Texte 3


Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950)




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Ressource complémentaire

Discours d’hommage du président Sarkozy pour l’entrée d'Aimé Césaire au Panthéon.
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1

Sur quel principe repose la structure de ce texte ? Observez notamment le dernier tiers de l'extrait.


Un texte dialogique

2

Comparez les marques de l’énonciation dans l’extrait principal et dans le texte écho. Quelle(s) différence(s) remarquez-vous ?


3

a. À qui s’adresse-t-il ?

b. Par quel pronom désigne-t-il son interlocuteur ?

c. Selon vous, pourquoi utilise-t-il ce pronom ?


4

a.
Quels sont les deux verbes répétés dans l’extrait ?

b. À votre avis, pourquoi Césaire les répète-t-il ?


Un texte polémique

5

À quels arguments de l’adversaire Césaire répond-il ? Citez le texte.


6
GRAMMAIRE

« Vidées », « piétinées », « minées », « confisquées », « assassinées », « anéanties », « supprimées » (► l. 23-25).

a. Quelle est la nature et la fonction de ces mots ?

b. Au niveau du sens, quel est leur point commun ?


7

a. Les arguments adverses font-ils plutôt appel à la logique ou aux sentiments ?


b. Et ceux de Césaire ? Nuancez votre réponse.


8

a. Pourquoi Césaire choisit-il le langage mathématique en posant une « équation » ?


b. Comment illustre-t-il son équation dans son discours ?


Vers le commentaire

9

Par quels procédés Césaire cherche-t-il à indigner le lecteur et à provoquer sa révolte ?



ORAL
En binôme, reformulez avec vos mots, dans un tableau à deux colonnes, les arguments des défenseurs de la colonisation et ceux de Césaire. Chacun présentera ensuite une des colonnes devant la classe.
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Ressources complémentaires

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Photographie Aimé Césaire
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950)

Aimé Césaire est un écrivain et homme politique martiniquais. Dans ce pamphlet anti-colonial, Césaire refuse l’équation des colonialistes : « colonisation = civilisation » et répond par une nouvelle équation.

  Je vois bien ce que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding1, ni Royal Dutch, ni Standard Oil2 ne me consoleront jamais des Aztèques ni des lncas3.
Je vois bien celles – condamnées à terme – dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine : Océanie, Nigeria, Nyassaland4. Je vois moins bien ce qu’elle a apporté.
  Sécurité ? Culture ? Juridisme5 ? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys6, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires.
  J’ai parlé de contact.
  Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue7, la suffisance, la muflerie8, des élites décérébrées9, des masses avilies.
  Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l’homme colonisateur en pion10, en adjudant, en gardechiourme11, en chicote12 et l’homme indigène en instrument de production.
  À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J’entends la tempête. On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.
  
Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.
  On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
  Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifi