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COURS 3


L’affirmation des libertés fondamentales





Comment la IIIe République promeut‑elle et garantit‑elle de grandes libertés ?



La IIIe République s’affirme donc libérale, notamment dans les années 1880, mais ce libéralisme s’avère incomplet.

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Naissance des syndicats

affiche pour le Syndicat national des chemins de fer, 1910
Jules Grandjouan, affiche pour le Syndicat national des chemins de fer, 1910, 77 x 58 cm, bibliothèque La Contemporaine, Nanterre.

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L’Union française pour le suffrage des femmes

L’Union française pour le suffrage des femmes
Chavanna, 1909, dessin au fusain, 9 x 14 cm, bibliothèque Marguerite Durand, Paris.

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Un âge d’or des libertés

Un mouvement général. Plusieurs lois assurant les libertés fondamentales sont adoptées, surtout au début des années 1880. Elles reprennent l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Elles sont sociales avec le rétablissement du divorce (doc. 1), économiques avec le droit de travailler le dimanche (1880) ou encore politiques avec l’élection des maires par les conseils municipaux (1882).

La liberté de la presse. Adoptée le 29 juillet 1881, la loi sur la liberté de la presse permet la multiplication des quotidiens. Au début des années 1880, ils sont déjà 250 et s’écoulent à 2 750 000 exemplaires. Cet essor est permis par la révolution de la rotative intervenue au milieu du XIXe siècle et par l’alphabétisation croissante de la population.

Le droit de créer des syndicats. Instauré en 1884 par Pierre Waldeck‑Rousseau, il entraîne la multiplication de syndicats dans différents secteurs (doc. 2). En 1895 est finalement créée à Limoges la CGT (Confédération générale du travail), première union nationale des syndicats. La loi sur la liberté d’association (1901) complète le dispositif.

Repères

Pierre Waldeck-Rousseau

Pierre Waldeck‑Rousseau
(1846-1904)

Député dès 1879, Pierre Waldeck‑Rousseau est ministre de l’Intérieur en 1881. Il fait alors voter la loi sur les syndicats. Après quelques années loin de la vie politique, il revient en 1899 comme président du Conseil, ce qui lui donne l’occasion de faire voter la loi de 1901 sur la liberté d’association, mais aussi de régler l’affaire Dreyfus.

Décentrement

Les Néo-Zélandaises ont obtenu le droit de vote en 1893, après des années d’actions. Les suffragettes de cet archipel d’Océanie, menées par Kate Sheppard, se sont déplacées aux quatre coins du pays en parcourant parfois d’immenses distances, pour faire signer des pétitions et organiser des réunions et des conférences. Une pétition réunissant plus de 32 000 signatures, soit près d’un quart des Néo‑Zélandaises, a ainsi été présentée au Parlement. Elle mesurait près de 270 mètres de long, un record ! Il faudra néanmoins attendre 1919 pour que les Néo‑Zélandaises obtiennent le droit de se présenter aux élections législatives. Kate Sheppard est considérée comme une héroïne en Nouvelle‑Zélande, et son nom et son visage figurent sur les billet de 10 dollars.

pétition pour le droit de vote des femmes en Nouvelle-Zélande


Vocabulaire

Isoloir : dispositif installé dans un bureau de vote pour dissimuler le choix des votants.

« Lois scélérates » : expression popularisée par Léon Blum et renvoyant à un ensemble de lois adoptées entre 1893 et 1894, qui répriment sévèrement les attentats anarchistes.

Rotative : presse typographique montée sur un cylindre, permettant d’imprimer en continu.

Suffragisme : lutte pour obtenir le droit de vote pour les femmes. Les militantes de ce mouvement sont appelées les suffragettes. Apparu d’abord au Royaume‑Uni, le mouvement se diffuse ensuite dans de nombreux pays du monde dans les années 1840‑1920.

Syndicat : organisation de défense des intérêts des travailleurs d’un secteur donné.

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De véritables libertés ?

Voter librement. Le droit de vote est au cœur des pratiques républicaines, mais il n’existe pas d’isoloir avant 1913. Les électeurs sont par conséquent influencés par les notables de leurs villages ; souvent, le président du bureau de vote met lui‑même le bulletin dans l’urne, d’où de nombreuses fraudes. Les projets de réforme des modalités de scrutin se multiplient.

Des libertés à double tranchant. La liberté syndicale concédée en 1884, permet surtout de discipliner les grèves en obligeant les organisations à se déclarer en préfecture.

Des libertés contrôlées. Contre les anarchistes, des lois dites scélérates sont adoptées, qui seront ensuite étendues à l’opposition politique. La création des Renseignements généraux en 1911 marque la naissance d’une vraie police politique.

1
Le droit de divorcer

Art. 230. La femme pourra demander le divorce pour cause d’adultère de son mari.

Art. 296. La femme divorcée ne pourra se remarier que dix mois après que le divorce sera devenu définitif.

Art. 298. Dans le cas de divorce admis en justice pour cause d’adultère, l’époux coupable ne pourra jamais se marier avec son complice.

Art. 306. Dans le cas où il y a lieu à demande en divorce, il sera libre aux époux de former une demande en séparation de corps.

Art. 312. En cas de jugement ou même de demande soit de divorce, soit de séparation de corps, le mari pourra désavouer l’enfant qui sera né trois cents jours après la décision qui aura autorisé la femme à avoir un domicile séparé.


Loi sur le divorce, dite « loi Naquet », 27 juillet 1884.

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Les Françaises privées de droits politiques

Le vote des femmes effraie. Les républicains considèrent qu’elles sont souvent sous l’influence de l’Église, et que leur vote pourrait mettre en danger la laïcité républicaine et favoriser le retour de courants réactionnaires au pouvoir.

Le suffragisme. Les nouvelles libertés permettent néanmoins aux revendications suffragistes de s’organiser et de se diffuser, par l’intermédiaire d’associations, comme l’Union française pour le suffrage des femmes, créée en 1909 (doc. 3), et par la publication de nombreux journaux, comme La Fronde, entièrement écrit et géré par des femmes. Entre 1880 et 1914, 112 associations et 44 journaux suffragistes voient le jour dans le pays.

Des changements lents. Ces revendications s’intensifient au début du XXe siècle, mais la question du vote des femmes n’est pas prioritaire à l’Assemblée. Les partis de gauche sont les premiers à se positionner clairement en faveur du vote féminin.
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