POINT DE PASSAGE 2



Le Creusot et la famille Schneider





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Le travail du feu à la fonderie

Jean-André Rixens, Les Fondeurs, 1887

Jean-André Rixens, Les Fondeurs, 1887, huile sur toile, 258 x 362 cm, musée de l’Homme et de l’Industrie, Le Creusot.

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Le Creusot, un « bagne industriel »

Ouvrier dans les usines du Creusot à l’âge de 13 ans, Jean‑Baptiste Dumay, socialiste et syndicaliste, en est chassé à 18 ans pour avoir tenté d’organiser une grève. Après plusieurs années d’exil, notamment en Suisse, il est élu député en 1889.

Le Creusot étant un modèle des mieux réussis en ce genre de bagnes industriels, où les ouvriers sont enrégimentés1, logés, numérotés et surtout surveillés, non seulement dans leurs fonctions de producteurs, mais encore dans leur vie privée, intime, nous croirions manquer à notre devoir de socialiste si, dans un moment où la question sociale passionne tout le monde, nous ne venions pas dévoiler au public l’organisation tyrannique de cette grande compagnie. […] C’est ainsi que prières, catéchisme, histoire sainte, messe, confession, communion, tout ce qui enfin peut abrutir la jeunesse, fait partie intégrante du programme des écoles, et nul n’est admis en apprentissage s’il n’a fait sa première communion. […]

Ajoutons à tous ces moyens de domination, qu’un grand nombre d’ouvriers et de commerçants sont locataires de la Compagnie, et qu’en cas de départ, il faut vider le local en même temps que l’atelier, mais c’est là le moindre des inconvénients, une fois le départ résolu. […] La plupart des commerçants et ouvriers établis en ville n’osent pas, pas plus que les ouvriers de l’usine, professer d’autres opinions politiques que celles de M. Schneider.


Jean-Baptiste Dumay, Un fief capitaliste, Le Creusot, 1891.

1. Organisés en régiments comme dans l’armée.

Jules Adler, Grève au Creusot, 1899

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Le Creusot face à la grève

Jules Adler, Grève au Creusot, 1899, 231 x 302 cm, Écomusée du Creusot‑Montceau.

Quels rapports les Schneider entretiennent‑ils avec les ouvriers du Creusot ?


carte Le Creusot

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C’est en 1836 que les frères Eugène et Adolphe Schneider, venus de Lorraine, rachètent une forge en Bourgogne. Ils bâtissent peu à peu une puissante entreprise familiale de sidérurgie, acquérant en 1876 un marteau‑pilon de 100 tonnes. La ville passe de 3 000 à 30 000 habitants entre 1850 et 1900. La famille Schneider est d’emblée très influente politiquement : Eugène devient ministre de l’Agriculture en 1851 tandis que son frère est élu maire du Creusot. Parfaits exemples des grands patrons paternalistes, ils sont toutefois contestés.

Questions

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Comparer des documents

1. Décrivez les conditions de travail des ouvriers. (Doc. 1 et 2)
2. Comparez les premières maisons ouvrières avec celle des Schneider. (Doc. 2 et 5)

3. Expliquez les avantages et défauts du paternalisme pour les ouvriers. (Doc. 2 et 3)

4. Expliquez comment se manifeste le désaccord vis‑à‑vis des Schneider. (Doc. 3 et 4)


Question de synthèse

5. Répondez à la problématique sous la forme d’un développement construit.

2
Le Creusot, une usine paternaliste

La grosse houille1 est simplement triée par des femmes qui enlèvent avec soin les parties terreuses et les morceaux de roches qui y sont contenus ; la plus petite est lavée pour la débarrasser des matières étrangères. […]

Aux hauts‑fourneaux, […] nous trouvons trois ouvriers, que l’énorme chaleur qu’ils endurent oblige à se vêtir seulement d’un pantalon de toile et d’une blouse très courte […].

M. Schneider, secondé un peu, nous devons le dire, par une population laborieuse, intelligente et économe, a su pourvoir seul à tout ; il n’a rien demandé à personne […]. Le rôle de l’État et du département s’est borné à l’exécution ou à l’achèvement des voies de communication nécessaires pour desservir les besoins nouveaux. […] On a construit la cité ouvrière de la Villedieu, non plus sur le principe du casernement dont on avait reconnu les inconvénients, mais sur celui de l’entier isolement des ménages. Chaque maison, bâtie en briques et pierres, se compose d’une chambre et d’un cabinet carrelés […]. Au‑dehors est la cave pour le vin et les provisions, et, par‑derrière, le jardin. […] L’ouvrier qui l’occupe paie, comme loyer, l’intérêt à 5 pour 100 de ce capital, soit 90 francs par an, avec la facilité, s’il a l’instinct de la propriété, d’acheter le logis et ses dépendances. À côté de la cité est le grand étang de la forge, où la Direction permet aux amateurs de pêcher à la ligne, mais non de jeter les filets.


Napoléon Vadot, Le Creusot, son histoire, son industrie, 1875.

1. Charbon.

maison famille Schneider
1

maison ouvrière Creusot
2

5
Maisons des Schneider et des ouvriers

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