COURS 4


L’Empire et l’Europe : une nation conquérante (1799‑1815)






L’expansion de l’Empire contribue à diffuser de nouveaux principes politiques ou administratifs en Europe. L’impérialisme napoléonien renforce aussi le sentiment national dans les territoires occupés ou soumis à l’influence de la France.

Carte interactive

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L’Empire français en 1812

Fond de carte
Fond de carte
Blocus continental
Empire francais
États alliés
États vassaux de l'Empire
Principales batailles
Royaume-Uni et ses alliés

Repères

Marie-Louise d’Autriche

Marie‑Louise d’Autriche
(1791‑1847)

Marie-Louise est la fille de l’empereur d’Autriche. Napoléon l’épouse en 1810 pour consolider son empire européen, asseoir sa légitimité auprès des grandes dynasties européennes et obtenir une descendance. Mais elle est peu aimée des Français : autrichienne, issue de la haute noblesse, elle est la petite‑nièce de Marie‑Antoinette. Ce mariage marque une première rupture de confiance entre le régime de Bonaparte et les Français.



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Une période d’expansion (1792‑1812)

Les victoires françaises. À partir de la seconde moitié des années 1790, la France accumule les succès. Le pays étend son influence aux « républiques sœurs », vers l’Italie, la Belgique, les Pays‑Bas et la Suisse. La loi Jourdan (1798) instaure un service militaire obligatoire, qui renforce l’armée. Le Royaume‑Uni, la Prusse, l’Autriche, la Russie se coalisent contre les ambitions internationales de la France.

À la conquête de l’Europe. En 1805, les Britanniques anéantissent la flotte française (bataille de Trafalgar). Dès lors, Napoléon concentre tous ses efforts militaires sur le continent. L’Autriche puis la Prusse sont vaincues et doivent s’allier à la France (doc. 1). Des territoires d’Italie du Nord, de Belgique, des Pays‑Bas sont annexés. Napoléon impose à certains États vaincus de nouveaux souverains, issus de sa propre famille, comme en Espagne, en Hollande, en Toscane. Lui‑même épouse Marie‑Louise d’Autriche.

Contrer le Royaume‑Uni. Après la victoire sur la Russie à Friedland, le traité de paix signé à Tilsit (1807) clôt pour un temps la guerre continentale. Pour affaiblir les Britanniques, qui continuent le combat, Napoléon empêche les échanges entre le Royaume‑Uni et le reste de l’Europe : c’est le blocus continental (doc. 1).

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Revers et déclin (1812‑1815)

La campagne de Russie. La position française est affaiblie par ces soulèvements. La Russie ne respectant pas ses engagements et continuant à commercer avec le Royaume‑Uni, Napoléon lance en 1812 une offensive contre les Russes. L’empereur français, à la tête de la Grande Armée (plus de 600 000 hommes), réussit à gagner Moscou. Mais il doit rapidement fuir la ville, ravagée par un incendie. Les Français se replient en plein hiver, par un froid glacial. Les pertes sont énormes.

La chute de l’Empire. Les souverains européens, unis dans une nouvelle coalition, parviennent à repousser les Français et à vaincre Napoléon. Les Alliés prennent Paris (1814). Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe. Il s’échappe et tente néanmoins de reprendre le pouvoir, pendant les Cent‑Jours. Défait à nouveau à la bataille de Waterloo (1815), l’empereur est déchu. C’est la fin du régime impérial.

Francisco de Goya, El tres de mayo

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Le soulèvement du Tres de Mayo (1808)

Francisco de Goya, El tres de mayo, 1814, huile sur toile (détail), 268 x 347 cm, musée du Prado, Madrid.

Quelles sont les conséquences de l’impérialisme français sur l’éveil des sentiments nationaux en Europe ?

Décentrement

La révolte des janissaires.
Dès 1793, le sultan ottoman lance de grandes réformes pour moderniser son armée, en s’appuyant notamment sur des conseillers occidentaux.


La révolte des janissaires

Ces réformes menacent la position privilégiée des janissaires, une troupe d’élite de l’Empire ottoman qui existe depuis des siècles mais qui coûte alors de plus en plus cher.

S’opposant à ces réformes, les janissaires se révoltent en 1807 contre le sultan Selim III, le déposent et le jettent en prison. Ils proclament à sa place son cousin Mahmud II. Selim est assassiné quelques jours plus tard. En 1826, Mahmud II provoque une nouvelle rébellion des janissaires et la réprime très violemment : plusieurs milliers de janissaires sont exécutés, emprisonnés ou exilés et leur groupe est définitivement dissous.

Vocabulaire

État vassal : État placé dans la dépendance d’un autre pays plus puissant.

Grande Armée : nom donné, à partir de 1804, à l’armée napoléonienne, composée de soldats de plusieurs nationalités.

Guérilla : type de guerre fondée sur des stratégies de harcèlement, d’embuscade, et menée par des groupes clandestins qui se fondent dans la population locale.

Républiques sœurs : ensemble d’États européens qui se dotent de régimes républicains, sous l’influence de la Révolution, et qui se rapprochent de la France à partir des années 1790.

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Critiquer Napoléon

Bonaparte joignait peut-être à la folle idée de la guerre de Russie celle de la conquête de la Turquie, du retour en Égypte […] Nous qui avons le coeur français, nous nous étions cependant habitués, pendant les quinze années de la tyrannie de Napoléon, à considérer que ses armées, par‑delà le Rhin, ne tenaient plus à la France. Elles ne défendaient plus les intérêts de la nation, elles ne servaient que l’ambition d’un seul homme. Il n’y avait rien en cela qui pût réveiller l’amour de la patrie ; et loin de souhaiter alors le triomphe de ses troupes, étrangères en grande partie, on pouvait considérer leurs défaites comme un bonheur même pour la France.


Germaine de Staël, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, 1818.

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Sentiments nationaux et occupation française

L’occupation française. Dès 1792, la France impose à ses États vassaux des réformes politiques et administratives. Le droit local est modifié sur le modèle du Code civil. Les richesses des vaincus sont pillées pour soutenir l’effort de guerre impérial.

Les réactions en Europe. L’expansion française suscite de nombreuses critiques (doc. 2) et des résistances. En Italie, aux Pays‑Bas, en Suisse, en Allemagne, des rébellions éclatent. La guérilla espagnole tient les Français en échec pendant plusieurs années (1808‑1814), malgré une répression sanglante (doc. 3). Partout, l’occupation française et la résistance à l’impérialisme napoléonien renforcent le sentiment national.
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