DOSSIER 3



Voter, un acte individuel ?





Doc. 3

L’exemple du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005



Le 29 mai 2005 se tient en France le référendum sur le traité constitutionnel européen. Il s’agit, pour les électeurs français, de se prononcer en faveur ou non de la ratification d’un traité établissant une Constitution pour l’Union européenne. Les mois précédant le scrutin sont l’occasion d’intenses débats qui mobilisent les Français (les exemplaires du traité constitutionnel font un succès de librairie) et divisent la classe politique, parfois au sein d’un même parti. Le soir du scrutin, le verdict tombe : les électeurs français rejettent le projet à 54,68 %.

Le vote au référendum de 2005 en fonction de la proximité partisane en 2007 (en %)


Le vote au référendum de 2005 en fonction de la proximité partisane en 2007 (en %)

La proximité partisane est mesurée en demandant aux personnes le parti dont elles se sentent le plus proches.
Bruno Cautrès, Sylvie Strudel, « Les traces du référendum du 29 mai 2005 dans la campagne présidentielle de 2007 », in CEVIPOF, Baromètre politique français, vague 4, 2007.
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Questions

1. Faites une phrase donnant le sens des données pour le Parti communiste français.


2. De quels partis les électeurs ayant le plus massivement voté « Non » au référendum sont-ils proches ? Le choix lors de cette élection est‑il lié au clivage entre gauche et droite ?


3. Montrez qu’entre les sympathisants d’un même parti la question européenne peut faire débat.

Doc. 2

Le choix d’un candidat est‑il basé sur des enjeux ?


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Questions

1. Donnez des exemples d’« enjeux » d’élections.


2. Expliquez de quelle manière les trois enjeux principaux des élections présidentielles influent sur le vote.


3. L’enjeu économique joue‑t‑il toujours de la même manière pour chaque élection ?

  Nous avons examiné la contribution potentielle de plusieurs enjeux sur le vote lors des élections présidentielles françaises. Les trois enjeux étudiés plus spécifiquement – l’économie, l’immigration et l’Europe – influencent particulièrement le vote […]. Ces enjeux ont pratiquement toujours une influence sur le choix présidentiel, et leur influence sur le vote persiste lorsque l’on introduit par des modèles statistiques d’autres variables habituellement explicatives du vote. Les électeurs français, quelles que soient leurs appartenances sociales ou leurs prédispositions idéologiques, ont tendance à « punir » le gouvernement pour une conjoncture économique mauvaise. De plus, […] leur opinion à l’égard de l’immigration, dans la mesure où elle est négative, les porte davantage vers la droite. En ce qui concerne l’Europe, s’ils sont favorables aux progrès de l’intégration européenne, ils ont davantage tendance à favoriser la gauche modérée indépendamment d’autres considérations […]. Il s’agit là de généralisations, mais de généralisations valables.

Richard Nadeau, Éric Bélanger, Michael S. Lewis-Beck, Bruno Cautrès et Martial Foucault, Le Vote des Français de Mitterrand à Sarkozy, Presses de Sciences Po, 2012.

Je fais le point

La théorie du vote sur enjeux affirme que les électeurs, autonomes et rationnels, se décident en fonction d’une conjoncture politique particulière, et relativise l’influence des variables sociales. Les électeurs sont capables d’identifier les problèmes les plus importants dans le débat politique (les enjeux de l’élection), de comparer les propositions des différents candidats et des partis, et d’effectuer leur choix en fonction de la proposition qui leur est la plus favorable. Le vote est de ce fait pour partie le résultat d’un positionnement individuel face à un contexte et à l’offre politique proposée.


Je m'auto-évalue

En vous basant sur les éléments vus dans ce dossier et dans le précédent (« Un vote sous influences ? »), complétez le schéma suivant avec les termes : enjeux de l’élection, lieu de résidence, genre, âge, niveau de diplôme, offre politique, religion, catégorie socioprofessionnelle, niveau et diversité du patrimoine possédé.


Variables explicatives du vote
Variables contextuelles Variables sociales
   

Découvrir
Doc. 1

L’isoloir, au service d’un citoyen émancipé



  Pendant des décennies, l’électeur rédige son bulletin sur une table placée sous le regard du président. Plus tard, il se rendra au bureau de vote avec un bulletin manuscrit ou imprimé. Mais de toute manière, c’est le président du bureau qui déposera à la place de l’électeur le bulletin dans l’urne. Au passage, il pourra, par transparence ou par toucher, en reconnaître le destinataire, et peut‑être le maculer aux fins d’annulation […]. L’adoption d’un système d’isolement et de l’enveloppe se heurtera en France à de multiples préventions. La loi ne sera votée qu’en 1913, après une quarantaine d’années de propositions et de discussions. […] Isoler l’électeur, c’est le protéger des pressions.

Michel Offerlé, Un homme, une voix ? Histoire sociale du suffrage universel, Gallimard, 2002, (1e édition en 1993).

Le premier vote des femmes, Pierre Mourgue, 1946.
Le premier vote des femmes, Pierre Mourgue, 1946.
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Questions

1. Pourquoi l’isoloir protège‑t‑il les électeurs des pressions ?


2. Selon vous, pourquoi certains partis politiques peuvent‑ils avoir intérêt à ce que le vote ne soit pas secret ?

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