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Outils d'analyse
ARGUMENTATION


FICHE 5

S'impliquer et impliquer




VÉRIFIER

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1
★☆☆
Choisissez la bonne réponse.

1. Les modalisateurs permettent d’impliquer le destinataire :
Vrai Faux

2. L’apostrophe est une attaque directe contre un adversaire :
Vrai Faux

3. On peut donner son avis sans utiliser des marques de la première personne :
Vrai Faux

4. On ne doit jamais faire preuve d’humour dans un texte argumentatif :
Vrai Faux

S'EXERCER

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2
★☆☆
a. Quelle image la locutrice donne-t-elle d’elle-même ? Par quels moyens ?

b. Qui dénonce-t-elle implicitement ?

c. À votre avis, à qui s’adresse-t-elle ?

  Bonjour. Je m’appelle Severn Cullis-Suzuki. Je représente l’ECO, l’Organisation des Enfants pour l’Environnement. Nous sommes un groupe d’enfants âgés de 12 à 13 ans. Nous essayons de faire avancer les choses, Vanessa Suttie, Morgan Geisler, Michelle Quigg et moi-même. Nous avons réuni l’argent nécessaire pour faire 5 000 miles et venir jusqu’ici afin de vous dire que vous devez changer les choses. En venant ici aujourd’hui, je n’ai pas d’intention cachée, je me bats pour mon avenir. Perdre son futur n’est pas comme perdre aux élections ou perdre à la Bourse. Je suis ici pour parler aux noms des générations futures. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde et dont les cris ne sont plus entendus.

Severn Cullis-Suzuki, discours au sommet de Rio, conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, 1992.

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 ► Vers le bac 


7
★★★
Relisez le texte de Victor Hugo (Ex. 4) et montrez comment il argumente contre la misère.
Vous analyserez comment Hugo s’implique dans son discours, comment il implique le destinataire et quelle image il donne de lui-même. Justifiez par des exemples précis.


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3
★★☆
a. Que réfute Germaine de Staël dans cet extrait ?

b. Quelle image donne-t-elle d’elle-même ?

c. Réécrivez ce texte en donnant l’image d’une locutrice excédée.

  Les journaux chargés, en 1797, d’insulter tous les amis de la liberté, ont prétendu que, voulant la république, j’approuvais la journée du 18 fructidor1. Je n’aurais sûrement pas conseillé, si j’y avais été appelée, d’établir une république en France ; mais, une fois qu’elle existait, je n’étais pas d’avis qu’on dût la renverser.

Germaine de Staël, Considérations sur les principaux éléments de la Révolution française, 1818.

1. Coup d’État contre les royalistes, qui menaçaient de revenir à l’Ancien Régime.

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6
★★★
a. Quelle image Marie d’Agoult donne-t-elle d’elle-même dans cet extrait ?

b. La première question est-elle une question rhétorique ? Justifiez votre réponse.

Marie d’Agoult s’adresse ici à des ouvriers.
Pourquoi ne vous le dirais-je pas librement, fraternellement, sans réticence ni périphrase ? Le succès électoral dont vous vous applaudissez à cette heure n’est pas, selon moi, de nature à vous donner une force véritable, et la tactique que vous avez suivie en cette occasion, malgré sa réussite apparente, loin de vous rapprocher du but, ne fait, à mon avis, que vous en écarter.

Marie d’Agoult, Lettres républicaines, 1848.
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5
★★☆
Regardez la campagne de sensibilisation « Most shocking second a day » ci-dessous, ou en la recherchant directement sur Internet.
a. S’agit-il d’une argumentation directe ou indirecte ?

b. À qui cette campagne s’adresse-t-elle ?

c. Comment implique-t-elle le destinataire ? Quel type de raisonnement est utilisé ?

Campagne de Save the Children, « Save Syria’s children », 2014
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4
★★☆
a. Qui sont les destinataires de ce discours et par quels procédés sont-ils impliqués ?

b. À plusieurs reprises, Victor Hugo oppose des verbes, conjugués ou à l’infinitif. Lesquels ? Quelle image cela donne-t-il de lui par rapport aux autres ?

  Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.
  Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible !

Victor Hugo, « Détruire la misère », discours à l’Assemblée nationale législative, 1849.

RETENIR

S’impliquer dans son argumentation

La modalisation

Un énoncé peut être objectif, neutre (→ la définition d’un mot dans le dictionnaire) ou subjectif.
On appelle modalisation la part de subjectivité dans un énoncé.

Voici quelques types de modalisateurs (moyens de donner un point de vue sur ce que l’on exprime) :
  • verbes ou locutions verbales → je suis persuadé que, il va de soi que (certitude) ; je me demande si, j’ai peur que, il semble que (doute, crainte) ; certains prétendent que, d’autres prétextent que (mise à distance) ;
  • groupes prépositionnels → à mon avis, selon moi ;
  • adverbes → sans aucun doute, indéniablement (certitude) ; sans doute, apparemment, peut-être (doute) ; absolument, moyennement (intensité) ; dommage (jugement négatif) ;
  • adjectifs → formidable, magnifique (jugement positif) ; regrettable, méprisable (jugement négatif) ;
  • modes verbaux : indicatif (certitude) ; conditionnel, subjonctif (doute, éventualité, souhait, regret) ;
  • ponctuation forte (→ ! ?) ; guillemets pour mettre à distance (→ ce « héros »...) ; graphie traduisant une intonation (→ il est vraiment in-com-pé-tent, c’est un SCANDALE !).


L'image que l'on donne de soi (l'ethos)

En s’impliquant dans son argumentation, le locuteur va donner une certaine image de lui : celle d’une personne excédée (→ ponctuation forte, adverbes comme absolument, adjectifs comme inadmissible, scandaleux) ; d’une personne mesurée, juste, réfléchie (→ concessions, arguments logiques, connecteurs logiques nombreux) ; d’une personne qui a de l’autorité, en qui on peut avoir confiance ; d’une personne sincère, honnête, etc.

Impliquer le destinataire

Pour convaincre, influencer quelqu’un, il est essentiel que celui-ci se sente concerné par ce qui est dit. Il existe plusieurs moyens d’impliquer le destinataire :

Les pronoms, l’apostrophe

L’utilisation de la deuxième personne adresse le discours.
→ En travaillant, les élèves réussissent. ≠ En travaillant, vous réussirez.
L’apostrophe, qui consiste à interpeller directement le destinataire, renforce son implication.
Chers 2de 4, en travaillant régulièrement, vous allez réussir.

La première personne du pluriel rapproche le destinataire du locuteur, montre que leurs intérêts sont communs.
→ Ensemble, nous y arriverons.

La question rhétorique

Fausse question, elle a un intérêt double : elle interpelle le destinataire, capte son attention ; et en l’invitant à formuler une réponse, elle l’implique dans l’argumentation. → N’avez-vous pas envie de réussir ?

L’implicite, l’ironie

L’implicite crée une connivence avec le destinataire (un « vous voyez bien de quoi je parle »).

L’ironie a deux avantages : elle fait appel à l’intelligence du destinataire (jugé capable de saisir le second degré) et donc le valorise ; elle repose sur l’humour, moyen efficace de mettre le destinataire de son côté.

Mais l’implicite et l’ironie comportent un risque : ils peuvent ne pas être pas compris, ce qui alors les rend contre-productifs (quelqu’un qui ne comprend pas l’implicite ou l’ironie se sent exclu).

Le choix des exemples

Pour qu’un exemple soit efficace, il doit correspondre à l’argument qu’il illustre, mais aussi être proche du destinataire, d’un point de vue temporel, géographique et identitaire. → Votre professeur veut vous convaincre que vous pouvez réussir le bac : s’il prend pour exemple le cas d’un élève cubain du XIXe siècle, vous pourrez vous dire que sa situation a peu de choses à voir avec la vôtre.
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