Débat 2


Les codes esthétiques ébranlés : l’exemple du nu féminin




Au XIXe siècle, le Salon connaît un immense succès : cette exposition officielle permet aux artistes de se faire connaître, et aux critiques d’exercer leur influence.

Être exposé au Salon n’est cependant pas facile : en effet, les œuvres sont soumises à un jury présidé par l’Académie des Beaux-Arts, garante des codes esthétiques classiques. En 1863, 3 000 œuvres sont refusées sur les 5 000 présentées ; Napoléon III crée alors un « Salon des Refusés ».

Les salons sont ainsi le lieu de scandales lorsque certains artistes ne respectent pas les codes esthétiques de l’Académie, par exemple lorsqu’ils utilisent le grand format pour un sujet autre qu’historique, ou lorsqu’ils représentent une femme dont la nudité n’est pas idéalisée mais, au contraire, peinte ou sculptée avec réalisme.

Le spectateur impliqué

Voir les réponses

1
Doc. 1, 2, 3 et 4
a. En vous appuyant sur les ressources complémentaires proposées, expliquez pourquoi chacune de ces œuvres a fait scandale.

b. Ces œuvres vous choquent‑elles aujourd’hui ?


2
Texte A et doc. 1
a. Que reproche Théophile Gautier aux Baigneuses ?

b. À votre avis, quels sont, selon lui, les critères d’une œuvre d’art réussie ?


3
Texte B et doc. 4
a. Pourquoi Émile Zola apprécie‑t‑il Olympia ?

b. Comparez ses arguments avec ceux de Théophile Gautier dans le texte A.


4
Doc. 3 et 4
a. Observez le regard de la jeune femme sur ces deux tableaux. Quel point commun constatez‑vous ?

b. Quel effet l’artiste cherche‑t‑il à produire sur les spectateurs et particulièrement sur les hommes ? Appuyez‑vous, si besoin, sur les documents numériques pour répondre.


5
En quoi Courbet, Manet et Clésinger ont‑ils révolutionné les codes esthétiques ?


ORAL
Choisissez l’une de ces œuvres et prononcez un discours pour la défendre devant un public outré.
Enregistreur audio

Édouard Manet, Olympia,
Doc. 4
Édouard Manet, Olympia, 1863, 130 × 191 cm, musée d’Orsay, Paris.

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863
Doc. 3
Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863, huile sur toile, 208 × 265 cm, musée d’Orsay, Paris.

Ressources complémentaires

Retrouvez :

Texte B
  Et tout le monde a crié : on a trouvé ce corps nu indécent ; cela devait être, puisque c’est là de la chair, une fille1 que l’artiste a jetée sur la toile dans sa nudité jeune et déjà fanée. Lorsque nos artistes nous donnent des Vénus, ils corrigent la nature, ils mentent. Édouard Manet [...] nous a fait connaître Olympia, cette fille de nos jours, que vous rencontrez sur les trottoirs et qui serre ses maigres épaules dans un mince châle de laine déteinte.


Émile Zola, L’Événement illustré, 10 mai 1868.


1. Une prostituée.

La représentation réaliste