Lecture cursive


Jane Austen, Lady Susan (écrit en 1794)





Portrait de Jane Austen

Jane Austen

(1775 - 1817)


Œuvre de jeunesse de Jane Austen, le roman épistolaire Lady Susan, rédigé en 1794, n’est pas publié du vivant de son auteure. Il faut attendre près d’un siècle pour que le public découvre cet ouvrage qui rappelle Les Liaisons dangereuses de Laclos, par sa forme mais surtout par son personnage féminin, Susan Vernon, sorte de marquise de Merteuil à l’anglaise.

Si Lady Susan reste une œuvre confidentielle de l’auteure, on y remarque déjà les caractéristiques de ce qui fera le succès des autres romans de Jane Austen : un humour mordant, teinté d’ironie, le symbolisme des situations, un personnage féminin qui exprime ses préoccupations et sa révolte. Lady Susan déroge cependant à une règle : son héroïne est loin d’être positive. Par ses manipulations, sa duplicité, Susan Vernon préfigure des personnages secondaires comme Mary Crawford (Mansfield Park, 1814), loin des héroïnes vertueuses qui font preuve d’abnégation comme Elinor Dashwood (Raison et sentiments, 1811) ou Anne Elliot (Persuasion, 1818).

À la différence des autres romans de Jane Austen, qui ont été plusieurs fois adaptés au cinéma et à la télévision, Lady Susan n’a fait l’objet que d’une seule adaptation cinématographique, Love & Friendship (2016). Curieusement, le titre choisi pour cette adaptation est celui d’une autre des oeuvres de jeunesse de l’auteure, écrite alors qu’elle n’était âgée que de quatorze ans.

Photogramme de Mansfield Park

Doc. 1
Photogramme du film Mansfield Park de Patricia Rozema, 1999, avec Jonny Lee Miller (Edmund Bertram) et Embeth Davidtz (Mary Crawford).

Temps 3 : La postérité de l’œuvre




Affiche Love and Friendship

Doc. 2
Affiche du film Love & Friendship de Whit Stillman, 2016.

Texte B
Par le mariage, l’homme et la femme ne font, aux yeux de la loi, qu’une seule personne ; car l’être ou l’existence légale de la femme est suspendu durant le mariage, ou du moins incorporé et confondu avec celui du mari, sous la protection duquel elle se trouve [...]. Aussi nos lois normandes appellent-elles, en vieux français, une femme mariée, feme-coverte, faemina viro cooperta1. Les mêmes lois appellent le mari covert-baron2, et disent que pendant tout le temps du mariage, la femme est sous la protection de son baron ou seigneur, et n’a d’autre couverture que lui.

Sir William Blackstone, Commentaires sur les lois anglaises, 1765, trad. de l’anglais de Augustin-Pierre Damiens de Gomicourt, 1774 - 1776.


1. Expression latine : « épouse protégée par un homme ».
2. Se dit aussi « covert de baron ». Terme juridique pour désigner la protection par l’époux.

Texte A
C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu qu’on l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles.

Jane Austen, Orgueil et préjugés, 1813, trad. de l'anglais de Valentine Leconte et Charlotte Pressoir, 2017, Éditions Retrouvées.
Voir les réponses


1
Ce roman épistolaire regroupe quarante‑et‑une lettres de différents émetteurs. Reconstituez les échanges en précisant qui écrit et à qui. Quelles remarques pouvez-vous formuler ?


2
Réalisez une carte mentale dont Susan est le centre (► voir Fiche Réviser ). Reliez Susan aux personnages qui s'opposent à elle (opposants) et à ceux qui l'aident (adjuvants). Précisez les liens entre Susan et les personnages, et les intentions de chacun.

3
Pourquoi Lady Susan décide-t-elle de rendre vi