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Texte 5


Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927)




Ressources complémentaires

Retrouvez un dossier de la BnF sur la propagande dans la presse pendant la Première Guerre mondiale.
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Entrer dans le texte

1
Quel personnage est le moins inquiet dans cet extrait ?


Les domestiques

2
Quelle image des domestiques est donnée par le narrateur (► Premier paragraphe) ? Éclairez votre réponse par des citations précises.


3
Quel effet est produit par le décalage entre le niveau de langue des personnages et celui du narrateur ?


Le narrateur

4

a. Selon le narrateur, qu'est-ce qui est surprenant dans les journaux ?

b. Texte écho Montrez que cet article illustre le constat du narrateur du Temps retrouvé.


5
GRAMMAIRE

a. Quelle est la valeur du présent dans les trois dernières phrases (► l. 28‑31) ?

b. Qui désigne le pronom « on » ?


6
Que dénonce le narrateur à la fin de l’extrait ?


Vers le commentaire

7
Comment Marcel Proust montre‑t‑il l’efficacité des articles de désinformation sur une partie de l’opinion ?


ORAL
Annoncez une mauvaise nouvelle en la faisant passer pour excellente. Inspirez-vous du texte écho et imitez le ton des anciennes informations radiophoniques.
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L'image

Comment fonctionne l’argumentation, dans cette image ?

Texte écho
Anonyme, « Camelote allemande... » (1914)

Le journal L’Intransigeant, tiré à environ 400 000 exemplaires par soir à la fin de la guerre, était depuis l’affaire Dreyfus le plus lu des journaux nationalistes français.

  Nos soldats ont pris l’habitude des balles allemandes et des shrapnells1. Et l’inefficacité des projectiles de nos ennemis est l’objet de toutes les conversations. Les shrapnells, en effet, éclatent mollement en l’air et tombent en pluie de fer inoffensive en s’enfonçant dans la terre sans éclater. De plus le tir est mal réglé. Et nos pioupious2 n’en parlent qu’en riant.

  Quant aux blessures causées par les balles, elles ne sont pas dangereuses. Un de nos amis qui revient de la frontière a pu constater que les balles allemandes traversent les chairs de part en part sans faire aucune déchirure. De sorte que les grands trains de blessés que notre ami rencontra étaient remplis de jeunes gens atteints par des balles et qui pourtant riaient avec une réconfortante bonne humeur.

Anonyme, « Camelote allemande, balles et blessures inoffensives », L’Intransigeant, 17 août 1914.


1. Obus chargés de balles qui sont projetées à l’explosion.
2. Terme familier et affectueux utilisé pour désigner les fantassins.

« La journée du poilu », après 1914, carte postale imprimée d’après un dessin anonyme
« La journée du poilu », après 1914, carte postale imprimée d’après un dessin anonyme, coll. privée.

Carte à système, vers 1917, coll. Kharbine-Tapabor.
Carte à système, vers 1917, coll. Kharbine-Tapabor.

photographie portrait Marcel Proust
Marcel Proust, Le Temps retrouvé (1927)

Fin août 1914, le narrateur rentre chez lui et découvre que Françoise, sa cuisinière, pleure parce qu’une de ses connaissances a été tuée à la guerre.

  Elle ne dormait plus, ne mangeait plus, se faisait lire les communiqués1, auxquels elle ne comprenait rien, par le maître d’hôtel qui n’y comprenait guère davantage, et chez qui le désir de tourmenter Françoise était souvent dominé par une allégresse patriotique ; il disait avec un rire sympathique, en parlant des Allemands : « Ça doit chauffer, notre vieux Joffre2 est en train de leur tirer des plans sur la comète3. » Françoise ne comprenait pas trop de quelle comète il s’agissait, mais n’en sentait pas moins que cette phrase faisait partie des aimables et originales extravagances auxquelles une personne bien élevée doit répondre avec bonne humeur, par urbanité4, et haussant gaiement les épaules d’un air de dire  : « Il est bien toujours le même », elle tempérait ses larmes d’un sourire. [...]

  Le maître d’hôtel n’eût pu imaginer que les communiqués ne fussent pas excellents et qu’on ne se rapprochât pas de Berlin, puisqu’il lisait : « Nous avons repoussé, avec de fortes pertes pour l’ennemi, etc. », actions qu’il célébrait comme de nouvelles victoires. J’étais cependant effrayé de la rapidité avec laquelle le théâtre de ces victoires se rapprochait de Paris, et je fus même étonné que le maître d’hôtel, ayant vu dans un communiqué qu’une action avait eu lieu près de Lens, n’eût pas été inquiet en voyant dans le journal du lendemain que ses suites avaient tourné à notre avantage à Jouy‑le‑Vicomte5, dont nous tenions solidement les abords. Le maître d’hôtel savait, connaissait pourtant bien le nom, Jouy‑le‑Vicomte, qui n’était pas tellement éloigné de Combray6. Mais on lit les journaux comme on aime, un bandeau sur les yeux.
On ne cherche pas à comprendre les faits. On écoute les douces paroles du rédacteur en chef, comme on écoute les paroles de sa maîtresse. On est battu et content parce qu’on ne se croit pas battu, mais vainqueur.


Marcel Proust, Le Temps retrouvé, 1927.


1. Informations officielles que l’armée faisait publier par la presse.
2. Commandant en chef de l’armée française au début de la guerre.
3. Expression qui veut dire : « faire des projets sans fondement solide ». Le maître d’hôtel l’utilise donc sans la comprendre.
4. Mot soutenu désignant une politesse raffinée.
5. Jouy‑le‑Vicomte est un village inventé par Marcel Proust. Il le situe près de Combray, qu’il place ici au nord de Paris, près d’Amiens, donc à 80 km au sud de Lens.
6. Autre village imaginaire inspiré du village de l'enfance de Proust, Illiers, aujourd'hui Illiers-Combray en Eure‑et‑Loir.
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L'image

1
Qu’est-ce qui est surprenant sur cette carte postale ?


2

a.
Quel est le niveau de langue adopté ?

b. Quelle image est donnée des soldats ?


3
Selon vous, la propagande est‑elle plus efficace dans cette carte postale ou dans le texte écho ? Justifiez votre réponse.
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