POINT DE PASSAGE 3



1905 - La loi de séparation des Églises et de l’État




Questions

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1. Relevez les éléments qui prouvent qu’il s’agit bien d’une caricature anticléricale. (Doc. 1)
2. Identifiez les idées et valeurs républicaines justifiant la loi de séparation des Églises et de l’État. (Doc. 1, 2, 4 et 5)

3. Montrez que l’adoption et l’application de la loi n’ont pas été aisées. (Doc. 2, 3 et 5)


Rédiger un texte

4. Vous êtes journaliste pour Le Petit Journal et on vous demande d’écrire un article présentant la loi, ainsi que ses conditions d’adoption et d’application.

2
Le discours d’un député républicain

Directeur de l’enseignement primaire de 1879 à 1896, fondateur de la Ligue des droits de l’homme, Ferdinand Buisson est à l’époque député (radical‑socialiste) de la Seine.

Le premier devoir d’une République est de faire des républicains ; et l’on ne fait pas un républicain comme on fait un catholique. Pour faire un catholique, il suffit de lui imposer la vérité toute faite. Le maître a parlé, le fidèle répète. Il a été dit un catholique ; mais on pourrait tout aussi bien dire un protestant ou un croyant quelconque […]. Toute éducation cléricale aboutit à ce comportement : croire et obéir, foi aveugle et obéissance passive […]. Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit (un enfant, un adolescent, l’homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé par l’excès de travail) et lui donner l’idée qu’il peut penser par lui‑même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit, temporel ou spirituel.


Ferdinand Buisson, discours au congrès du Parti radical, 1903.


5
Les inventaires des biens de l’Église

inventaires de sbiens de l'Eglise, Une du Supplément illustré du Petit Journal

Une partie des catholiques accepte cette loi qui permet une indépendance financière de l’Église par rapport à l’État. Les inventaires doivent permettre de transmettre les biens de l’Église aux associations cultuelles. Certains paroissiens s’opposent à ces inventaires car ils les interprètent comme des actes de sacrilège, ce qui donne parfois lieu à des violences.
Une du Supplément illustré du Petit Journal du 18 mars 1906.

Au début du XXe siècle, le Concordat napoléonien de 1801 régit encore les liens entre l’Église catholique de Rome et l’État français, et permet par exemple que les membres du clergé séculier soient payés par l’État. Or, le gouvernement républicain a fait de la laïcité l’une des valeurs fondamentales du nouveau régime, ce qui provoque des tensions avec la papauté ou avec une partie de la population française. C’est dans ce contexte que le gouvernement prépare une loi sur la séparation des Églises et de l’État, objet de nombreux débats et d’oppositions.

1
Une caricature anticléricale

Anonyme, La Séparation des Églises et de l’État, lithographie

Le pape est attaché à Marianne, pendant qu’un moine ivre dort en bas à droite. Guidé par Voltaire, Émile Combes, président du Conseil depuis 1902 et chef de file de la politique anticléricale, s’apprête à trancher le lien qui unit le pape et la République.
Anonyme, La Séparation des Églises et de l’État, lithographie, 57 x 40,5 cm, don de Mme Germaine Martin‑Combes, Coll. Ville de Castres (Tarn), Centre national et musée Jean‑Jaurès, Inv. 1959.40.1.

Dans quelles conditions est adoptée et appliquée la loi de séparation des Églises et de l’État ?


4
L’adoption de la loi de 1905

La loi est promulguée le 9 décembre 1905, après avoir été adoptée par 341 voix contre 233, après 320 amendements.

Art. 1er. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci‑après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2. La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Lien avec l'Enseignement de spécialité

Thème 5, « Analyser les relations entre États et religions ».


3
Les oppositions au projet de loi

Sur un acte qui remue aussi profondément tout ce qui touche aux croyances et aux traditions du pays, le suffrage universel n’a jamais été nettement consulté. Dans les temps difficiles que nous traversons, la pratique loyale, prévoyante et ferme d’un régime concordataire pouvait donner à la République la liberté d’esprit, le calme intérieur et l’unité morale dont elle a besoin. Si vous devez faire naître des divisions nouvelles, ouvrir une ère d’agitation dont nul ne peut prévoir les conséquences et la fin, nous refusons d’en assumer avec vous la responsabilité. Telles sont, messieurs, les raisons pour lesquelles mes amis et moi nous voterons […] contre l’ensemble du projet de loi.


Joseph Thierry, député des Bouches‑du‑Rhône, discours à la Chambre des députés, 3 juillet 1905.

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