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POINT DE PASSAGE 1



Madame Roland : une femme en révolution





Au cœur d’une révolution marquée par l’engagement multiforme des femmes, quel rôle politique joue Madame Roland ?


5
Le rôle politique de Madame Roland

Je m’arrête ici un moment pour éclairer les doutes et fixer l’opinion de beaucoup de personnes [qui] me supposent avoir eu dans les affaires un genre d’influence qui n’est pas le mien. L’habitude et le goût de la vie studieuse m’ont fait partager les travaux de mon mari tant qu’il a été simple particulier. […] Il devint ministre : je ne me mêlai point de l’administration ; mais s’agissait‑il d’une circulaire, d’une instruction, d’un écrit public et important, nous en conférions suivant la confiance dont nous avions l’usage, et, pénétrée de ses idées, nourrie des miennes, je prenais la plume que j’avais plus que lui le temps de conduire. […] Je mettais dans ses écrits ce mélange de force et de douceur, d’autorité de la raison et de charmes du sentiment qui n’appartiennent peut-être qu’à une femme sensible douée d’une tête saine.


Manon Roland, Mémoires, publication posthume.

frise chronologique Madame Roland

Jeanne-Marie Phlipon, dite Manon Roland (1754‑1793), est issue de la bourgeoisie. Particulièrement brillante, elle reçoit une éducation de haut niveau. Lorsque survient la Révolution, elle s’implique avec enthousiasme dans le mouvement. Elle y joue un rôle clé, par l’intermédiaire de son mari, Jean‑Marie Roland, élu député puis nommé ministre, en corédigeant notamment tous ses discours. Son influence politique passe en outre par le salon qu’elle organise à Paris, dans la continuité des sociabilités savantes et mondaines du siècle des Lumières. Arrêtée en juin 1793 lors de la chute des Girondins, elle est guillotinée le 8 novembre 1793.


Les femmes durant les journées d’octobre

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Les femmes durant les journées d’octobre

Au début de la Révolution, des femmes issues du peuple parisien se rendent à Versailles pour réclamer, les armes à la main, du pain et le retour du roi à Paris.
« À Versailles, à Versailles ! », 1789-1799, estampe anonyme, 18 x 28 cm, BnF, Paris.

Questions

Voir les réponses

Étudier une actrice historique

1. Identifiez le milieu politique et social auquel Manon Roland se rattache. (Doc. 1 et 2)
2. Relevez dans les documents les différents moyens d’action qu’ont les femmes durant la Révolution. (Doc. 1, 3 et 5)

3. Expliquez à qui s’oppose Madame Roland et pourquoi. Comment s’appelle cette période de la Révolution ? (Doc. 4)


4. Analysez la manière dont Manon Roland conçoit le rôle politique et intellectuel des femmes. (Doc. 1 et 5)


Question de synthèse

5. Répondez à la problématique sous la forme d’un développement construit.

1
Madame Roland et les salons girondins

Pendant la Révolution, Madame Roland anime un salon où elle reçoit les principales figures des Girondins, à l’image du député Jacques Pierre Brissot.

Brissot vint nous visiter […]. Il nous fit connaître ceux des députés que d’anciennes relations ou la seule conformité des principes et le zèle de la chose publique réunissaient fréquemment pour conférer sur elle. Il fut même arrangé que l’on viendrait chez moi quatre fois la semaine dans la soirée, parce que j’étais sédentaire, bien logée, et que mon appartement se trouvait placé de manière à n’être fort éloigné d’aucun de ceux qui composaient ces petits comités.

Cette disposition me convenait parfaitement ; elle me tenait au courant des choses auxquelles je prenais un vif intérêt ; elle favorisait mon goût pour suivre les raisonnements politiques et étudier les hommes. Je savais quel rôle convenait à mon sexe, et je ne le quittai jamais. Les conférences se tenaient en ma présence sans que j’y prisse aucune part ; placée hors du cercle et près d’une table, je travaillais des mains, ou faisais des lettres, tandis que l’on délibérait ; mais eussé‑je expédié dix missives, ce qui m’arrivait quelquefois, je ne perdais pas un mot de ce qui se débitait, et il m’arrivait de me mordre les lèvres pour ne pas dire le mien. […] Là, on examinait l’état des choses, celui de l’Assemblée, ce qu’il conviendrait de faire, comment on pourrait le proposer, les intérêts du peuple, la marche de la cour, la tactique des individus. Ces conférences m’intéressaient beaucoup, et je ne les aurais pas manquées, quoique je ne m’écartasse jamais du rôle qui convenait à mon sexe.


Manon Roland, Mémoires, publication posthume.


Portrait de Manon Roland

2
Portrait de Madame Roland

Manon Roland est représentée sur ce tableau vêtue d’un costume de citoyenne, proche des habitudes populaires.
Anonyme, Portrait de Manon Roland, v. 1790, huile sur toile, musée Lambinet, Versailles.

4
Madame Roland face à la radicalisation de la Révolution

Marat tient sa torche et son poignard : ce farouche tribun règne et nous ne sommes plus que des opprimés en attendant que nous tombions ses victimes. […] Vous connaissez mon enthousiasme pour la Révolution, eh bien, j’en ai honte ! Elle est ternie par des scélérats ! Elle est devenue hideuse ! […] Il n’est pas permis de sortir de Paris : on nous enferme pour nous égorger à l’instant le plus propice.


Lettre de Madame Roland à Jean‑Henri Bancal des Issarts (député girondin), 9 septembre 1792.


Il y a des projets désastreux contre Louis [Louis XVI] […] Les avis d’assassinat pleuvent sur ma table, car on me fait l’honneur de me haïr, et je vois d’où cela vient. […] sans que j’aie jamais rien dit ni rien fait pour confirmer leur opinion, ils ont jugé que je tiens quelquefois la plume. […] L’aboyeur Marat, lâché dès lors après moi, ne m’a plus quittée un moment : les pamphlets se sont multipliés. Je doute qu’on ait publié plus d’horreurs contre Annette1, à laquelle on me compare […]. Presque tous nos députés ne marchent plus qu’armés jusqu’aux dents ; mille gens nous conjurent de coucher ailleurs qu’à l’hôtel. La charmante liberté que celle de Paris ! […] Adieu, brave citoyen, je vous honore et vous aime de tout mon coeur. Je vous écrirais dans quelques jours, si la tempête ne nous a pas engloutis.


Lettre de Madame Roland à Joseph Sevran (ancien ministre girondin), 25 décembre 1792.


1. Marie-Antoinette.
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