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De l'alcôve à l'écran





Portrait de Choderlos de Laclos

Choderlos de Laclos

(1741-1803)


Pierre Choderlos de Laclos est né à Amiens en 1741. Il est issu d’une famille bourgeoise qui a récemment acquis un titre de noblesse. Il se destine à la carrière militaire et devient officier d’artillerie.

En 1782, il publie à Amsterdam Les Liaisons dangereuses. Le roman paraît de manière anonyme, signé des seules initiales de son auteur. D’après Alexandre de Tilly, son contemporain, la parution de ce roman fit une « prodigieuse sensation sur le public ». Un an plus tard, paraît le traité De l’éducation des femmes dans lequel l’auteur propose une réponse à une question posée par l’Académie de Châlons-sur-Marne : « Quels seraient les meilleurs moyens de perfectionner l’éducation des femmes ? »

◗ Il quitte temporairement l’armée en 1788 pour s’engager auprès du duc d’Orléans. À ses côtés, il prend part aux actions révolutionnaires auprès des nobles convertis aux idées républicaines et il devient le rédacteur en chef du Journal des amis de la Constitution. En 1792, il est chargé par le Ministère de la Guerre de réorganiser les troupes de l’armée républicaine qui triomphe à Valmy quelques semaines plus tard. Arrêté en 1793 pour ses activités orléanistes, il échappe de peu à la guillotine.

◗ Il meurt en 1803, à Tarente (Italie), tandis qu’il commande l’artillerie de l’armée d’observation envoyée dans les États de Naples par Napoléon Bonaparte.

Photogramme des Liaisons dangereuses de Stephen Frears

Doc. 3
Photogrammes du film Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears, 1988, avec Glenn Close (Mme de Merteuil), John Malkovich (Valmont), Michelle Pfeiffer (Mme de Tourvel) et Uma Thurman (Cécile Volanges).

Photogramme des Liaisons dangereuses de Stephen Frears


Frontispice des Liaisons dangereuses

Doc. 1
Frontispice de la première édition des Liaisons dangereuses, 1782, BnF, Paris.



Johannes Vermeer La Liseuse à la fenêtre

Doc. 2
Johannes Vermeer, La Liseuse à la fenêtre (détail), vers 1657, huile sur toile, 64,5 × 83 cm, Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde.
Voir les réponses


1

a. Combien de parties ce roman comporte-t-il ?

b. Attribuez un titre à chacune d’entre elles.

2
Présentez la situation de Cécile Volanges au début du roman.


3

a. Pour quelle raison la marquise de Merteuil demande-t-elle au vicomte de Valmont de séduire Cécile ?

b. Que lui promet-elle en échange ?


4
Pourquoi le vicomte de Valmont veut-il se venger de Madame de Volanges ?


5

a. Qui est Madame de Rosemonde ?

b. Quelle relation entretient-elle avec les autres personnages ?

Les Liaisons dangereuses, succès et réputation

En 1782, le premier tirage des Liaisons dangereuses est prudent : 2000 exemplaires. Mais très vite, le succès est au rendez-vous et la gloire de cette œuvre perdure à travers les époques.

Le roman fait ainsi l’objet de nombreuses adaptations, au théâtre d’abord, puis au cinéma au XXe siècle. Parmi ces transpositions à l’écran, on peut citer Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim (1959), avec Jeanne Moreau et Gérard Philippe dans les rôles-titres de Merteuil et Valmont : l’action est ici transposée dans les années 1960, comme le titre du film l'indique ; puis Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears et Valmont de Miloš Forman (1989), qui sont deux adaptations en costumes, assez fidèles au roman ; Sexe Intentions (Cruel Intentions) de Roger Kumble (1999) : une version pour adolescents qui se déroule dans un milieu fortuné aux États-Unis ; et, enfin, une version coréenne, très esthétisée, Untold Scandal de Lee Jae-Yung (2003).

Sans avoir lu le livre, tout le monde croit le connaître, tant ce roman semble faire partie de notre culture commune.

Des Liaisons dangereuses, on retient généralement l’atmosphère sulfureuse, une intrigue libertine que l’on placerait quelque part entre les mémoires du fameux séducteur Casanova (1725-1798) et un roman du marquis de Sade (1740-1814). Si l’oeuvre est marquante pour cela, elle l’est aussi pour d’autres raisons : il s’agit en effet d’un livre qui s’inscrit dans la réflexion sur l’éducation des femmes, poursuivant ainsi les pistes ouvertes par Rousseau dans le dernier chapitre de l’Émile (1762). Le roman de Laclos n’est pas exempt non plus d’une forte portée morale, voire moralisatrice, dénonçant les travers d’une société hypocrite dans laquelle les puissants peuvent agir en toute impunité.

Les Liaisons dangereuses est, en somme, une œuvre complexe, ambiguë, bien loin d’une apologie du libertinage.