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OUTILS D'ANALYSE
THÉÂTRE


FICHE 2

La parole au théâtre




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1
★☆☆
a. Qui est Harpagon ? Quel est son défaut ?


b. À qui s’adresse‑t‑il ici ? Soyez précis.

HARPAGON (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.). – Au voleur ! Au voleur ! À l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent.


Molière, L’Avare, IV, 7, 1668.


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Dans un texte théâtral, tout ce qui ne fait pas partie des didascalies est destiné à être prononcé sur scène.

La situation d’énonciation au théâtre


Toute parole est prononcée par quelqu’un à destination de quelqu’un d’autre. C’est ce que l’on appelle la situation d’énonciation.

Au théâtre, il y a une double énonciation car tout ce qui est dit par un personnage est destiné à la fois :
  • aux autres personnages présents sur scène ;
  • au public, ce qui lui permet de suivre l’histoire.

La situation d'énonciation au théâtre

La distribution de la parole au théâtre


Le dialogue : plusieurs personnages présents sur scène échangent des répliques.
  • La stichomythie : les répliques sont brèves et s’enchaînent rapidement, ce qui rend la scène plus dynamique, crée une accélération. Ce terme d’origine grecque désigne initialement un échange de répliques d’un seul vers chacune.
    → Deux personnages se disputent.
  • La tirade : un personnage prononce une longue réplique.
    → Un personnage défend son point de vue, raconte quelque chose d’important pour faire avancer l’intrigue.
  • L’aparté : un personnage prononce un texte « en secret » à un personnage choisi et au public, ou seulement au public, tandis que les autres personnages ne l’entendent pas. Il est signalé dans le texte par la didascalie « à part » ou « bas » en opposition à « haut ».
    → Un personnage ment à un autre mais révèle au public la vérité.

Le monologue : texte prononcé par un personnage seul sur scène. Le public a ainsi accès à ses pensées.
Le monologue peut être :
  • délibératif : un personnage doit prendre une décision et pèse le pour et le contre.
  • explicatif : un personnage vient expliquer une action ou une situation.
  • un monologue « confession » : un personnage dévoile ses sentiments ou ses projets cachés.

Le récit dans la tirade ou le monologue : un personnage raconte un événement qui n’est pas représenté sur scène.
→ Un messager vient raconter la mort de tel ou tel personnage.

Remarque : le monologue et l’aparté sont des conventions, des règles artificielles que le spectateur accepte même si ces situations ne sont en rien naturelles.

VÉRIFIER

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2
Qui entend quoi ? Indiquez « oui » ou « non ».

Un personnage s’exprime dans : Les autres personnages entendent‑ils ? Les spectateurs entendent‑ils ?
un dialogue
un aparté
un monologue

S'EXERCER

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3
★☆☆
a. Distinguez les dialogues des monologues dans ces extraits. Justifiez vos réponses.

b. Pour les dialogues, précisez s’il s’agit d’une tirade ou d’une stichomythie.

1. BASILE – La calomnie, Monsieur ! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !...

Beaumarchais, Le Barbier de Séville, II, 8, 1775.



2. CHATTERTON. (Il est assis sur le pied de son lit et écrit sur ses genoux.) – Il est certain qu’elle ne m’aime pas. – Et moi... je n’y veux plus penser. – Mes mains sont glacées, ma tête est brûlante. – Me voilà seul en face de mon travail. – Il ne s’agit plus de sourire et d’être bon ! de saluer et de serrer la main ! toute cette comédie est jouée : j’en commence une autre avec moi‑même.

Alfred de Vigny, Chatterton, III, 1, 1835.



3. UN. – Un, deux, trois, hop !
DEUX. – Voilà, ça, c’est bien vous ! Vous dites « Hop ! » et puis vous ne sautez pas.
UN. – Mais comment donc ! Je n’ai pas sauté, parce que vous, vous n’avez pas sauté !
DEUX. – Comment je n’ai pas sauté ! Bien entendu, je n’ai pas sauté ! Je n’allais pas sauter tout seul !

Roland Dubillard, « Le plongeon », Diablogues, 1975.

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4
★★☆
a. S’agit‑il d’une tirade ou d’un monologue ? Justifiez votre réponse.


b. Montrez que les sentiments de Perdican sont confus et contradictoires.


c. Indiquez quelques éléments du portrait moral de Camille d’après ce texte.


Le jeune Perdican, fraîchement diplômé, vient de retrouver sa cousine Camille qui a été élevée au couvent chez les nonnes.

PERDICAN – Je voudrais bien savoir si je suis amoureux. D’un côté, cette manière d’interroger est tant soit peu cavalière, pour une fille de dix‑huit ans ; d’un autre, les idées que ces nonnes lui ont fourrées dans la tête auront de la peine à se corriger. De plus, elle doit partir aujourd’hui. Diable ! je l’aime, cela est sûr. Après tout, qui sait ? peut-être elle répétait une leçon, et d’ailleurs il est clair qu’elle ne se soucie pas de moi. D’une autre part, elle a beau être jolie, cela n’empêche pas qu’elle n’ait des manières beaucoup trop décidées, et un ton trop brusque. Je n’ai qu’à n’y plus penser ; il est clair que je ne l’aime pas.

Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour, III, 1, 1834.

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5
★★☆
a. Qui parle à qui dans ces répliques ?


b. Quelles répliques Charlotte n’entend‑elle pas ? Et Mathurine ?


c. Quel est l’effet pour le public ?


MATHURINE, à Dom Juan. – Monsieur, que faites‑vous donc là avec Charlotte ? Est‑ce que vous lui parlez d’amour aussi ?

DOM JUAN, à Mathurine. – Non, au contraire, c’est elle qui me témoignait une envie d’être ma femme, et je lui répondais que j’étais engagé à vous.

CHARLOTTE. – Qu’est-ce que c’est donc que vous veut Mathurine ?

DOM JUAN, bas à Charlotte. – Elle est jalouse de me voir vous parler, et voudrait bien que je l’épousasse ; mais je lui dis que c’est vous que je veux.

MATHURINE. – Quoi ? Charlotte…

DOM JUAN, bas à Mathurine. – Tout ce que vous lui direz sera inutile ; elle s’est mis cela dans la tête.

Molière, Dom Juan ou le Festin de Pierre, II, 4, 1665.

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6
★★☆ Les didascalies de cet extrait ont été retirées. À vous d’essayer de les retrouver.


Bois‑d’Enghien vient voir sa maîtresse Lucette pour rompre avec elle.

LUCETTE. – Oh, mon nan‑nan !

BOIS D’ENGHIEN. – Oh ! ma Lulu !

BOIS D’ENGHIEN. – C’est pas ça du tout ! Je suis mal embarqué !…

LUCETTE. – Vois-tu, voilà comme je suis bien !

BOIS D’ENGHIEN. – Ah ! bien ! pas moi, par exemple !

LUCETTE. – Je voudrais rester comme ça pendant vingt ans !... et toi ?

BOIS D’ENGHIEN. – Tu sais, vingt ans, c’est long !

LUCETTE. – Je te dirais : « Mon nan-nan ! » ; tu me répondrais : « Ma Lulu !... » et la vie s’écoulerait.

BOIS D’ENGHIEN. – Ce serait récréatif !

LUCETTE. – Malheureusement, ce n’est pas possible ! Tu m’aimes ?

BOIS D’ENGHIEN. – Je t’adore !

LUCETTE. – Ah ! chéri, va !

BOIS D’ENGHIEN. – Pristi ! que c’est mal engagé !

Georges Feydeau, Un fil à la patte, Scène 14, 1894.

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 ► Vers le bac 


7
★★★ Écrivez la scène qui précède l’extrait support de l’exercice 4 : les retrouvailles entre Camille et Perdican.


Votre scène sera un dialogue qui comprendra une tirade, un passage en stichomythie, quelques apartés. Il sera constitué d’une quinzaine de répliques.

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