des sciences apparaissent. On assiste également à la diversification des champs du savoir.

Voir le cours 3


Vocabulaire

Encyclopédique : littéralement, « somme de toutes les sciences, de toutes les connaissances humaines ».

Jardin du Roi : institution fondée à Paris en 1635. On y enseigne au XVIIIe siècle la botanique, l’anatomie et la chimie.

Salons : lieux de réunion où l’on tient des discussions scientifiques et mondaines. À la différence des clubs ou des académies, il n’existe ni statuts ni ordres du jour.

Universités : institutions d’enseignement créées au Moyen Âge.

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Publier les sciences

L’essor des journaux savants. À partir de la fin du XVIIe siècle, les publications savantes se multiplient. L’Académie des sciences publie le Journal des savants tandis que la Royal Society met en place les Philosophical Transactions. À Londres, Amsterdam, Leipzig, Rotterdam, Venise ou Paris, une presse spécialisée dans les sciences et les techniques fait son apparition. Elle permet de diffuser et de valider les savoirs.

L’encyclopédisme. Au XVIIIe siècle, la mode est aux dictionnaires encyclopédiques. L’entreprise la plus aboutie est celle de l’Encyclopédie dirigée par Denis Diderot et d’Alembert, et publiée de 1751 à 1772. En effet, elle constitue une synthèse inégalée des connaissances scientifiques et techniques de l’époque.

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Les sciences et leurs publics

De nouveaux lieux de sociabilité scientifique. Les cafés deviennent des espaces où l’on discute des nouveautés techniques et scientifiques, si bien que certains se spécialisent, comme à Londres où le Garraway’s se consacre à la physique, et le Child’s à l’astronomie. Des académies apparaissent en province et contribuent à la propagation des savoirs : à Nîmes (1685), à Lyon (1700), à Montpellier (1706) et à Bordeaux (1713). En dehors des institutions savantes comme les universités ou le Jardin du Roi à Paris, des cours particuliers, parfois ouverts aux femmes, se répandent dans les villes (doc. 2).

Des publics élargis. Un public d’amateurs, curieux des sciences, apparaît dans les villes. Les femmes sont souvent spectatrices, parfois actrices de la production et de la diffusion des connaissances (doc. 3). Elles tiennent des salons dans lesquels des questions scientifiques sont discutées. Parfois, elles parviennent à s’imposer publiquement, à l’image de la mathématicienne et physicienne Laura Bassi.


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Des cours particuliers dans la ville

Le public est averti que les jardins de botanique du sieur Royer […] commenceront à être ouverts le sept du mois de mai prochain. La nature seule y donnera à ceux qui viendront les fréquenter, des leçons et des instructions pour apprendre à connaître les plantes. Afin de mieux profiter du beau spectacle qu’elle présente en ce genre, on ira tous les lundis comme les années précédentes à la campagne, pour l’observer et la consulter encore plus à son aise. Voilà le nouvel arrangement qu’il a cru devoir faire cette année ; il a soin d’en rendre compte au public. […] Les jardins seront fermés le mercredi et le samedi aux étudiants, ces deux jours‑là étant destinés aux dames.


L’Avant-coureur, 9 avril 1764.

Un laboratoire au XVIIe siècle

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Un laboratoire au XVIIe siècle

Anonyme, Apprentis dans un laboratoire de chimie à Leipzig, 1638, dessin, New York Public Library.

Écho des temps

La vulgarisation des connaissances scientifiques préoccupe déjà les savants au XVIIe siècle : Fontenelle écrit par exemple un ouvrage pour faciliter la compréhension des théories de Descartes et Copernic. Aujourd’hui, la question de la diffusion de la recherche est plus que jamais un enjeu crucial.

La vulgarisation des connaissances scientifiques, Léo Grasset

Chercheurs, journalistes, médiateurs dans les musées ou encore youtubeurs s’emploient à forger de nouveaux outils de médiation scientifique. Ces acteurs partagent une même volonté : rendre la science plus accessible et réduire l’écart entre les scientifiques et le public. Sur YouTube, Léo Grasset tient par exemple depuis 2014 la chaîne « Dirty Biology » dans laquelle il aborde biologie, géologie et physique.

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Les lieux des sciences

Les laboratoires. À partir du XVIIe siècle, le laboratoire s’institutionnalise et devient l’un des lieux emblématiques de la science, permettant de faire le lien entre expérience et observation (doc. 1). Il devient aussi un lieu essentiel d’enseignement.

Les observatoires. Avec l’engouement croissant pour l’astronomie, les observatoires se multiplient en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le plus notable d’entre eux est érigé à Paris en 1667 avec l’appui de Louis XIV. En Angleterre, Charles II finance la construction d’un observatoire relié à la Royal Society.

Les expéditions scientifiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le monde naturel devient lui‑même un lieu que les scientifiques doivent investir. On voit alors se multiplier les voyages d’exploration afin de perfectionner les techniques de navigation et la cartographie, dans le cadre de la compétition entre les puissances européennes. Des missions, comme celles de Joseph Dombey au Pérou de 1778 à 1785, sont mises en place pour étudier les plantes et la botanique des pays étrangers.

Repères

Laura Bassi

Laura Bassi
(1711-1778)

Née à Bologne en 1711, elle est la première femme au monde à obtenir une chaire de physique à l’université. Elle est admise à l’Académie des sciences de Bologne en 1732. Elle contribue à introduire les théories de Newton en Italie et s’intéresse grandement au domaine de l’électricité. Elle acquiert un appareil pour produire de l’électricité statique en 1746, et réfléchit à la façon dont on peut appliquer l’électricité à la médecine. Sa correspondance montre à quel point elle s’intègre dans les réseaux de la communauté scientifique européenne.
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