Prolongement artistique et culturel


L'éloquence révolutionnaire




Parcours 2 : Rédiger et prononcer un discours pour défendre une cause

Doc. 2
Jacques-Louis David, Le Serment du Jeu de Paume (détail), 1789, peinture à l’huile, 88 × 65 cm, musée Carnavalet, Paris.

Texte B

Robespierre, « Sur le suffrage universel », 1791

Alors que le travail de rédaction de la Constitution touche à son terme, le député de l’Artois, Maximilien Robespierre, intervient de nouveau pour défendre le suffrage universel.

Je dis que tout homme, que tout citoyen français a une garantie suffisante de son aptitude à recevoir toutes les marques possibles de la confiance de ses concitoyens dans la qualité d’homme et de citoyen ; je dis qu’il n’est pas vrai qu’il faille être riche pour tenir à sa patrie ; je dis qu’il est pour les hommes des intérêts sacrés et touchants qui attachent à ses semblables et à la société, des intérêts absolument indépendants de la fortune et de tel ou tel degré de richesse ou de contribution ; ces intérêts primitifs de l’homme : c’est la liberté individuelle, ce sont les jouissances de l’âme, c’est l’intérêt qu’on attache à la propriété la plus petite ; car l’intérêt à la conservation de sa chose est proportionné à la modicité de sa fortune, et l’artisan qui ne paye que 10 journées de travail tient à son salaire, tient à des petites épargnes, tient aux moyens qui le mettent en état de vivre avec sa famille autant que le riche tient à d’immenses domaines […]. Par conséquent, bien loin d’éloigner ceux qui ont ce degré de fortune des droits que leur donne la nature, il faut les leur continuer, afin qu’ils puissent influer le plus qu’il est possible sur la conservation de la chose publique et sur les lois qui doivent protéger tous les citoyens.
Et n’est-ce pas une contradiction dans l’ordre social que, les lois étant faites pour protéger les plus faibles, les plus faibles étant ceux qui ont le plus besoin de la protection des lois, les hommes puissants, les hommes riches étant ceux qui peuvent les éluder plus facilement, et se passer, par leur crédit et leurs ressources personnelles, de la protection des lois ; n’est-il pas injuste que de tels hommes aient plus d’influence sur les lois que la partie qui en a le plus besoin !

Maximilien Robespierre, Discours prononcé devant l’Assemblée le 11 août 1791.

Conseils pour le parcours 2

Vous pouvez observer quelques grands orateurs contemporains à la manoeuvre pour vous aider à préparer le moment où vous prononcerez votre discours, comme Barack Obama, lors de son discours de fin de mandat présidentiel, ou Christiane Taubira défendant le projet de loi instituant le mariage pour tous (voir Ressources complémentaires).


◈ Temps 1

a. Effectuez une recherche dans la presse pour identifier un sujet qui vous tient à coeur : trouvez ainsi une cause à défendre.
b. Rassemblez des informations et des arguments (voir Fiche p. 524) contradictoires sur le sujet.


◈ Temps 2

a. Construisez votre argumentation à partir des éléments rassemblés.
b. Rédigez votre discours en recourant aux figures de style (►voir Fiches p. 484 et 486) utilisées par Danton et Robespierre dans leurs discours (► Textes A et B).


◈ Temps 3

Prononcez votre discours devant la classe en veillant à ménager vos effets (ton, débit, gestes, regards, etc.).
Vous pouvez vous enregistrer pour vous entraîner.
Enregistreur audio

Parcours 1 : Figures d’orateurs révolutionnaires


Texte A

Danton, « De l’audace », 1792

Alors que l’armée autrichienne est aux portes de Paris, Danton parvient à remobiliser l’Assemblée grâce à ce discours très bref, mais plein d’énergie.

Il est bien satisfaisant, messieurs, pour les ministres du peuple libre, d’avoir à lui annoncer que la patrie va être sauvée.
Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre. Vous savez que Verdun n’est point encore au pouvoir de vos ennemis. Vous savez que la garnison a promis d’immoler le premier qui proposerait de se rendre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième, avec des piques, défendra l’intérieur de nos villes. Paris va seconder ces grands eff orts. Les commissaires de la Commune vont proclamer, d’une manière solennelle, l’invitation aux citoyens de s’armer et de marcher pour la défense de la patrie.
C’est en ce moment, messieurs, que vous pouvez déclarer que la capitale a bien mérité de la France entière. C’est en ce moment que l’Assemblée nationale va devenir un véritable comité de guerre. [...]
Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée.

Georges-Jacques Danton, Discours prononcé devant l’Assemblée le 2 septembre 1792.

Conseils pour le parcours 1