POINT DE PASSAGE 3



Les grèves de 1917 : la grève des midinettes




BAC
Analyse de documents

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Doc 4. Après avoir présenté le document, vous vous demanderez quelle vision il propose de la grève des midinettes.


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Des grèves qui en inspirent d'autres

Une nouvelle stupéfiante me parvient ce matin. Il paraît que les gendarmes de Bassussary1 viennent de se mettre en grève. Comme les « midinettes » ils réclament une indemnité de 1 fr. 50 par jour. En présence de cet événement absolument imprévu – les gendarmes touchant la formidable solde de 3 fr. 50 par jour2 – M. le sous‑préfet de Bidart vient de mobiliser une compagnie de contrebandiers et de repris de justice, afin d’assurer l’ordre et, au besoin, rappeler énergiquement à ces « profiteurs » que sont les gendarmes, que nous sommes en guerre et qu’ils doivent tout sacrifier à la patrie. Nous tiendrons nos lecteurs au courant des événements.


Article paru dans La Gazette de Biarritz‑Bayonne, 10 juin 1917.

1. Commune française, aujourd’hui dans le département des Pyrénées‑Atlantiques.
2. Ironie de l’auteur : la modestie de la somme touchée par les gendarmes est vivement critiquée par le journal depuis plusieurs mois.

Questions

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Étudier un phénomène

1. Relevez les causes du déclenchement des grèves et les principales revendications des grévistes. (Doc. 1 et 3)
2. Montrez les formes que prend la mobilisation des midinettes. (Doc. 2 et 4)

3. Expliquez pourquoi ces grèves surprennent une partie de la population. (Doc. 3, 4 et 5)


Rédiger un texte

4. Vous êtes une midinette en mai 1917 et vous écrivez à un journal parisien pour expliquer votre action.

Qu’expriment les grèves de l’année 1917 ?


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Les grèves de 1917 vues par la presse

Il ne faut pas médire des midinettes. Il n’est pas d’un bon esprit de les taxer de frivolité parce qu’elles travaillent dans les robes, qu’elles sont jeunes et jolies et qu’elles se parent d’un bouquet en riant, joyeuses, à la vie. Rire et chanter ne les préserve pas de souffrir, d’avoir faim et de se courber, parfois sous la peine. Il ne faut pas médire de leur grève. […] C’est, incontestablement, une victoire du féminisme. Il sera désormais difficile à l’écrivain, au sociologue, au psychologue de condamner par avance et sans appel l’infériorité de la femme. C’est surtout une victoire ouvrière. Le prolétariat féminin, tout le monde à peu près en convient, est victime d’une malhonnête exploitation, et cette exploitation de la femme, s’exerçant en ces jours tragiques au préjudice de milliers et de milliers d’ouvrières, d’employées, voire de fonctionnaires, est d’une si cruelle injustice qu’elle soulève des protestations de tous les côtés. […] Lorsque les travailleuses de France auront toutes obtenu la semaine anglaise1, elles se souviendront que c’est à la grève de la couture parisienne qu’elles devront cet avantage.


Article paru dans L’Ouest‑Éclair, 26 mai 1917.

1. Revendiquée par les ouvrières, la semaine anglaise signifie l’arrêt hebdomadaire du travail du samedi midi au lundi matin. Jusqu’alors, les ouvrières n’avaient qu’un seul jour de repos par semaine, le dimanche.

En mai 1917, les ouvrières parisiennes du textile, surnommées les midinettes, se mettent en grève : elles réclament des augmentations de salaire et des droits sociaux. De nombreuses grévistes, excédées par la guerre qui s’éternise, expriment également des slogans pacifistes, tandis que des féministes en profitent pour faire entendre leurs revendications politiques. De plus en plus nombreuses, les grévistes remportent la victoire après quelques semaines de lutte.

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Les ouvrières en grève

Une du journal Les Hommes du jour 1917
Une du journal Les Hommes du jour, 26 mai 1917.

frise Les grèves de 1917

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Avant 1917, d’autres grèves féminines

Nous avons vu nos camarades qui n’avaient pas assisté à la réunion de la veille et nous leur avons fait part de vos propositions. Toutes, sans exception, sont d’accord avec nous et refusent de reprendre le travail aux conditions et prix fixés par le nouveau tarif. […] Nous ne pouvons admettre qu’après trois diminutions successives ce soit nous, les ouvrières, qui devions faire le double sacrifice de notre santé et d’une partie de nos salaires en subissant les conditions arbitraires qu’on veut nous imposer […]. Nous n’avons jamais refusé de travailler. Nous demandons simplement qu’on ait un peu d’égard pour notre santé, que nous ne soyons pas une charge pour nos maris quand ils reviendront, s’ils reviennent, et qu’on nous donne un salaire raisonnable.


Lettre des ouvrières grévistes des usines de Dion au contrôleur régional de la main‑d’œuvre, L’Humanité, 10 juillet 1916.

Image interactive

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Grèves et manifestations

Défilé des midinettes sur la place Vendôme
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Maurice-Louis Branger, Défilé des midinettes sur la place Vendôme, 18 mai 1917, photographie, 9 x 12 cm, Roger‑Viollet, Paris.
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