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Jean-Paul Sartre, Huis Clos (1944)




Temps 1 : Au fil d'œuvre

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1

Dressez le portrait de chacun des personnages principaux.
a. Comment est-il mort ?

b. Qu’a-t-il fait pour arriver en Enfer ?

c. Développez son portrait physique et psychologique selon les informations données par la pièce.


2

Qu’est-ce qu’un « huis clos » ? Cherchez les différentes définitions possibles.

Temps 2 : Les enjeux du texte

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2. Se voir pour exister : réécrire le mythe de Narcisse


7
Texte C
a. Que se passe-t-il lorsque Narcisse aperçoit son reflet ?

b. Contre quoi le narrateur le met-il en garde ?

8
Texte D
a. Pourquoi Estelle a-t-elle besoin d’un miroir ?

b. En vous appuyant sur l’ensemble de la pièce, quels rapprochements pouvez-vous faire entre Estelle et Narcisse ?


9

a. Dans la même scène, de quoi Inès la menace-t-elle, au sujet de son image ?

b. Et vous, comment réagiriez-vous ?


10
Texte E
Comment comprenez-vous cette phrase ?



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4. La responsabilité, thème de l’existentialisme sartrien


14

Au moment où la porte s’ouvre, Garcin renonce à partir. Selon vous, fait-il preuve de lâcheté ou de courage ? Justifiez par des citations précises.


15

a. Selon Jean-Paul Sartre, sommes-nous libres ?
b. Comment juger notre vie ?


16

Pourquoi Garcin redoute-t-il d’être considéré comme un lâche ?


17
Textes G et H
a. Selon Jean-Paul Sartre, Garcin est-il un lâche ? Expliquez votre réponse.
b. Et selon vous ?


18
Synthèse
Quels points communs et quelles différences constatez-vous entre Huis clos et Conversations après un enterrement ? Expliquez votre réponse.


ORAL
Organisez le procès de Garcin, Estelle et Inès. Distribuez les rôles (défense, accusation, juges) et préparez votre plaidoyer.

Enregistreur audio

Huis clos, mise en scène de Robert Hossein
Doc. 4
Huis clos, mise en scène de Robert Hossein, avec Claire Nebout (Inès), Claire Borotra (Estelle) et François Marthouret (Garcin), Théâtre Marigny, 2000.



Texte B
Mais « l’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or, c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes.

Texte prononcé en préambule à l’enregistrement phonographique de Huis clos en 1965, publié par M. Contat et M. Rybalka dans Jean-Paul Sartre, Un théâtre de situations, 1973, Éditions Gallimard.

Tadeo di Bartolo, Enfer (détail), 1394, fresque, Collégiale de Santa Maria Assunta, San Gimignano, Italie.
Doc. 1
Tadeo di Bartolo, Enfer (détail), 1394, fresque, Collégiale de Santa Maria Assunta, San Gimignano, Italie.

Graham Dean, Petit miroir double, 2003 - 2007,
Doc. 2
Graham Dean, Petit miroir double, 2003 - 2007, aquarelle sur tissu indien fait main, 19 × 28 cm, coll. privée.

Ressources complémentaires

Retrouvez :

Un dossier numérique sur Jean-Paul Sartre, créé par la BnF ;

Une page de la BnF sur les Enfers, de l’Égypte ancienne à nos jours.



◈ Ressource complémentaire


Dante Alighieri, La Divine Comédie (XIVe siècle)


 La Divine Comédie est l'un des textes les plus célèbres de la littérature médiévale. Dante Alighieri y raconte le voyage aux Enfers et au Paradis qu'il aurait réalisé en compagnie du poète latin Virgile. Dans cet extrait, ils arrivent devant la porte des Enfers, sur laquelle un sinistre message est inscrit :

« Par moi l’on va dans la cité des pleurs ; par moi l’on va dans l’éternelle douleur ; par moi l’on va chez la race perdue.
La Justice mut mon souverain Auteur : me firent la divine Puissance, la suprême Sagesse et le premier Amour.
Avant moi ne furent nulles choses créées, mais éternelles et éternellement je dure : vous qui entrez, abandonnez toute espérance ! »

Ces paroles vis-je écrites en noir au-dessus d’une porte ; ce pourquoi je dis : — Maître1, douloureux m’en est le sens.
Et lui à moi, comme personne accorte2 : « Ici l’on doit laisser toute crainte ; toute faiblesse doit être morte ici.
Nous sommes venus au lieu où je t’ai dit que tu verrais les malheureux qui ont perdu le bien de l’intelligence. »


Dante Alighieri, La Divine Comédie, chant III, XIVe siècle, trad. de l'italien de Félicité de Lamennais, 1855.

1. Il s'agit du poète latin Virgile, qui accompagne Dante.
2. Aimable, avenante.


Texte A
GARCIN. – Ouvrez ! Ouvrez donc ! J’accepte tout : les brodequins, les tenailles, le plomb fondu, les pincettes, le garrot, tout ce qui brûle, tout ce qui déchire, je veux souffrir pour de bon. Plutôt cent morsures, plutôt le fouet, le vitriol, que cette souffrance de tête, ce fantôme de souffrance, qui frôle, qui caresse et qui ne fait jamais assez mal.

Jean-Paul Sartre, Huis clos, scène 5, 1944, Éditions Gallimard.

Texte D
ESTELLE. – Si vous me laissez toute seule, procurez-moi au moins une glace. […] Je me sens drôle. (Elle se tâte.) Ça ne vous fait pas cet effet-là, à vous : quand je ne me vois pas, j’ai beau me tâter, je me demande si j’existe pour de vrai.

Jean-Paul Sartre, Huis clos, scène 5, 1944, Éditions Gallimard

Texte G
GARCIN, la prenant aux épaules. – Est-ce que c’est possible qu’on soit un lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux ? Peut-on juger une vie sur un seul acte ? […] Je suis mort trop tôt. On ne m’a pas laissé le temps de faire mes actes.
INÈS. – On meurt toujours trop tôt – ou, trop tard. Et cependant la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n’es rien d’autre que ta vie.

Jean-Paul Sartre, Huis clos, scène 5, 1944, Éditions Gallimard.

Texte F
INÈS. – Je sais. Et vous, vous êtes un piège. Croyez-vous qu’ils n’ont pas prévu vos paroles ? Et qu’il ne s’y cache pas des trappes que nous ne pouvons pas voir ? Tout est piège. Mais qu’est-ce que cela me fait ? Moi aussi, je suis un piège. Un piège pour elle. C’est peut-être moi qui l’attraperai.
GARCIN. – Vous n’attraperez rien du tout. Nous nous courrons après comme des chevaux de bois, sans jamais nous rejoindre : vous pouvez croire qu’ils ont tout arrangé.

Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant, 1943, Éditions Gallimard.

Texte E
Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même.

Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant, 1943, Éditions Gallimard.

Sonate à trois, d’après Huis clos de Jean-Paul Sartre, chorégraphie de Maurice Béjart
Doc. 3
Sonate à trois, d’après Huis clos de Jean-Paul Sartre, chorégraphie de Maurice Béjart, avec Elisabet Ros, Kateryna Shalkina, Domenico Levré, Opéra de Paris, 2010.

Texte C
Narcisse est un très beau jeune homme. En se penchant au-dessus d’une source, il aperçoit son reflet.

[I]l est saisi par l’image de la beauté qu’il aperçoit. […] Admirant tous les détails qui le rendent admirable, sans le savoir, il se désire et, en louant, il se loue luimême ; quand il sollicite, il est sollicité ; il embrase et brûle tout à la fois. Que de fois il a donné de vains baisers à la source fallacieuse, que de fois il a plongé ses bras au milieu des ondes pour saisir la nuque entrevue, sans se capturer dans l’eau ! […] Naïf, pourquoi chercher en vain à saisir un simulacre fugace ? Ce que tu désires n’est nulle part ; détourne-toi, tu perdras ce que tu aimes ! Cette ombre que tu vois est le reflet de ton image : elle n’est rien en soi.

Ovide, Les Métamorphoses, livre III, 8 ap. J.-C., trad. du latin d’Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet, 2006, Bibliotheca classica selecta.

Jérôme Bosch, panneau de droite du triptyque, Le Jardin des délices, 1480-1505
Jérôme Bosch, L'Enfer, panneau de droite du triptyque Le Jardin des délices, 1480-1505, huile sur bois, 220 x 97 cm, musée du Prado, Madrid, Espagne.

Texte H
  Nous sommes seuls, sans excuses. C’est ce que j’exprimerai en disant que l’homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait. [... L]’existentialiste, lorsqu’il décrit un lâche, dit que ce lâche est responsable de sa lâcheté. Il n’est pas comme ça parce qu’il a un coeur, un poumon ou un cerveau lâche, il n’est pas comme ça à partir d’une organisation physiologique mais il est comme ça parce qu’il s’est construit comme lâche par ses actes. Il n’y a pas de tempérament lâche ; […] le lâche est défini à partir de l’acte qu’il a fait. Ce que les gens sentent obscurément et qui leur fait horreur, c’est que le lâche que nous présentons est coupable d’être lâche. Ce que les gens veulent, c’est qu’on naisse lâche ou héros.

Jean-Paul Sartre, L’Existentialisme est un humanisme, 1946, Éditions Gallimard, coll. Pensées.

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3. Le désir : entre comédie et tragédie


11
Doc. 3
Selon vous, cette représentation symbolique du désir des personnages est-elle fidèle à la pièce ?


12

Montrez que ce triangle amoureux est parfois comique, en vous appuyant sur des citations précises.


13
Texte F
Expliquez en quoi chaque personnage est un piège pour un autre, en vous référant à l'ensemble de la pièce.


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1. La réécriture des mythes de l’Enfer


3

a. Selon le garçon d’étage, quelles sont les questions systématiquement posées par les nouveaux arrivants ?

b. En quoi cela les rend-il ridicules, selon lui ?

4
Comment les nouveaux arrivants s’imaginent-ils l’Enfer ? Dressez la liste des clichés qui lui sont associés.


5

a. Dans la scène 1, comment Garcin comprend-il l’Enfer ?

b. Dans la scène 3, comment, lors de son arrivée, Inès s’imagine-t-elle l’Enfer ?

c. Que conclut Garcin, à la fin de la pièce ?


6

Texte A
a. Finalement, que ressent Garcin face à ce nouvel enfer ?

Texte B
b. Reformulez ce que signifie « l’enfer, c’est les autres », selon Jean-Paul Sartre.


Jean-Paul Sartre, Huis clos, suivi de Les mouches, 1944, Éditions Gallimard, coll. Folio, 1976.
Jean-Paul Sartre, Huis clos, suivi de Les mouches, 1944, Éditions Gallimard, coll. Folio, 1976.

Jean-Paul Sartre

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(1905-1980)

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