COURS 2


Un monde du travail qui évolue





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Les idées socialistes

J’appartiens, vous le savez, à ce grand parti socialiste qui a uni toutes ses forces pour hâter l’émancipation complète des prolétaires et l’avènement d’une société plus harmonieuse et plus juste, où le travail sera souverain. […] Ces vastes lois ne seront possibles que par une réforme hardie de l’impôt qui demandera aux classes riches, jusqu’ici privilégiées, une plus large contribution […]. Avec vous tous, citoyens, avec tout le parti socialiste, avec la classe ouvrière et paysanne, toujours mieux organisée, avec les républicains qui veulent donner son sens plein à la République, je travaillerai à cette grande œuvre, qui sera une œuvre d’apaisement aussi bien que de justice.


Jean Jaurès, profession de foi à l’occasion de sa candidature aux élections législatives à Albi, 1906.



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Le monde paysan se modernise lentement

Le poids démographique. Avec la crise économique à la fin du XIXe siècle (la « Grande Dépression »), l’exode rural s’amplifie. Ce phénomène reste cependant assez limité et la France reste très rurale : les paysans forment encore 30 % des actifs en 1914 (doc. 1).

Une politique agricole. Les campagnes sont acquises très tôt à la République et les gouvernements républicains cherchent à protéger les paysans, notamment en adoptant des mesures protectionnistes. Les campagnes se politisent lentement : en 1907, les viticulteurs du Languedoc, touchés par des épidémies et la chute des prix, manifestent.

Des dynamiques de modernisation. Entre 1882 et 1892, le parc des faucheuses mécaniques double et celui des moissonneuses augmente de moitié. Les engrais sont de plus en plus utilisés et les progrès de la génétique permettent de créer des races plus performantes. Les coutumes et le mode de vie changent peu à peu, même si les outils et techniques traditionnels prédominent encore (doc. 2).

Vocabulaire

Génétique : application de la sélection et du croisement pour les espèces végétales et animales.

Prolétariat : selon une idée du philosophe et économiste allemand Karl Marx, il s’agit de la classe sociale des travailleurs, qui s’oppose à la classe des patrons, qui utilisent leur travail pour faire du profit.

Protectionnisme : doctrine visant à protéger le travail national et les productions nationales, le plus souvent en taxant plus lourdement les produits importés de l’étranger.

Syndicat : organisation professionnelle, reconnue par l’État, ayant pour but de défendre les intérêts de ses membres.

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Régler la « question sociale »

Des classes populaires dangereuses ? Certains journaux contribuent à forger l’image d’un prolétariat dangereux en dramatisant certains événements. Le gouvernement n’hésite pas à réprimer sévèrement les grèves et les manifestations (fusillade de Fourmies le 1er mai 1891).

Une législation intéressée. Les ouvriers représentent des millions d’électeurs que le gouvernement souhaite se concilier par des lois : protection contre les accidents du travail en 1898, limitation de la journée de travail en 1900, repos hebdomadaire en 1906, etc. Ces lois ne suppriment cependant ni les catastrophes (plus de mille morts lors de la catastrophe de Courrières en 1906) ni la misère.

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Une lente modernisation

Bien des indices montrent que les cultivateurs eux‑mêmes commençaient à dépenser plus d’argent que d’habitude pour leurs vêtements, pour leurs chaussures […], pour leur nourriture ou pour leur confort : c’est à ce moment‑là que s’introduisit dans les fermes l’usage de la vaisselle. Les dimanches et jours de fête d’abord, plus fréquemment ensuite et enfin tous les jours, on prit l’habitude de donner une assiette à chacun […]. La présence de trois facteurs et d’une receveuse des PTT en cette commune qui, vingt ans plus tôt, n’était pas jugée digne d’être desservie par un courrier à cheval dénote un changement notable […] du point de vue gouvernemental.


Roger Thabault, Mon village. Ses hommes, ses routes, son école (1848‑1914), 1944.

Décentrement

La Russie tsariste connaît une réforme agraire à partir du milieu du XIXe siècle.

réforme agraire Russie

En 1861, le tsar Alexandre II décide en effet d’abolir le servage. Désormais, les paysans peuvent racheter les terres par l’intermédiaire de la communauté du village appelée mir. Malgré ce droit de rachat, leur sort ne s’améliore pas vraiment et les paysans restent attachés au mir. Il faut attendre 1906 pour que le ministre Stolypine donne aux paysans les moyens de devenir entièrement propriétaires de leurs terres. Ces difficultés à résoudre efficacement la question agraire constituent l’une des raisons de la fragilité du régime.


Ouvriers et paysans s’organisent et se politisent, en réponse à de nombreuses évolutions. Celles‑ci sont parfois accélérées par l’intensification des flux migratoires.

Voir le cours 3

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Les grèves ouvrières

doc4

Le drapeau rouge est l’un des symboles majeurs des luttes ouvrières depuis la révolution de 1848.
Paul-Louis Delance, Grève à Saint‑Ouen, 1908, huile sur toile, 127 x 191 cm, musée d’Orsay, Paris.

Quelles sont les principales évolutions qui touchent les travailleurs entre 1870 et 1914 ?

Repères

Jean Jaures

Jean Jaurès
(1859-1914)

D’abord professeur de philosophie, il est ensuite élu député républicain en 1885. Il devient socialiste après la grande grève des mines de Carmaux en 1892, et défend les luttes ouvrières et syndicales. Il crée le journal L’Humanité, défend Alfred Dreyfus, participe à la création de la SFIO qui rassemble les différents mouvements socialistes français. En 1914, il s’oppose à la guerre et est assassiné par un nationaliste quelques jours avant le début de la Première Guerre mondiale.

Ouvriers et paysans de 1800 à 1914

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Ouvriers et paysans de 1800 à 1914


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Le monde ouvrier se transforme et s’organise

Mutations et améliorations. Les ouvriers sont de plus en plus nombreux, en particulier dans la métallurgie (doc. 1). Les salaires et les conditions de vie s’améliorent grâce aux luttes ouvrières, à la législation et à l’action de grands patrons paternalistes, comme les Schneider au Creusot. La crise économique de la fin du siècle entraîne cependant une forte hausse du chômage et de la précarité.

Un milieu politisé. Les partis se réclamant du prolétariat se multiplient et dans les années 1890 sont élus les premiers représentants des travailleurs, qui soutiennent les luttes et critiquent le gouvernement (doc. 3). Certains journaux représentent les mouvements ouvriers, comme L’Humanité, créé en 1904 par Jean Jaurès.

Les mobilisations collectives. Les grèves se multiplient (doc. 4), tout comme le nombre de syndicats, autorisés depuis 1884. Des fédérations de syndicats apparaissent à la fin du XIXe siècle, comme la Confédération Générale du Travail (CGT), créée en 1895.
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