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Histoire-Géographie 1re

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COURS 1


Les civils, des victimes du conflit





1
Le génocide des Arméniens

Un peuple minoritaire de l’Empire ottoman. En 1914, il y a sans doute près de 2,5 millions d’Arméniens qui vivent dans l’Empire ottoman, formant une minorité chrétienne dans un Empire à majorité turque et musulmane. Vivant principalement à l’est de l’Anatolie, ils sont depuis longtemps persécutés par les autorités turques.

La guerre, un prétexte pour éliminer les Arméniens. À l’automne 1914, l’Empire ottoman entre en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche‑Hongrie. Pour les dirigeants turcs, les Arméniens sont des traîtres potentiels qui peuvent aider les Russes.

Le premier grand génocide du XXe siècle. Les Turcs lancent donc à partir de 1915 une vaste campagne de déportation et d’exécution des civils arméniens. Près de 1,2 million d’Arméniens sont massacrés : il s’agit du premier génocide majeur du XXe siècle.

Histoire et fiction

La reconnaissance du génocide arménien est une question mémorielle et diplomatique qui traverse tout le siècle. Jusqu’aux années 1960, la plupart des pays, peu désireux d’envenimer leurs relations avec la Turquie, ne reconnaissent pas le génocide arménien. L’Uruguay est le premier pays à le faire (1965). Les États-Unis l’ont reconnu en 1984, l’Union européenne en 1987 ; la France ne l’a officiellement reconnu qu’en janvier 2001, l’Allemagne en 2016. À ce jour, le Royaume‑Uni ou encore Israël refusent toujours de considérer qu’il s’agit d’un génocide.

La reconnaissance du
génocide arménien

La question reste encore très sensible et la Turquie se mobilise régulièrement pour protester contre l’usage du terme « génocide ». Sa reconnaissance ou non participe de stratégies diplomatiques complexes, liées notamment à la question de l’éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

2
La famine au Mont‑Liban

Photographie, v. 1916. © Collection privée Ibrahim Naoum Kanaan. Autorisation
de reproduction spécialement donnée par Mme Nayla Kanaan Issa-el-Khoury.

Photographie, v. 1916. © Collection privée Ibrahim Naoum Kanaan. Autorisation de reproduction spécialement donnée par Mme Nayla Kanaan Issa‑el‑Khoury.

2
Des victimes civiles de la guerre en grand nombre

Les civils victimes de l’invasion. En août 1914, l’offensive allemande s’accompagne de nombreux massacres et viols de civils. La propagande française et anglaise exagère ces violences pour assimiler les Allemands à des barbares.

Les civils victimes des bombardements. Pendant tout le conflit, les civils qui habitent à proximité du front sont victimes de bombardements (doc. 1). Les Allemands bombardent par exemple Paris ou Reims, en partie pour affaiblir le moral de l’ennemi.

Les civils victimes de la famine. Dans les Empires centraux, mais aussi dans les territoires belges et français occupés ou encore au Proche‑Orient, la pénurie alimentaire se fait sentir à partir de 1916. Le blocus mis en place par l’Entente en mer du Nord et en Méditerranée aggrave la situation. En Allemagne, celle‑ci tourne à partir de 1917 à la famine et plusieurs centaines de milliers de civils périssent durant cette période. Au Liban, une grande famine cause la mort d’environ 100 000 à 200 000 civils (doc. 2).

Vocabulaire

Génocide : destruction programmée, méthodique et systématique, totale ou partielle, d’un groupe en raison de son origine, de sa religion ou de son appartenance ethnique.

Otage : personne capturée pour servir de monnaie d’échange.

Pénurie : manque chronique de ressources alimentaires.

Réquisitions : obligation pour les civils des régions occupées de donner aux Allemands de la nourriture, des objets ou des matériaux de façon régulière tout au long de la guerre.

Travaux forcés : obligation pour les civils des territoires occupés d’effectuer des travaux agricoles, industriels ou de voirie pour les Allemands.

Pourquoi les civils sont‑ils de plus en plus nombreux à être des victimes du conflit ?


3
Les conditions de vie difficiles dans les territoires occupés

Vivre à l’heure allemande. Après la stabilisation du front, dix départements français sont occupés pendant toute la durée de la guerre par les Allemands, ce qui représente plus de 2 millions de civils. L’autorité allemande est particulièrement répressive et de nombreux civils sont exécutés, comme Léon Trulin.

Un territoire pillé. Les occupants réquisitionnent la nourriture (doc. 3), mais aussi du matériel et du fer pour soutenir leur effort de guerre. La nourriture est rationnée et les civils survivent grâce à l’aide alimentaire des pays neutres.

Travaux forcés et déportations. Les civils français sont obligés de travailler pour l’occupant sous peine de répression, qui va de l’emprisonnement à la déportation comme otage dans des camps en Prusse‑Orientale.

3
Réquisitions et lassitude

À 13 ans, Yves Congar vit la guerre à Sedan, occupée par les Allemands.

Tous les occupés qui ne mangent pas cependant sont unanimes pour souffrir tout, à condition d’être vainqueur, nous supportons jusqu’au bout la souffrance pour la patrie […]. Les Boches ont inventé un nouveau moyen pour avoir des vivres et de l’argent, toutes les poules doivent leur payer un tribut : un œuf par poule et par semaine […]. Une vie monotone, se répétant tous les jours, des vexations continuelles, une nourriture insuffisante, sans nouvelles depuis trois ans, las d’entendre toujours le même bruit, le canon, ne voyant que des Boches, toujours des Boches.


Yves Congar, Journal de la guerre (1914‑1918), entrée du 4 janvier 1917.


La guerre touche les civils de nombreuses façons. Les réquisitions et le travail forcé s’inscrivent également dans la mise en place d’économies de guerre.

Voir le cours 2



1
Bombardement d’Anvers, août 1914

Willem Seghers,
Bombardement d’Anvers,
1914, lithographie,
42 x 62 cm, Imperial War
Museum, Londres.
Willem Seghers, Bombardement d’Anvers, 1914, lithographie, 42 x 62 cm, Imperial War Museum, Londres.

Repères

Léon Trulin

Léon Trulin
(1897‑1915)

Léon Trulin est un jeune Lillois exécuté par les Allemands en 1915 pour espionnage. Comme d’autres habitants des régions occupées, il choisit d’aider son pays en faisant passer aux Anglais via la Hollande des renseignements sur les positions allemandes dans le Nord. Arrêté par les Allemands, il est jugé pour espionnage et fusillé à Lille le 7 novembre 1915.
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