Outils d'analyse
ARGUMENTATION


FICHE 6

Convaincre, persuader, délibérer




OBSERVER

Voir les réponses

1
★☆☆
a. Quel est le thème commun à ces deux extraits ?

b. Quelle semble être la thèse défendue ?

c. Quelles différences constatez-vous entre ces deux extraits ?


1. Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant‑hier, on l’avait expulsée.
Abbé Pierre, Appel de février 1954.

2. À 60 ans, elle touche 470 euros d’aide sociale mensuels contre 3 000 euros dans ses années fastes, jusqu’en 2011. Elle devra attendre ses 67 ans pour toucher une retraite pleine, 800 euros mensuels.
France Soir, 19 décembre 2016.

S'EXERCER

Voir les réponses

 ► Vers le bac 


8
★★★

Rédigez une partie de commentaire sur l’extrait de Hyènes, de Christian Siméon (Ex. 7).
Vous montrerez que cet extrait de théâtre est argumentatif et expliquerez précisément quels moyens sont utilisés pour argumenter.

Voir les réponses

6
★★☆
a. Pourquoi Annie Ernaux hésite-t-elle à écrire « une femme noire » ?

b. Expliquez sa décision finale.

c. En quoi cet extrait relève-t-il de la délibération ?

[Dilemme. Vais-je ou non écrire « une femme noire » ou « une Africaine » – pas sûr qu’elle le soit – ou seulement « une femme » ? Je suis devant un choix qui singulièrement aujourd’hui, engage la lecture qui sera faite de ce journal. Écrire « une femme », c’est gommer une caractéristique physique que je ne peux pas ne pas avoir vue immédiatement. C’est en somme « blanchir » implicitement cette femme puisque le lecteur blanc imaginera, par habitude, une femme blanche. C’est refuser quelque chose de son être et non des moindres, sa peau. Lui refuser textuellement la visibilité. Exactement l’inverse de ce que je veux faire, de ce qui est mon engagement d’écriture : donner ici aux gens, dans ce journal, la même présence et la même place qu’ils occupent dans la vie de l’hypermarché. Non pas faire un manifeste en faveur de la diversité ethnique, seulement donner à ceux qui hantent le même espace que moi l’existence et la visibilité auxquelles ils ont le droit. Donc j’écrirai « une femme noire », « un homme asiatique », « des ados arabes » quand bon me semblera.]

Annie Ernaux, Regarde les lumières, mon amour, 2014, Seuil.
Voir les réponses

5
★★☆
a. Quels sont les arguments d’Aristide Briand ?

b. Selon vous, cherche-t-il avant tout à convaincre ou à persuader les députés ? Justifiez en relevant des exemples précis.

  Je vous prie, en outre, de vous reporter à l’attestation très suggestive du pasteur anglais Robert, qui a déclaré que, sur 167 condamnés à mort qu’il avait assistés à leurs derniers moments, 161 avaient reconnu assister à des exécutions capitales ; et cette affirmation est contrôlée. [...] Si la peine de mort a une puissance d’intimidation, sa suppression doit amener immédiatement une recrudescence de crimes ; si cette recrudescence ne se manifeste pas, c’est que l’abolition demeure sans effet. Or, c’est la conclusion à laquelle on aboutit quand on considère les différents pays où la peine de mort a été supprimée et quand on ne prend pas les chiffres d’une année pour les opposer arbitrairement à ceux d’une autre année, mais quand on prend des périodes suffisamment longues, des périodes de dix ans par exemple.

Discours d’Aristide Briand lors du débat à la Chambre des députés du 11 novembre 1908.
Voir les réponses

3
★☆☆
Tapez dans un moteur de recherche « Leclerc qui est le moins cher » et choisissez une vidéo. Cette campagne cherche-t-elle plutôt à convaincre ou à persuader ? Justifiez.

Voir les réponses

7
★★☆
a. Quelle cause cette pièce défend-elle ?

b. Analysez les derniers mots de la pièce. Qu’ont-ils de particulièrement émouvants ? Proposez une réponse approfondie.

c. Qui est « tu » ? Pourquoi est-ce surprenant pour une pièce de théâtre ? Selon vous, pourquoi l’auteur fait‑il cela ?

d. Ce texte cherche-t-il à convaincre ou à persuader ? Justifiez par des exemples précis.

L’extrait suivant correspond à la fin de la pièce.

  Tu n’es plus un spectateur.
J’aimerais que tu sois là demain à la barrière Saint Jacques. Et si cette nuit tu as du mal à t’endormir, pense que tout à l’heure, quand j’aurai fini de parler, quand tu m’auras quitté, je resterai seul à attendre, à compter les respirations, les battements de paupières, les battements de cœur qui me restent en nombre imaginable et j’arracherai la paume de mes mains sur les aspérités des murs. [...]
  Ils m’enfileront de force la chemise. Ils m’assiéront sur une chaise et me couperont les cheveux. Alors, je sentirai le froid des ciseaux sur ma nuque. Mes dents se mettront à claquer, mon corps à trembler. Ils me traîneront de couloir en couloir, de portes en portes jusqu’à la rue, jusqu’à la foule.
  Et là je penserai à toi dans la foule et je crierai pour la seconde fois.
  À travers le voile, je chercherai ton visage parmi ceux des spectateurs, ton visage de hyène parmi les hyènes. Parce que vous tous serez venus me voir mourir, parce que pas une voix ne s’élèvera, pas même la tienne. Vous êtes tous complices. Je veux vous faire mal. Vous rendre malade de honte. […]
  Et je penserai à toi.
  Et là je vais perdre connaissance. Alors ils vont me soigner, me réveiller puisqu’on ne guillotine pas les inconscients. Et là je vais crier pour la troisième fois.
  Et je penserai à toi.
  Et puis les tambours vont rouler.
  Et je penserai à toi.
  Et puis ils vont me porter sur les marches.
  Et je penserai à toi.
  La planche basculera.
  Il y aura ce silence.