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COURS 1


Nation et politique au début de la Révolution (1789‑1791)





Comment la Révolution permet‑elle d’affirmer la souveraineté nationale ?


1
L’affaiblissement de la monarchie

La crise de l’Ancien Régime. Au XVIIIe siècle, la société d’ordres est fragilisée par de lentes mutations sociales et économiques qui favorisent l’affirmation de la bourgeoisie. S’y ajoute une grave crise économique, liée à la dette publique.

Des états généraux... Face aux difficultés, le roi Louis XVI convoque les états généraux en janvier 1789. Les députés des trois ordres, réunis à Versailles à partir de mai, s’appuient sur les cahiers de doléances pour relayer les revendications des Français (doc. 1). Alors que le tiers état représente 96 % de la population, ses députés sont souvent mis en minorité aux états généraux. Le 17 juin, les députés du tiers état affirment revendiquer l’ensemble du pays et, rejoints par quelques députés du clergé et de la noblesse, forment une Assemblée nationale. Son premier objectif est la rédaction d’une Constitution.

… à l’Assemblée nationale. Les députés prouvent leur détermination lors du serment du Jeu de paume (20 juin). Louis XVI accepte d’abord les revendications du tiers état, mais il fait ensuite intervenir la troupe. Des protestations s’élèvent, parfois accompagnées deviolences : le 14 juillet, une émeute éclate ainsi à Paris, qui aboutit à la prise de la Bastille.

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De l’absolutisme à la souveraineté nationale

La fin de la société d’ordres. La nuit du 4 août, les députés abolissent les privilèges. Le 26 août, ils votent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui consacre les principes de liberté individuelle et d’égalité des citoyens devant la loi.

La disparition de la monarchie absolue. Les députés instaurent une monarchie parlementaire, où la souveraineté s’exerce au nom du peuple et non plus du droit divin. L’Assemblée détient le pouvoir législatif, laissant au roi le pouvoir exécutif.

De nouvelles institutions. L’Assemblée met en place un suffrage censitaire masculin, malgré l’implication des femmes dans la Révolution. Elle crée les départements, généralise l’état civil, unifie les poids et mesures. Des symboles révolutionnaires, comme le bonnet phrygien, se diffusent dans tout le pays (doc. 2). La liberté de culte est proclamée et l’Église réorganisée (Constitution civile du clergé en juillet 1790).

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L’introuvable unité nationale

Les divisions sociales. La France de 1789‑1791 est encore plongée dans la crise. Des émeutes populaires éclatent dans les villes comme dans les campagnes. Les Français les plus pauvres réclament une amélioration de leur niveau de vie, mais ils sont exclus des débats de l’Assemblée, dominés par la bourgeoisie.

Les divergences politiques. Le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération célèbre l’anniversaire de la prise de la Bastille et met en scène l’unité nationale (doc. 3). Pourtant, les divisions politiques s’intensifient. Les partisans de la Révolution sont partagés entre ceux qui souhaitent désormais qu’elle s’achève (les Feuillants) et ceux qui estiment qu’il faut la prolonger (les Jacobins).


Les députés du tiers état mettent fin à la monarchie absolue au nom de la souveraineté nationale. C’est le début de la « décennie révolutionnaire ».

Voir le cours 2

Repères

Le serment du Jeu de paume

Le serment du Jeu de paume
(20 juin 1789)

Rapidement, Louis XVI rejette les revendications du tiers état. Le roi considère qu’il détient seul la souveraineté. Pour empêcher tout débat, le monarque interdit le 20 juin aux représentants d’accéder à la salle où se tenaient les états généraux. Les députés du tiers état se réunissent donc à la salle du Jeu de paume de Versailles, où ils font le serment de doter la France d’une Constitution.

Vocabulaire

Cahiers de doléances : documents rédigés pour rassembler les revendications de la population.

Constitution : lois fondamentales qui fixent l’organisation et l’exercice du pouvoir politique.

États généraux : assemblée extraordinaire des représentants des trois ordres.

Privilège : avantage accordé à un individu ou à un ensemble d’individus.

Société d’ordres : ensemble des trois ordres qui composent la société française sous l’Ancien Régime (clergé, noblesse et tiers état).

Souveraineté : pouvoir politique suprême, exercé par l’État.

Suffrage censitaire : élection réservée aux citoyens les plus riches.



1
Un cahier de doléances

Art. 1. Que soit formée aux états [généraux] une Constitution de nature à mettre en sûreté sous la protection du roi et des lois les personnes et biens des habitants des campagnes.

Art. 2. Que tous les impôts établis ou à établir […] soient également supportés et payés par le clergé, la noblesse, les privilégiés et le tiers état, à raison de la fortune et des facultés de chacun. […]

Art. 15. Qu’il soit formé une nouvelle constitution pour l’administration de cette province où le tiers état aura la moitié des représentants, où l’on votera par tête, et que les plaintes et les demandes de paroisses et communautés y soient entendues […].

Art. 27. Que la circulation soit libre de province à province. […]

Art. 29. Que tous droits de chasse soient supprimés, étant désastreux pour les biens des campagnes. […]


Extraits du cahier de doléances du tiers état d’Arbigny, 1789, archives départementales de l’Ain, 52 B 11.

Jean-Baptiste Lesueur, Le bonnet phrygien remplaçant la perruque et le tricorne

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Un costume révolutionnaire

Jean-Baptiste Lesueur, Le bonnet phrygien remplaçant la perruque et le tricorne, v. 1790, gouache, musée Carnavalet, Paris.

Louis David, Serment de La Fayette à la fête de la Fédération

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Fêter la nation (14 juillet 1790)

Louis David, Serment de La Fayette à la fête de la Fédération, 1791, huile sur toile, 100 x 81 cm, musée Carnavalet, Paris.

Histoire et fiction

14 juillet. Dans ce roman publié en 2016 chez Actes Sud, Éric Vuillard adopte le point de vue de ceux qui étaient présents sur les lieux pour raconter l’une des journées les plus célèbres de l’histoire de France. Ce changement d’échelle permet de démonter les mythes qui entourent l’événement et de redonner un nom et une vie aux centaines d’hommes et femmes qui s’en prennent à la forteresse.


14 juillet, Éric Vuillard

Pour construire son récit, l’auteur s’appuie sur un travail de recherche à partir de témoignages des émeutiers, d’archives de la police et de la morgue ou de listes des participants qui ont circulé a posteriori, ce qui permet de découvrir des péripéties méconnues survenues lors du 14 juillet. Le caractère fictionnel du récit autorise à imaginer les émotions, les hésitations et les espoirs de ces Parisiens anonymes entrés en révolution sans véritablement le réaliser.
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