Texte 6


La lettre finale




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1
Pour chacun des personnages du roman, rappelez qui fut l’objet de leur « liaison dangereuse ».


Le récit d’une chute

2
Quelles sont les conséquences du procès pour Madame de Merteuil ?


3

a. Quelle est la maladie qui affecte Madame de Merteuil ?

b. Que symbolise-t-elle, selon vous ?


Le châtiment des mauvais : une consolation ?

4
Quel sentiment Madame de Volanges éprouve-t-elle à l’égard de la marquise ? Justifiez.


5
En quoi peut-on dire que les destins de Madame de Merteuil et de Cécile Volanges, tout en étant différents, sont parallèles ?


6
Cette lettre est la dernière du roman. En quoi répond-elle à celle de Cécile, qui ouvre le recueil ?


Vers la dissertation

7
Texte écho Mettez en relation l’extrait de la préface du rédacteur avec la proposition suivante : « ces réflexions tardives n’arrivent jamais qu’après l’événement. ».


8
GRAMMAIRE
Repérez les passages rapportés au discours indirect, et réécrivez-les au discours direct.


ORAL
Débat Selon vous, Madame de Volanges peut-elle avoir des regrets ?
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Ressource complémentaire

Les boloss des belles-lettres : Les Liaisons dangereuses

Ressource complémentaire

frontispice des Liaisons dangereuses
Charles Monnet, La marquise de Merteuil démasquée par la Vérité, gravure ornant le frontispice du tome 2 des Liaisons dangereuses édité à Londres en 1796.
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L'image

En quoi la gravure traduit-elle la portée morale ou moralisatrice du roman ?
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L'image

1
Comment se nomme la figure de style permettant la représentation d’une idée abstraite par une figure humaine ou animale ?


2
Que comprenez-vous de cette scène ? Qui sont les quatre personnages ?


3
En quoi cette toile peut-elle illustrer la fin des Liaisons dangereuses ?

Texte écho
Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782)

L’utilité de l’Ouvrage, qui peut-être sera encore plus contestée, me paraît pourtant facile à établir. Il me semble au moins que c’est rendre un service aux moeurs, que de dévoiler les moyens qu’emploient ceux qui en ont de mauvaises pour corrompre ceux qui en ont de bonnes, et je crois que ces Lettres pourront concourir efficacement à ce but.

Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Préface du rédacteur, 1782.

La lettre finale


Cette lettre est la dernière du roman ; elle fait pendant à la lettre CLXXIV dans laquelle le chevalier Danceny, tout juste vainqueur du duel avec Valmont, confie à Madame de Rosemonde toute la correspondance trouvée chez le vicomte après sa mort.

Lettre CLXXV
Madame de Volanges à Madame de Rosemonde

  Le sort de Mme de Merteuil paraît enfin rempli, ma chère et digne amie ; et il est tel que ses plus grands ennemis sont partagés entre l’indignation qu’elle mérite, et la pitié qu’elle inspire. J’avais bien raison de dire que ce serait peutêtre un bonheur pour elle de mourir de sa petite vérole1. Elle en est revenue, il est vrai, mais affreusement défigurée ; et elle y a particulièrement perdu un oeil. Vous jugez bien que je ne l’ai pas revue ; mais on m’a dit qu’elle était vraiment hideuse.
  Le marquis de ***, qui ne perd pas l’occasion de dire une méchanceté, disait hier, en parlant d’elle, que la maladie l’avait retournée, et qu’à présent son âme était sur sa figure. Malheureusement tout le monde trouva que l’expression était juste.
  Un autre événement vient d’ajouter encore à ses disgrâces et à ses torts. Son procès2 a été jugé avant-hier, et elle l’a perdu tout d’une voix.[...]
  Aussitôt qu’elle a appris cette nouvelle, quoique malade encore, elle a pris ses arrangements, et est partie dans la nuit, seule et en poste3. Ses gens disent aujourd’hui qu’aucun d’eux n’a voulu la suivre.
  [...] La famille doit s’assembler demain pour voir à prendre des arrangements avec les créanciers4. Quoique parente bien éloignée, j’ai offert d’y concourir ; mais je ne me trouverai pas à cette assemblée, devant assister à une cérémonie plus triste encore. Ma fille prend demain l’habit de postulante5.[...]
  Quelle fatalité s’est donc répandue autour de moi depuis quelque temps, et m’a frappée dans les objets6 les plus chers ! Ma fille et mon amie ! Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs que peut causer une seule liaison7 dangereuse ! et quelles peines ne s’éviterait-on point en y réfléchissant davantage ! Quelle femme ne fuirait pas au premier propos d’un séducteur ? Quelle mère pourrait, sans trembler, voir une autre personne qu’elle parler à sa fille ? Mais
ces réflexions tardives n’arrivent jamais qu’après l’événement ; et l’une des plus importantes vérités, comme aussi peut-être des plus généralement reconnues, reste étouffée, et sans usage dans le tourbillon de nos moeurs inconséquentes8.
  Adieu, ma chère et digne amie ; j’éprouve en ce moment que notre raison, déjà si insuffisante pour prévenir nos malheurs, l’est encore davantage pour nous en consoler.

Paris, 14 janvier 17**.

Pierre Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, Quatrième partie, Lettre CLXXV, 1782.


1. Maladie virale, appelée aussi « variole ». Elle se manifeste par des éruptions cutanées spectaculaires.
2. La marquise est en effet en procès dans une affaire d’héritage.
3. Voiture équipée de chevaux, assurant le transport des voyageurs.
4. Personnes auxquelles la marquise doit de l’argent.
5.