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MÉTHODE
COMMENTAIRE


FICHE 5

Rédiger le développement




voir Fiche « Relire son commentaire » p. 580  

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1
★☆☆ Le texte suivant correspond à un paragraphe de commentaire d’un élève de fin de 2de sur un extrait d’une tirade de Phèdre dans la pièce tragique du même nom. Le titre de la sous‑partie, tel que noté sur le brouillon de l’élève, est b) Une demande de châtiment ambigüe.

  La tirade fait aussi état d’une demande de châtiment ; en effet, Phèdre demande à Hippolyte de la châtier pour l’amour coupable qu’elle lui porte. Or, cette demande est essentiellement stratégique ; on note ainsi qu’elle est précédée d’une précaution oratoire : « Hélas ! je ne t’ai … » (v. 698). Demander le châtiment à Hippolyte, dont elle sait qu’il ne la châtiera pas, est ambigu : pour Phèdre, c’est surtout une manière de faire s’apitoyer son interlocuteur et, en cela, de poursuivre son entreprise de séduction. Cette demande s’incarne par l’usage de l’impératif : la modalité injonctive envahit le texte, en témoignent les citations suivantes : « Venge‑toi », « punis‑moi », « Délivre l’univers », « Crois-moi », « Frappe », « prête-moi », « Donne » (v. 699-711). Pour donner plus de force à ces impératifs, le dramaturge a choisi de les placer stratégiquement : à la tête du vers pour certains, isolé par le rejet pour la dernière occurrence : « Au défaut de ton bras prête‑moi ton épée, / Donne. » (v. 710-711). En somme, Phèdre demande à Hippolyte d’être son bourreau. Par ailleurs, l’apitoiement s’accomplit dans le don du cœur : « Voilà mon cœur » (v. 704) : on note ici la tournure présentative particulièrement dramatique), et dans la description dégradée de celui-ci : « indigne de tes coups » (v. 707). Un procédé d’exagération équivalent est utilisée dans l’expression « un sang trop vil » (v. 709). Phèdre se déprécie et parle pour Hippolyte ; lui confisquant la parole, autant que le geste de la tuer, elle impose donc l’apitoiement et décontenance son beau-fils qui ne peut répondre.

a. Pourquoi le paragraphe est-il précédé d’un alinéa, à votre avis ?

b. À quoi correspondent les éléments surlignés en jaune ? en bleu ? en vert ?

c. À votre avis, pourquoi ces éléments surlignés sont-ils nécessaires dans un paragraphe de commentaire ?

d. Quel rapport entretiennent les éléments bleus et les éléments verts ?

e. Quel rôle joue la première phrase ? la dernière phrase ?

f. Que pouvez-vous reprocher à ce paragraphe ? Observez particulièrement les éléments en vert.

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La présentation et la rédaction du développement

La présentation et la rédaction du développement


Après le travail au brouillon et la rédaction de l’introduction, il convient de rédiger « au propre » le développement. Plus votre plan sera détaillé, précis, plus ce travail de rédaction sera pertinent et facile.

Voici comment se présente et s’organise une partie de commentaire :

  • saut d’une ou deux lignes après l’introduction ou la partie précédente
  • alinéa — Court paragraphe correspondant à l’annonce de l’axe [= I) sur le plan détaillé]
  • à la ligne et alinéa — Paragraphe correspondant à la première sous-partie [= a)]
  • à la ligne et alinéa — Paragraphe correspondant à la deuxième sous-partie [= b)]
  • [éventuellement] à la ligne et alinéa — Paragraphe correspondant à la troisième sous-partie [= c)]
  • à la ligne et alinéa — Court paragraphe de transition vers la partie suivante.
  • Chaque partie commence par une présentation de l’axe.
  • Chaque sous-partie contient :
    • un ou plusieurs arguments qui soutiennent l’axe ;
    • des citations précises et courtes du texte ;
    • des commentaires rigoureux des procédés littéraires utilisés et de leurs effets à la lecture ;
    • des connecteurs logiques (voir Fiche p. 530).
  • Entre deux parties, le paragraphe de transition témoigne de la progression de votre écrit.
Attention, ne pas faire apparaître les titres, numéros et lettres associés aux parties / sous‑parties sur la copie.

S'EXERCER

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7
★★★

a. Lisez le texte suivant et formulez une problématique et les axes du commentaire.

b. Au brouillon, envisagez un plan détaillé.

c. Rédigez un axe du commentaire.

  Dans la trouée des saules et des eucalyptus, on distinguait déjà la blancheur du désert et les montagnes mauves du Zagros, d’une découpure très provençale. Et dans la nature, exactement cette même intimité molle et dangereuse qu’on trouve parfois, les nuits d’été, aux abords d’Arles ou d’Avignon. Mais une Provence sans vin, ni vantardises ni voix de femmes ; en somme, sans ces obstacles ou ce fracas qui d’ordinaire nous isole de la mort. Je ne m’étais pas plutôt dit cela que j’ai commencé à la sentir partout, la mort : les regards qu’on croisait, l’odeur sombre d’un troupeau de buffles, les chambres éclairées béant sur la rivière, les hautes colonnes de moustiques. Elle gagnait sur moi à toute allure. Ce voyage ? un gâchis… un échec. On voyage, on est libre, on va vers l’Inde… et après ? [...] Tout n’était plus qu’effondrement, refus, absence. À un tournant de la berge, le malaise est devenu si fort qu’il a fallu faire demi‑tour. [...]
  Curieux, comme tout d’un coup le monde s’abîme et se défile. Peut-être le manque de sommeil ? ou l’effet des vaccins que nous avions refait la veille ? ou les Djinns qui – dit-on – vous attaquent, le soir, lorsqu’on longe un cours d’eau sans prononcer le nom d’Allah ? Moi, je crois plutôt ceci : des paysages qui vous en veulent et qu’il faut quitter immédiatement sous peine de conséquences incalculables, il n’en existe pas beaucoup, mais il en existe. Il y en a bien sur cette terre cinq ou six pour chacun de nous.

Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, 1963, La Découverte.
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4
★★☆

Lisez ce texte et rédigez un paragraphe sur les phénomènes d’exagération et la recherche d’images saisissantes. Les éléments surlignés seront cités et commentés.

  Après ça, rien que du feu et puis du bruit avec. Mais alors un de ces bruits comme on ne croirait jamais qu’il en existe. On en a eu tellement plein les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, tout de suite, du bruit, que je croyais bien que c’était fini ; que j’étais devenu du feu et du bruit moi‑même.
  Et puis non, le feu est parti, le bruit est resté longtemps dans ma tête, et puis les bras et les jambes qui tremblaient comme si quelqu’un vous les secouait de par‑derrière. [...] Dans la fumée qui piqua les yeux encore pendant longtemps, l’odeur pointue de la poudre et du soufre nous restait comme pour tuer les punaises et les puces de la terre entière.
  Tout de suite après ça, j’ai pensé au [...] colonel, lui, je ne lui voulais pas de mal. [...] C’est qu’il avait été déporté sur le talus, allongé sur le flanc par l’explosion et projeté jusque dans les bras du cavalier à pied, le messager, fini lui aussi. Ils s’embrassaient tous les deux pour le moment et pour toujours.
  Mais le cavalier n’avait plus sa tête, rien qu’une ouverture au-dessus du cou, avec du sang dedans qui mijotait en glouglous comme de la confiture dans la marmite. Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace.

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932, Gallimard.
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5
★★☆

Lisez ce texte et rédigez un paragraphe sur la nature inquisitrice du regard du docteur en vous concentrant sur le lexique, les temps et leurs valeurs, les figures de style, le rythme des phrases. Soignez vos citations.

  Le docteur mâchait et déglutissait sans arrêt, mais son regard implacable se posait sur chacun des siens, il parcourait la tablée, de haut en bas, de bas en haut, et Jean Calmet se désespérait d’être une fois de plus transpercé par ces yeux tout-puissants qui le fouillaient et le devinaient. Sous leur feu bleu, il devenait livide, tout de suite il se sentait transparent, complètement désarmé, incapable de dissimuler quoi que ce fût à ces terribles prunelles. Le docteur savait tout de lui, le docteur lisait en lui parce qu’il était le maître, et le maître demeurait épais, massif, impénétrable dans sa force serrée et rubiconde au soleil du soir.

Jacques Chessex, L’Ogre, 1973, Éditions Grasset.
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9
★★★

Lisez ce texte et faites-en le commentaire.

  – Je voudrais aller dans un bateau à moteur, dit-il en voyant Sara.
  Sara le lui promit. L’homme qui avait un bateau à moteur, celui dont parlait l’enfant, n’était arrivé que depuis trois jours et personne ne le connaissait encore très bien. Néanmoins Sara promit à son enfant de le faire monter dans ce bateau. Puis elle alla chercher deux brocs d’eau dans la salle de bains et elle le doucha longuement. Il avait un peu maigri et il avait l’air fatigué. Les nuits ne reposaient personne, pas même les enfants. Les premiers brocs vidés, il en réclama d’autres puis encore d’autres. Elle alla les chercher. Il riait sous l’eau fraîche, ressuscité. Une fois que ce fut fait, Sara voulut le faire déjeuner. Ici les enfants n’étaient jamais très pressés de manger. [...]
  Le fleuve coulait à quelques mètres de la villa, large, décoloré. Le chemin le longeait jusqu’à la mer qui s’étalait huileuse et grise, au loin dans une brume couleur de lait. La seule chose belle, dans cet endroit, c’était le fleuve. L’endroit par lui-même, non. Ils y étaient venus passer leurs vacances à cause de Ludi qui lui, l’aimait. C’était un petit village au bord de la mer, de la vieille mer occidentale la plus fermée, la plus torride, la plus chargée d’histoires qui soit au monde et sur les bords de laquelle la guerre venait encore de passer.
  Ainsi, il y avait trois jours de cela, exactement trois jours et une nuit, un jeune homme avait sauté sur une mine, dans la montagne, au-dessus de la villa de Ludi.
  C’était le lendemain de l’accident que l’homme qui possédait ce bateau était arrivé à l’hôtel.

Marguerite Duras, Les petits chevaux de Tarquinia, 1953, Éditions Gallimard.
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6
★★☆

Lisez ce texte et rédigez un paragraphe de commentaire à partir des éléments surlignés. Soignez vos citations.

Tuberculeuse en soin dans un sanatorium, la narratrice répond à la lettre de rupture de son amant.

  Je sais que « votre vieille amitié » est désintéressée et j’en aurai peut-être besoin un jour. Mais je ne pense plus à elle. Restez quiètement dans votre bonheur et ne vous souciez pas de moi. Votre esprit ne peut entendre ce soir les toux qui s’élèvent de plus en plus fort dans la nuit froide. [...] Celui‑là meurt de ma maladie ; un jour comme un autre, pourquoi échapperais‑je à ce sort ? [...] Si j’arrivais à vous faire sentir cette misère, vous vous hâteriez de l’oublier ; et pour vous rassurer, vous diriez ce que tout homme bien portant dit des lieux où l’on souffre : ce n’est pas si terrible qu’on le dit. Je ne vous dirai rien. Mais laissez-moi : vous ne pouvez plus être avec moi. Laissez-moi souffrir, laissez‑moi guérir, laissez-moi seule. Ne croyez pas que m’offrir l’amitié pour remplacer l’amour puisse m’être un baume ; c’en sera peut-être un quand je n’aurai plus mal. Mais j’ai mal ; et, quand j’ai mal, je m’éloigne sans retourner la tête. Ne me demandez pas de vous regarder par-dessus l’épaule et ne m’accompagnez pas de loin. Laissez-moi.

Marcelle Sauvageot, Laissez‑moi (Commentaire), 1934, rééd. Phébus, 2004.
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8
★★★

Lisez ce texte et faites-en le commentaire.

Jadis nos rois anciens, vrais pères et vrais rois,
Nourrissons de la France, en faisant quelquefois
Le tour de leur pays en diverses contrées,
Faisaient par les cités de superbes entrées.
Chacun s’éjouissait, on savait bien pourquoi :
Les enfants de quatre ans criaient : Vive le Roi !
Les villes employaient mille et mille artifices
Pour faire comme font les meilleures nourrices,
De qui le sein fécond se prodigue à l’ouvrir,
Veut montrer qu’il en a pour perdre et pour nourrir.
[...] Nos tyrans aujourd’hui entrent d’une autre sorte,
La ville qui les voit a visage de morte :
[...] Quand le tyran s’égaie en la ville qu’il entre,
La ville est un corps mort, il passe sur le ventre,
Et ce n’est plus du lait qu’elle prodigue en l’air,
C’est du sang. Pour parler comme peuvent parler
Les corps qu’on trouve morts, portés à la justice,
On les met en la place, afin que ce corps puisse
Rencontrer son meurtrier : le meurtrier inconnu
Contre qui le corps saigne est coupable tenu,
Henri, qui tous les jours vas prodiguant ta vie
Pour remettre le règne, ôter la tyrannie, [...]
Souviens-toi de quel oeil, de quelle vigilance
Tu cours remédier aux malheurs de la France ;
Souviens-toi quelque jour combien sont ignorants
Ceux qui pour être Rois veulent être tyrans.

Théodore Agrippa d’Aubigné, « Misères », Les Tragiques, 1616, éd. de Franck Lestringant, 1991, Éditions Gallimard.
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3
★☆☆

a. Quel temps est majoritairement utilisé dans l’extrait suivant ?

b. Rédigez un court paragraphe qui fait état de l’usage par l’auteur de ce temps pour sa valeur (voir Fiche p. 466), et de l’effet produit. Soignez la présentation de vos citations.

  L’une des rares choses que je sache de lui, en tout cas, est qu’il voulut assister à l’exécution, pour la première fois de sa vie. Il se leva dans la nuit pour se rendre sur les lieux du supplice, à l’autre bout de la ville, au milieu d’un grand concours de peuple. Ce qu’il vit, ce matin‑là, il n’en dit rien à personne. Ma mère raconte seulement qu’il rentra en coup de vent, le visage bouleversé, refusa de parler, s’étendit un moment sur le lit et se mit tout d’un coup à vomir.

Albert Camus, Réflexions sur la guillotine, 1957, Gallimard.

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2
★☆☆
Choisissez la ou les bonne(s) réponse(s) et expliquez vos choix.

1. Quelle(s) marque(s) témoigne(nt) d’un changement de partie ?
Un saut de ligne.     Un retour à la ligne.
Un saut de page.     Un alinéa.


2. Quels éléments doivent apparaître dans un paragraphe de commentaire ?
La problématique.    Au moins un argument.
Au moins une analyse fine d’un procédé.    Au moins une citation.
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