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Histoire-Géographie 1re

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COURS 4


Engagements et mobilisations des civils





4
Les femmes, entre l’usine et le foyer

On n’est pas inutiles / On n’est pas embusquées,
On a les bras dans l’huile / On est dures au métier.
Nous avons des ampoul’s aux mains / Et nous somm’ des femmes pas fragiles […].
Nous somm’s les tourneuses d’obus / Les mômes des Poilus
[…] Quand la guerr’ s’ra finie / Qu’nos poilus reviendront,
Notre tâche accomplie / À la gar’ nous irons.
Nous leur dirons plein’ de fierté /On va reprendre notre vie,
Reprends ta place à l’atelier / Nous les femm’s on r’tourne au foyer
Pour te choyer !


Jean Mauris, Les Tourneuses d’obus, 1917.

3
Femmes s’occupant de la moisson

Zinaida Serebriakova, La moisson
Zinaida Serebriakova, La Moisson, 1915, huile sur toile, 142 x 177 cm, musée d’Art, Odessa.

3
Des conséquences sociales mitigées

Les femmes s’émancipent. Le départ des hommes au front a permis aux femmes d’occuper des postes jusque‑là réservés aux hommes, notamment dans les administrations ou dans les usines. La guerre accélère des transformations sociales et économiques et contribue à l’émancipation féminine, non sans résistances ou critiques (doc. 4).

Le droit de vote… pas partout. Beaucoup de féministes exigent que le rôle des femmes pendant le conflit soit reconnu. Les femmes obtiennent le droit de vote au Royaume‑Uni (février 1918), en Allemagne et en Autriche (novembre 1918). En France, par contre, elles doivent patienter jusqu’en 1944.

Repères

Edith Cavell

Edith Cavell
(1865-1915)

Edith Cavell est une infirmière britannique qui, en 1914, travaille en Belgique. Elle choisit de s’engager pour son pays en devenant une espionne pour les services secrets britanniques. À la tête d’un véritable réseau d’espionnage, elle envoie de nombreux renseignements militaires aux Anglais et aide des centaines de soldats français et anglais à fuir la Belgique occupée. Arrêtée par les Allemands en août 1915, elle est jugée puis exécutée.

1
La mobilisation de toute une société

Travailler en temps de guerre. Les hommes ne sont pas tous envoyés au front, mais tous sont concernés par la guerre. Les hommes non mobilisés ou réformés travaillent dans les usines ou dans l’administration. Des milliers de travailleurs originaires des colonies viennent travailler en métropole.

La place des enfants. Les enfants sont la cible d’une propagande dédiée, qui vise non seulement à diffuser des valeurs et des messages guerriers, notamment par les jeux (doc. 1), mais également à les faire participer, à leur échelle, à l’effort de guerre. Ils sont par exemple encouragés à économiser la nourriture.

Une guerre totale. Tous les civils participent donc, de façon directe ou indirecte, à l’effort de guerre de leur pays : l’arrière devient un véritable front intérieur. Pour la première fois dans l’histoire, la Première Guerre mondiale est une guerre « totale » qui mobilise l’ensemble de la population des pays belligérants.

2
Les infirmières

Les hommes jeunes et vieux partent enthousiastes, joyeux et confiants. Que font les femmes ? Elles ne pleurent pas […] toutes, femmes jeunes ou âgées et jeunes filles, offrent avec un élan admirable leurs services aux Sociétés de secours aux blessés. […] Nous faisions des piqûres à la lueur d’une lampe, prêtée pour la nuit par un homme d’équipe ; nous aidions ces braves des premiers chocs à changer de position et eux‑mêmes nous indiquaient ceux dont l’état réclamait les soins les plus urgents. […] Puis les jours se suivent et les trains continuent à amener toujours d’autres blessés ; notre sensibilité est mise à une dure épreuve.


Julie Crémieux, Souvenirs d’une infirmière, 1918.



2
Les femmes au travail et sur le front

Soigner les soldats. En 1914, la plupart des infirmières professionnelles sont des religieuses. Avec la guerre et le grand nombre de soldats blessés, tous les pays belligérants font appel à des femmes pour devenir infirmières (doc. 2).

Résister et se battre. Certaines femmes résistent aux Allemands dans les territoires occupés, comme Edith Cavell ou Louise de Bettignies. Quelques rares femmes se travestissent en hommes pour se faire passer pour des soldats, comme l’Anglaise Flora Sandes. La Russie est le seul pays à déployer, temporairement, des bataillons de soldates.

L’enjeu crucial du travail des femmes. Considérées comme une véritable « armée de l’arrière », les femmes font l’objet d’une propagande spécifique particulièrement intense. Dans des pays encore majoritairement ruraux, les femmes prennent en charge les travaux des champs (doc. 3). Les femmes ouvrières, déjà nombreuses avant la guerre, prennent au fil du conflit une part essentielle dans la production de chaque pays, notamment dans les usines d’armement où s’illustrent les « munitionnettes » (doc. 4).

Vocabulaire

Arrière : par opposition au front, où se déroulent les combats, l’arrière est l’espace où se trouvent les civils.

Belligérant : se dit d’un pays, d’un peuple ou d’une nation qui participe à une guerre.

Munitionnettes : femmes qui travaillent dans les usines d’armement en remplacement des hommes mobilisés au front. Le diminutif cache la dureté d’un travail très éprouvant physiquement et qui expose en outre à des risques d’accident (explosion).

Réformés : soldats reconnus inaptes au service militaire, notamment pour des raisons de santé.

1
La « guerre des enfants »

Léon Gimpel, Une batterie mobilisée contre un avion allemand
Léon Gimpel, Une batterie mobilisée contre un avion allemand, Paris, 19 septembre 1915, autochrome, 9 x 12 cm, Société française de photographie, Paris.


L’ensemble de la population, en particulier les femmes, se mobilise derrière les soldats. Les efforts consentis pendant la guerre ne sont pas toujours récompensés après la fin du conflit.

Histoire et fiction

film Les gardiennes

Xavier Beauvois, Les Gardiennes, 2017
Dans ce film adapté d’un roman écrit en 1924, les héroïnes sont des paysannes françaises d’une petite ferme du Limousin, qui continuent de faire fonctionner leur exploitation agricole alors que leurs maris sont mobilisés au front. En 1914, la plupart des petites exploitations familiales sont encore très peu mécanisées : le travail est rude et l’absence des hommes force les femmes à assumer une grande diversité de tâches. Le film évoque également la façon dont la guerre marque ces populations civiles : même si elles ne prennent pas part aux combats, les paysannes vivent la guerre, ne serait‑ce que parce qu’elles attendent en permanence les permissions de leurs époux. En 1917, elles voient enfin arriver des soldats américains, qui vont bouleverser leurs vies.

Quels sont les différents types de mobilisations pour les civils dans la Grande Guerre ?

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