Prolongement artistique et culturel


Les nouveaux enjeux de l’information




Temps 1 : Un nouveau vocabulaire pour de nouveaux enjeux

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1
Texte A et B
a. Pourquoi peut‑on dire que les termes « infox » et « fait alternatif » sont paradoxaux ?

b. Trouvez dans le Texte B un exemple qui illustre cette idée.


2
Texte A et B En vous appuyant à la fois sur la lecture des textes et celle de 1984 (► voir p. 404), expliquez en quoi le mot « fait alternatif » serait un « terme orwellien ».

Texte A
  Infox

  Comment traduire l’expression chère à Donald Trump ? La commission d’enrichissement de la langue française a finalement tranché, après plusieurs mois, pour traduire «  fake news  » par le terme « information fallacieuse » ou par le néologisme « infox », forgé à partir des mots « information » et « intoxication ». Des traductions qui vont s’imposer à toutes les autorités administratives.


« “Fake news” se dira “infox” en français », article de la rubrique « Pixels », Le Monde, 4 octobre 2018.

Texte B
  Faits alternatifs

  « Vous voyez ce cheval ? Dites-moi ce que c’est.
  – C’est un cheval.
  – Non, c’est un vaisseau spatial. »
  À travers tout un dialogue à la Alfred Jarry, le quotidien britannique The Guardian s’est amusé lundi 23 janvier à caricaturer les alternative facts, ou « faits alternatifs », ce concept inauguré la veille sur NBC par Kellyanne Conway, la conseillère à la Maison Blanche de Donald Trump.

  Celle‑ci tentait de justifier le fait que le porte-parole du 45e président des États-Unis, Sean Spicer, ait affirmé la veille que « sa cérémonie d’investiture fut la plus grande en termes d’audience », alors que les photos de l’événement montrent le contraire. [...] Le « fait alternatif », terme orwellien s’il en est, a été très critiqué par la presse américaine, qui y voit à la fois une stratégie pour affaiblir les médias comme contre‑pouvoir, et une inquiétante menace pour la démocratie.


« Faits alternatifs, fake news, post-vérité, petit lexique de la crise de l’information », article de William Audureau dans la rubrique « Les Décodeurs », Le Monde, 25 janvier 2017.

Temps 2 : Internet est-il responsable d’une dégradation de l’information ?


Texte C
  Post-vérité

  « Post-truth », en anglais, fut le mot de l’année 2016, selon l’Oxford Dictionnary. Il se rapporte, explique la publication britannique, aux « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que ceux qui font appel à l’émotion ou aux croyances personnelles ».

  [...] C’est véritablement avec la campagne britannique sur le Brexit et la campagne présidentielle américaine que l’expression s’est démocratisée. Le 12 juillet, la rédactrice en chef du Guardian explique dans un long édito que « si les faits étaient une devise1, alors ils viendraient de subir une sérieuse dévaluation2 », dont elle rend la structure même d’Internet responsable : la multiplication des sources et la prolifération des informations contradictoires, et parfois ouvertement mensongères, ont rendu l’exigence de vérité moins urgente qu’autrefois.

  L’idée ne va pas sans poser de soucis : elle peut laisser croire que la vérité était auparavant chose acquise, au moins comme valeur. Ce serait faire peu de cas de célèbres exemples de désinformation gouvernementale, comme le trajet du nuage radioactif qui aurait esquivé les frontières françaises en 1986, ou les fausses preuves d’armes de destruction massive ayant servi de justification à l’intervention américaine en Irak en 2003.


« Faits alternatifs, fake news, post‑vérité, petit lexique de la crise de l’information », article de William Audureau dans la rubrique « Les Décodeurs », Le Monde, 25 janvier 2017.


1. Monnaie.
2. Diminution de valeur.
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3
Texte C Pourquoi internet serait‑il responsable de la diminution de l’importance des faits vérifiés ?


4
Texte C Quels arguments William Audureau oppose‑t‑il à cette responsabilisation d’internet ?


5
En lien avec le monde des médias, quel mot vous semble représentatif de cette année ? Justifiez votre choix.

Catherine Meurisse, « Les jeunes accros aux réseaux sociaux (mais pas aux journaux) »
Catherine Meurisse, « Les jeunes accros aux réseaux sociaux (mais pas aux journaux) », Télérama, 3 novembre 2014.


Temps 3 : Quelles solutions pour les internautes ?