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POINT DE PASSAGE 2



Émilie du Châtelet, femme de science





Émilie du Châtelet, femme de science

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L’étude de la physique

Je ne me propose dans cet ouvrage que de rassembler sous vos yeux les découvertes éparses dans tant de bons livres latins, italiens et anglais […]. Un des torts de quelques philosophes de ce temps, c’est de vouloir bannir les hypothèses de la physique ; elles y sont aussi nécessaires que les échafauds dans une maison que l’on bâtit ; il est vrai que lorsque le bâtiment est achevé, les échafauds deviennent inutiles, mais on n’aurait pu l’élever sans leur secours. Toute l’astronomie, par exemple, n’est fondée que sur des hypothèses, et si on les avait toujours évitées en physique, il y a apparence qu’on n’aurait pas fait tant de découvertes […]. Souvenez‑vous, mon fils, dans toutes vos études, que l’expérience est le bâton que la nature a donné à nous autres aveugles, pour nous conduire dans nos recherches ; […] c’est à l’expérience à nous faire connaître les qualités physiques, et c’est à notre raison à en faire usage et à en tirer de nouvelles connaissances et de nouvelles lumières.


Émilie du Châtelet, Institutions de physique, 1740.

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La place des femmes de science dans la société des Lumières

Il est certain que l’amour de l’étude est bien moins nécessaire au bonheur des hommes qu’à celui des femmes. Les hommes ont une infinité de ressources pour être heureux, qui manquent entièrement aux femmes. Ils ont bien d’autres moyens d’arriver à leur gloire, et il est sûr que l’ambition de rendre ses talents utiles à son pays et de servir ses concitoyens, soit par son habileté dans l’art de la guerre, ou par ses talents pour le gouvernement, ou les négociations, est fort au‑dessus de celle qu’on peut se proposer pour l’étude ; mais les femmes sont exclues par leur état, de toute espèce de gloire, et quand, par hasard, il s’en trouve quelqu’une qui est née avec une âme assez élevée, il ne lui reste que l’étude pour la consoler de toutes les exclusions et de toutes les dépendances auxquelles elle se trouve condamnée par état.


Émilie du Châtelet, Discours sur le bonheur, 1746.

Quelle est la place d’Émilie du Châtelet dans les sciences et la société des Lumières ?


3
Une savante polyvalente

Ce matin, [Émilie du Châtelet] a lu un calcul géométrique d’un rêveur anglais, qui prétend démontrer quelle est la taille des habitants de Jupiter […]. Nous nous sommes fort divertis en admirant la folie d’un homme qui emploie tant de temps et de travail pour apprendre une chose si inutile. Mais j’ai admiré bien autre chose quand j’ai vu que le livre était en latin et qu’elle le lisait en français. Elle hésitait de temps en temps : je croyais que c’était pour comprendre les calculs, mais non, c’est qu’elle traduisait. Les termes mathématiques, les nombres, les choses étranges : rien ne l’arrêtait. Cela n’est‑il pas réellement étonnant ?


Lettre de Mme de Graffigny à François‑Antoine Devaux, décembre 1738.

Lien avec la la Physique-Chimie

L’hypothèse et l’expérience, clés de la démarche scientifique.


Francesco Algarotti, gravure dans Le Newtonianisme pour les dames, 1738, BnF, Paris.

4
La sociabilité scientifique

Algarotti, scientifique italien, est invité au château de Cirey en 1735 pour discuter avec Émilie du Châtelet de la théorie des lumières et des couleurs pour l’ouvrage de vulgarisation qu’il est en train de rédiger.
Francesco Algarotti, gravure dans Le Newtonianisme pour les dames, 1738, BnF, Paris.

Questions

Voir les réponses

Étudier une actrice historique

1. Expliquez pourquoi l’étude est si importante aux yeux d’Émilie du Châtelet. (Doc. 1, 2 et 5)

2. Relevez les éléments permettant d’affirmer qu’Émilie du Châtelet joue un rôle important dans la transmission des savoirs scientifiques. (Doc. 2, 4 et 5)

3. Montrez comment Émilie du Châtelet conçoit la recherche scientifique. (Doc. 2 et 3)


Question de synthèse

4. Effectuez l’une des activités suivantes.

Parcours 1
Quelle est la place des femmes de science dans la société du XVIIIe siècle ? Répondez sous la forme d’un développement construit.
Parcours 2
Vous incarnez le personnage d’Émilie du Châtelet. Vous écrivez une lettre à votre ami Voltaire dans laquelle vous présentez votre conception des sciences et de la place des femmes dans la société.

Image interactive

Marianne Loir, Portrait de Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, 1803, huile sur toile, 118 x 96 cm, musée des Beaux-Arts, Bordeaux.
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Une femme au service de la science

Le compas qu’Émilie du Châtelet tient dans sa main droite, le globe et les papiers posés sur son bureau rappellent son activité de scientifique engagée dans la diffusion de la recherche.
Marianne Loir, Portrait de Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, 1803, huile sur toile, 118 x 96 cm, musée des Beaux‑Arts, Bordeaux.

Émilie du Châtelet (1706-1749) est une figure essentielle des Lumières. Elle s’intéresse aussi bien à la philosophie qu’aux sciences, traduit et enrichit l’œuvre de Newton, et participe pleinement aux débats et aux controverses qui animent le monde scientifique. Elle joue un rôle non moins important dans la transmission des savoirs en essayant de rendre accessibles les ouvrages de son temps et en publiant les Institutions de physique en 1740.
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