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Programme officiel (B.O. du 22 janvier 2019)
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Programme officiel (B.O. du 22 janvier 2019)



Formation culturelle et interculturelle

L’apprentissage des langues étrangères a pour objectif premier d’assurer la communication entre des locuteurs de différentes cultures. Dès son entrée au lycée, l’élève poursuit et accélère son exploration de plus en plus exhaustive de l’ancrage culturel propre à chaque langue. La langue vivante étrangère lui permet ainsi d’appréhender un univers nouveau, de se confronter à un monde plus ou moins éloigné de son univers habituel et de trouver, dans l’écart et la différence avec sa propre culture, un enrichissement qui le construira tout au long de sa vie. [...] La thématique Gestes fondateurs et mondes en mouvement comporte, au cycle terminal, huit axes, qui peuvent être exploités à des degrés divers dans les différentes langues, en respectant l’ancrage culturel propre à chaque aire géographique. Pour chacune des deux années, les professeurs abordent au moins six axes sur les huit de la liste, selon un ordre qu’ils choisissent, chacun d’eux étant envisagé à travers une ou deux séquences.

8 axes d’étude

1
Identités et échanges

Quel rôle joue la mondialisation dans le dynamisme de la vie sociale, culturelle et économique dans chaque aire géographique ? Favorise‑t‑elle la diversité ou la menace‑t‑elle ? Entraîne‑t‑elle une affirmation de la particularité ? Modifie‑t‑elle la particularité locale ou individuelle au profit d’une « citoyenneté mondiale » ? La mobilité (intellectuelle, physique...) caractérise le monde actuel et implique la multiplication des contacts, des échanges, des partenariats tout en posant les questions de l’acculturation, de l’intégration, de l’adaptation, de l’inclusion, etc. Cette mobilité suppose le franchissement de frontières géographiques et politiques. Les questions liées à l’ouverture et à la fermeture des frontières sont à la source de nombreuses tensions qui sont traitées différemment selon l’histoire et la culture des zones géographiques concernées. Le terme de frontière est appréhendé dans ses différentes acceptions (frontière historique, culturelle, linguistique, etc.). Les élèves réfléchissent en particulier aux frontières qui existent au sein d’une société entre des groupes différents (entre générations, groupes sociaux, quartiers, clans...).

2
Espace privé et espace public

Comment la frontière entre espace public et espace privé est‑elle tracée en fonction des cultures, des croyances, des traditions et comment évolue‑t‑elle dans le temps dans chaque aire géographique étudiée ? L’espace privé (l’habitation) prend des formes et des dimensions variables et s’ouvre sur l’extérieur (la rue, les regards, les invités...) selon des modalités multiples. Par exemple, les femmes ont longtemps été, ou sont encore, cantonnées à la sphère privée ; leur accès à la sphère publique (politique, professionnelle, médiatique, sociale) est un mouvement général qui reste d’actualité. La redistribution des rôles au sein de la famille est une conséquence de cette émancipation. Comment s’opèrent les mutations au sein de ces deux espaces privé et public (famille, espaces de sociabilité, travail...) ?

3
Art et pouvoir

Comment le rapport entre art et pouvoir définit‑il les caractéristiques de chaque aire géographique étudiée à différentes époques ? Le pouvoir s’est toujours appuyé sur l’art et les artistes pour être célébré, légitimé ou renforcé. Lorsque l’artiste dépend du pouvoir politique ou économique, son œuvre peut‑elle prendre la forme d’une contestation de celui‑ci ? Le rapport entre art et pouvoir donne lieu à diverses interrogations : l’art est‑il au service du pouvoir ? Le pouvoir sert‑il l’art ? L’art peut‑il être un contre‑pouvoir ? L’art est‑il une forme d’expression politique ? Peut‑on concilier liberté de création et contraintes diverses ? Il conviendra d’étudier comment ce rapport à l’art a évolué dans l’histoire pour chaque culture étudiée.

4
Citoyenneté et mondes virtuels

Comment les rapports du citoyen au pouvoir sont‑ils organisés et comment ces relations sont‑elles modifiées par le développement du numérique ? Dans un monde numérisé et ultra‑connecté qui a profondément changé la nature des rapports humains, comment évoluent les relations entre le citoyen et le pouvoir ? Restent‑elles identiques quelle que soit l’aire culturelle portée par la langue étudiée ? Les nouveaux espaces virtuels semblent représenter un progrès dans le partage de l’information, l’accès au savoir et la libre expression de chacun. Le recours massif aux médias numériques conduit cependant à s’interroger sur ses conséquences, tantôt sur le plan individuel (difficulté à hiérarchiser l’information et à démêler le vrai du faux, réduction de l’engagement réel au profit de l’engagement virtuel, permanence des traces numériques avec atteinte éventuelle à la vie privée, repli sur soi, nouveaux repères sociaux), tantôt sur le plan collectif : les intelligences collectives développent des espaces collaboratifs (encyclopédies collaboratives, wikis, moocs, webinaires, réseaux sociaux...) qui refondent, au moins en apparence, la nature des relations sociales.

5
Fictions et réalités

Quels sont les modèles historiques, sociaux ou artistiques dont chaque population a hérité et quels sont ceux qu’elle recherche ? Pourquoi se reconnaît‑on dans une telle représentation et comment reconstruit‑on son propre modèle éthique, esthétique, politique ? Les récits, qu’ils soient réels ou fictifs, écrits ou oraux, sont à la base du patrimoine culturel des individus et nourrissent l’imaginaire collectif. Comment sont véhiculés les croyances, mythes, légendes qui constituent le fondement des civilisations et transcendent parfois les cultures ? Les figures du passé demeurent‑elles des sources d’inspiration et de création ? Comment les icônes modernes deviennent‑elles l’incarnation de nouvelles valeurs ? Les mondes imaginaires offrent à chacun l’occasion de s’évader de la réalité tout en invitant à une réflexion sur le monde réel : comment la réalité nourrit‑elle la fiction et comment, à son tour, la fiction éclaire‑t‑elle ou fait‑elle évoluer la réalité dans une aire culturelle donnée ?

6
Innovations scientitifiques et responsabilité

Quelles réponses chaque aire géographique étudiée apporte‑t‑elle aux bouleversements technologiques et scientifiques actuels ? Le progrès scientifique est à l’origine d’avancées très positives pour l’humanité, mais donne également lieu à de nombreuses interrogations sur certains effets induits concernant, en particulier, le réchauffement climatique, la réduction de la biodiversité, ou encore l’épuisement des ressources naturelles dans de nombreuses zones de la planète. La prise de conscience des dangers éventuels liés à ces innovations scientifiques nourrit une réflexion sur l’éthique du progrès dans une aire culturelle donnée. Le savant est‑il responsable des usages de ses découvertes ? Doit‑il s’impliquer dans la sphère publique pour peser sur les décisions politiques ? Quelle marge de manœuvre possède le citoyen pour faire entendre sa voix ? Comment les sociétés peuvent‑elles prévenir les dérives liées aux innovations technologiques ? L’axe invite à observer ces aspects de la question dans l’aire culturelle concernée et d’explorer les similitudes ou les singularités avec d’autres cultures.

7
Diversité et inclusion

Quelles sont les réponses apportées aux questions posées par l’évolution des sociétés de plus en plus diverses et ouvertes ? Les langues vivantes jouent un rôle fondamental pour l’insertion et la cohésion sociales dans des sociétés de plus en plus cosmopolites. L’étude de la diversité culturelle au sein d’une aire linguistique donnée ou de la variété linguistique au sein d’une aire culturelle favorise une réflexion sur le rapport à l’Autre et permet la mise en place de projets interculturels et plurilingues. D’autres formes de diversité peuvent être explorées : comment évoluent les relations intergénérationnelles ? L’inclusion de personnes handicapées est‑elle effective ? Quels éléments culturels conditionnent les relations entre les catégories sociales ? Les questions de la diversité et de l’inclusion gagnent à être abordées ensemble, à travers les arts, les sciences, le droit, la géopolitique, la sociologie, etc.

8
Territoire et mémoire

Comment s’est construit et se transmet l’héritage collectif dans une aire géographique donnée ? Les espaces régionaux, nationaux et transnationaux offrent des repères marquants (dates, périodes, lieux, événements, espaces saisis dans leur évolution temporelle, figures emblématiques, personnages historiques, etc.) et permettent de s’interroger sur la manière dont se construit et se transmet un héritage collectif. Les commémorations traduisent un besoin d’élaborer et d’exprimer des mémoires individuelles et collectives. La multiplication des lieux de mémoire pose la question de la relation complexe entre histoire et mémoires. À travers la notion d’héritage, les histoires individuelles se confondent avec le destin collectif ; ces points de rencontre et de tension entre les histoires personnelles et la histoire sont à l’origine de nombreux récits (du témoignage au roman historique).

6 activités langagières

La réception : compréhension de l’oral et de l’écrit

Parmi les situations de compréhension de l’oral (écouter et comprendre) on trouve, par exemple : écouter des annonces publiques, s’informer (médias), être spectateur (cinéma, théâtre, etc.). Parmi les activités de compréhension de l’écrit (lire), on trouve par exemple : lire pour s’orienter, s’informer ou suivre des instructions, lire pour le plaisir, etc.

La production : expression orale et expression écrite

Parmi les situations de production orale, l’élève peut être conduit à réaliser des annonces publiques réelles ou fictives, lire un texte travaillé à voix haute, chanter, exposer, commenter des données ou un événement, plaider, etc. Parmi les activités d’écriture, l’élève peut prendre un message sous la dictée, écrire des articles de presse, réaliser des affiches, rédiger des notes, des comptes rendus, des résumés et des synthèses, écrire des courriels, réaliser des écrits créatifs, etc.

L’interaction : orale et écrite

En situation d’interaction, l’élève échange avec un ou plusieurs interlocuteurs. L’interaction orale se déroule essentiellement sous la forme de discussions formelles ou informelles, débats, interviews, tours de parole, etc. L’interaction écrite prend de plus en plus d’importance au quotidien avec le développement des réseaux sociaux et outils nomades de la communication : courriel, SMS, tweet, etc.

À l’articulation des activités langagières : la médiation

La médiation introduite dans le CECR consiste à expliciter un discours lu et entendu à quelqu’un qui ne peut le comprendre. En termes scolaires, elle se traduit en une série d’exercices qui vont de la paraphrase à la traduction. À l’oral comme à l’écrit, l’élève médiateur :
  • prend des notes, paraphrase ou synthétise un propos pour autrui, par exemple à l’intention de ses camarades en classe ;
  • identifie les repères culturels inaccessibles à autrui et les lui rend compréhensibles ;
  • traduit un texte écrit, interprète un texte oral ou double une scène de film pour autrui ;
  • anime un travail collectif, facilite la coopération, contribue à des échanges interculturels, etc.

La médiation place l’élève en situation de valoriser l’ensemble de ses connaissances et compétences.
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