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Groupement complémentaire


Le duel, de Shakespeare aux Romantiques




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Un duel verbal

8
Montrez que, dès le début de l’extrait, Cyrano ridiculise son adversaire.


9

a. Qu’annonce Cyrano dans la première partie de l’extrait ?

b. Quelle image cela donne-t-il de lui ?

c. Tiendra-t-il ses promesses ?


10
Quels jeux de mots identifiez-vous dans le vers 28 ? Pour répondre, cherchez les différents sens des mots « pointe » et « mouche ».


11

a. Analysez la répartition de la parole dans l’extrait.

b. Qu’est-ce que cela montre ?


La mise en scène du combat

12

a. Par quel moyen inhabituel le duel à l’épée est-il décrit ?

b. Quel personnage est ainsi mis en valeur ? Pourquoi ?


13

a. Qu’est-ce qu’une mise en abyme ?

b. Avant l’extrait, Cyrano interrompt un spectacle théâtral, qu’il juge mauvais. Montrez que dans cette scène il en propose un autre.


14

a. Quelle est la valeur du présent dans les trois premières occurrences ? Et dans la dernière ?

b. En quoi cela montre-t-il la supériorité de Cyrano ?


Synthèse

15

a. Quels sont les deux domaines dans lesquels excelle Cyrano ?

b. Qu’ont-ils en commun dans cet extrait ?

Jacques Callot, Le Duel à l’épée, 1621 - 1622
Jacques Callot, Le Duel à l’épée, 1621 - 1622, eau-forte, 5,3 × 7,9 cm, BnF, Paris.
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Texte A

1

a. Que ressent Roméo au début de l’extrait ? Pourquoi ? Proposez une réponse approfondie.

b. Quelle décision prend-il ?


2
Que pensez-vous de la description du duel ?


3
Quelle est la conséquence de ce duel pour Roméo ?


Texte B

4
Comment Ruy Blas justifie-t-il le fait qu’il refuse à son maître un duel noble à l’épée ?


5

a. Sur quelle figure de style repose le vers 14 ?

b. Expliquez le sens de ce vers.


Synthèse

6
Pourquoi peut-on dire que, dans les deux extraits, les héros sont poussés au crime par leur adversaire ?


7
Comparez cet extrait de Ruy Blas et la scène du meurtre dans Lorenzaccio (► Texte 4). Quels sont les points communs entre les deux héros ?

Texte A - William Shakespeare, Roméo et Juliette (1597)

William Shakespeare, Roméo et Juliette (1597)

Roméo a refusé de se battre en duel contre Tybalt, le cousin de Juliette, jeune fille dont il est amoureux. Son ami Mercutio a décidé de laver l’affront qui lui a été fait à sa place et a été mortellement blessé dans l’assaut.


ROMÉO, seul. – Donc un bon gentilhomme, le proche parent du prince, mon intime ami, a reçu le coup mortel pour moi, après l’outrage déshonorant fait à ma réputation par Tybalt, par Tybalt, qui depuis une heure est mon cousin !… Ô ma douce Juliette, ta beauté m’a efféminé ; elle a amolli la trempe d’acier de ma valeur !

Rentre Benvolio.

BENVOLIO. – Ô Roméo, Roméo ! le brave Mercutio est mort : ce galant esprit a aspiré la nuée1, trop tôt dégoûté de cette terre.

ROMÉO. – Ce jour fera peser sur les jours à venir sa sombre fatalité : il commence le malheur, d’autres doivent l’achever.

Rentre Tybalt.

BENVOLIO. – Voici le furieux Tybalt qui revient.

ROMÉO. – Vivant ! triomphant ! et Mercutio tué ! Remonte au ciel, circonspecte2 indulgence, et toi, furie à l’œil de flamme, sois mon guide maintenant ! Ah ! Tybalt, reprends pour toi ce nom d’infâme que tu m’as donné tout à l’heure : l’âme de Mercutio n’a fait que peu de chemin au-dessus de nos têtes, elle attend que la tienne vienne lui tenir compagnie. Il faut que toi ou moi, ou tous deux, nous allions le rejoindre.

TYBALT. – Misérable enfant, tu étais son camarade ici-bas : c’est toi qui partiras d’ici avec lui.

ROMÉO, mettant l’épée à la main. – Voici qui en décidera. (Ils se battent. Tybalt tombe.)

BENVOLIO. – Fuis, Roméo, va-t’en ! Les citoyens sont sur pied, et Tybalt est tué… Ne reste pas là stupéfait. Le prince va te condamner à mort, si tu es pris… Hors d’ici ! va-t’en ! fuis !

ROMÉO. – Oh ! je suis le bouffon de la fortune3 !


William Shakespeare, Roméo et Juliette, Acte III, scène 1, 1597, trad. de l’anglais de François-Victor Hugo, 1868.


1. Est monté au ciel.
2. Prudente, qui n’agit qu’après réflexion.
3. Du hasard.




◈ Éclairage

Le dramaturge anglais William Shakespeare est considéré comme un modèle par les Romantiques qui s’en inspirent dans leurs œuvres ; il est cité aussi bien par Hugo dans la préface de Cromwell, que par Stendhal dans Racine et Shakespeare.

Texte B - Victor Hugo, Ruy Blas (1838)

Victor Hugo, Ruy Blas (1838)

Ruy Blas est parvenu à se faire aimer de la reine d’Espagne en cachant sa condition de valet. Don Salluste, son maître, souhaite se venger de la souveraine par un odieux chantage : ou elle accepte d’abdiquer, ou sa liaison scandaleuse sera rendue publique. Ruy Blas choisit de protéger son amante.


RUY BLAS. –    Je me blâme
D’accomplir devant vous ma fonction, madame.
Mais il faut étouffer cette affaire en ce lieu.
Il pousse don Salluste vers le cabinet.
C’est dit, monsieur ! allez là-dedans prier Dieu !

DON SALLUSTE. – C’est un assassinat !

RUY BLAS. –    Crois-tu ?

DON SALLUSTE, désarmé, et jetant un regard plein de rage autour de lui. –    Sur ces murailles
Rien ! pas d’arme !

   À Ruy Blas.

   Une épée au moins !

RUY BLAS. –    Marquis ! tu railles1 !
Maître ! est-ce que je suis un gentilhomme, moi ?
Un duel ! fi donc ! je suis un de tes gens2 à toi,
Valetaille3 de rouge et de galons4 vêtue,
Un maraud5 qu’on châtie et qu’on fouette, – et qui tue.
Oui, je vais te tuer, monseigneur, vois-tu bien ?
Comme un infâme ! comme un lâche ! comme un chien !

LA REINE. – Grâce pour lui !

RUY BLAS, à la reine, saisissant le marquis.
   Madame, ici chacun se venge.
Le démon ne peut plus être sauvé par l’ange !
LA REINE, à genoux. – Grâce !

DON SALLUSTE, appelant. – Au meurtre ! au secours  

RUY BLAS, levant l’épée. – As-tu bientôt fini ?

DON SALLUSTE, se jetant sur lui en criant. –
Je meurs assassiné ! Démon !

RUY BLAS, le poussant dans le cabinet. –
   Tu meurs puni !

Ils disparaissent dans le cabinet, dont la porte se referme sur eux.


Victor Hugo, Ruy Blas, Acte V, scène 3, 1838.


1. Tu plaisantes.
2. Serviteurs.
3. Ensemble des valets (péjoratif ).
4. Type d’ornement sur un costume.
5. Terme insultant pour désigner un homme du peuple.

Texte C - Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1897)

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1897)

Cyrano a interrompu une représentation théâtrale à l’Hôtel de Bourgogne. Il s’est attiré les foudres du public et du Vicomte, qui lui a fait affront en se moquant de son nez.


CYRANO. – Je vais vous donner un petit coup charmant.

LE VICOMTE, méprisant. – Poète !…

CYRANO. –    Oui, monsieur, poète ! et tellement,
Qu’en ferraillant1 je vais – hop ! – à l’improvisade,
Vous composer une ballade.

LE VICOMTE. –    Une ballade ?

CYRANO. – Vous ne vous doutez pas de ce que c’est, je crois ?

LE VICOMTE. – Mais…

CYRANO, récitant comme une leçon. –
   La ballade, donc, se compose de trois
Couplets de huit vers…

LE VICOMTE, piétinant. – Oh !

CYRANO, continuant. –    Et d’un envoi de quatre…

LE VICOMTE. – Vous…

CYRANO. –    Je vais tout ensemble en faire une et me battre,
Et vous toucher, monsieur, au dernier vers.

LE VICOMTE. –    Non !

CYRANO. –    Non ?
(Déclamant.)
« Ballade du duel qu’en l’hôtel bourguignon
Monsieur de Bergerac eut avec un bélître2 ! »

LE VICOMTE. – Qu’est-ce que c’est que ça, s’il vous plaît ?

CYRANO. –    C’est le titre.
La salle, surexcitée au plus haut point.
Place ! – Très amusant ! – Rangez-vous ! – Pas de bruits !
(Tableau. Cercle de curieux au parterre, les marquis et les officiers mêlés aux bourgeois et aux gens du peuple ; les pages3 grimpés sur des épaules pour mieux voir. Toutes les femmes debout dans les loges. À droite, De Guiche et ses gentilshommes. À gauche, Le Bret, Ragueneau, Cuigy, etc.)

CYRANO, fermant une seconde les yeux. –
Attendez !… je choisis mes rimes… Là, j’y suis.

   (Il fait ce qu’il dit, à mesure.)

Je jette avec grâce mon feutre4,
Je fais lentement l’abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon ;
Élégant comme Céladon5,
Agile comme Scaramouche6,
Je vous préviens, cher Myrmidon7,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche !

(Premiers engagements de fer.)

Vous auriez bien dû rester neutre ;
Où vais-je vous larder8, dindon ?…
Dans le flanc, sous votre maheutre9 ?…
Au cœur, sous votre bleu cordon ?…
– Les coquilles tintent, ding-don !
Ma pointe voltige : une mouche !
Décidément… c’est au bedon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche.

Il me manque une rime en eutre…
Vous rompez10, plus blanc qu’amidon ?
C’est pour me fournir le mot pleutre11 !
– Tac ! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don, –
J’ouvre la ligne12, – je la bouche…
Tiens bien ta broche, Laridon13 !
À la fin de l’envoi, je touche.

(Il annonce solennellement :)

   Envoi

Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j’escarmouche,
Je coupe, je feinte…

   (Se fendant14.)

Hé ! là, donc !

(Le vicomte chancelle ; Cyrano salue.)

À la fin de l’envoi, je touche.

(Acclamations. Applaudissements dans les loges. Des fleurs et des mouchoirs tombent. Les officiers entourent et félicitent Cyrano. Ragueneau danse d’enthousiasme. Le Bret est heureux et navré. Les amis du vicomte le soutiennent et l’emmènent.)

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte I, scène 4, 1897.


1. Qu'en me battant à l’épée..
2. Vaurien.
3. Jeunes hommes au service d’un seigneur.
4. Chapeau en feutre.
5. Guerrier dans Les Métamorphoses d’Ovide.
6. Batailleur de la commedia dell’arte.
7. Les Myrmidons, créés par Zeus à partir de fourmis, ont combattu lors de la guerre de Troie. Le mot a désigné ensuite une personne de petite taille, inintéressante, et ridicule parce qu’elle veut paraître supérieure.
8. Piquer.
9. Tissu renforçant le costume militaire.
10. Terme d’escrime : reculer.
11. Lâche.
12. Terme d’escrime : se découvrir.
13. Personnage de chien chez La Fontaine, sans cesse en cuisine.
14. Attaquant.

Ressources complémentaires

Retrouvez :


Lucien Métivet, affiche de la pièce Cyrano de Bergerac, 1898
Lucien Métivet, affiche de la pièce Cyrano de Bergerac, 1898.
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