Cyclades
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Les grandes découvertes : vers un nouveau monde
Ch. 2
Moby Dick : sur les traces d'une baleine mythique
Ch. 3
Dire toutes les nuances de l'amour
Ch. 4
Roméo et Juliette, une tragédie amoureuse adaptée au cinéma
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Ch. 11
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Dénoncer la guerre : Mémoires d'un rat de Pierre Chaine
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Antigone : Une voix face au pouvoir
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Sommes-nous maitres de la nature ?
Ch. 23
La ville entre chien et loup
Ch. 24
D'un étonnement à un autre
La langue au cycle 4
Lexique
Grammaire
Conjugaison
Orthographe
Méthode
EPI
Chapitre 4
Texte et image

Verdun

Je lis un extrait évoquant l'une des batailles les plus meurtrières de la Grande Guerre.

Texte

Juvenet et Ferdinand sont à Verdun, lieu de l'une des batailles les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale.

Le champ de bataille de Verdun pouvait se diviser en trois zones, qui se succédaient de l'arrière à l'avant.
La première ne possédait pas du côté de l'arrière une frontière précise. Elle commençait où tombaient les derniers obus et s'étendait jusqu'à la zone des boyaux.
L'entrée dans la zone des boyaux n'était pas déterminée, comme on pourrait le croire par l'existence matérielle de ces derniers, mais par le moment où la prudence exigeait qu'on y descendît.
À cette époque, ce point psychologique était marqué géographiquement par le tunnel de Tavannes.
On ne saurait exagérer le rôle que joua ce tunnel dans la défense de Verdun. C'était le seul abri pour les réserves, pour les blessés, pour les munitions et pour les vivres. On y goûtait la plus douce satisfaction qu'on puisse éprouver sous les obus ; celle de sentir une montagne sur sa tête. Là, s'accumulaient les biscuits, la chandelle et l'alcool solidifié. [...]
Le moment arriva pourtant où à notre tour il fallut sortir.
La zone des boyaux nous sembla courte. […]
À mesure que nous avancions, les parapets s'abaissèrent peu à peu de chaque côté et le fossé ne devint guère plus profond que ceux qui longent les grandes routes : puis brusquement le boyau ne fut plus qu'une piste à peine tracée au milieu des trous d'obus. C'était la troisième zone qui commençait.
Il fallait bien trois quarts d'heure environ, à des hommes chargés, pour traverser la nuit le terrain découvert qui nous séparait encore des premières lignes. Bien que je n'aie jamais vu l'Océan, je crois pouvoir donner une idée exacte du panorama en le comparant à une mer qui se serait figée au plus fort de la tempête.
Qui donc aurait pu se douter que nous traversions une forêt, si les cartes n'avaient pas donné la dénomination de bois à ces déserts pétrifiés où quelques souches noircies demeuraient les seuls vestiges des anciens ombrages ? Les oiseaux et tous les autres animaux avaient abandonné depuis longtemps ces champs maudits, à l'exception des mouches, des vers et des hommes qui, seuls, avaient pu s'y maintenir. Je puis affirmer que j'étais l'unique rat de toute la contrée.
Le chemin n'était qu'une succession de montées et de descentes pour passer d'un entonnoir dans un autre. Combien de fois Juvenet ne tomba-t-il pas sur les genoux en franchissant ces vagues solidifiées ! Mais, après chaque chute, il se relevait dans un sursaut d'énergie, car le spectacle des corps mutilés qui pourrissaient tout le long de cette voie n'était pas pour engager même les plus las1 à céder à leur fatigue. […]
succinctement2 Rapidement. et s'éclipsèrent avec la précipitation de gens qui ne voudraient pour rien au monde changer leur sort contre le nôtre.
Restés seuls, notre première impression fut celle d'un isolement terrible. Murés entre deux zones de mort, nous nous sentions déjà retranchés des vivants.
Pierre Chaine
Mémoires d'un rat, partie III, chapitre 6, © Éditions Magnard, 2015.

1. Fatigués.
2. Rapidement.


Pierre Chaine

(1882-1963)


Pierre Chaine (1882-1963) est un écrivain français. Quand éclate la Première Guerre mondiale, il est très tôt envoyé au combat. C’est dans les tranchées, en 1915, qu’il écrit le récit satirique qui le rendra célèbre : Mémoires d’un rat, d’abord publié en feuilleton dans un journal pacifiste très populaire. En 1918, Pierre Chaine écrira la suite : Commentaires de Ferdinand, ancien rat de tranchées.

Le tunnel de Tavannes
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Crédits : MEPL/Rue des Archives

Le tunnel de Tavannes.

Soldats français durant la bataille de Verdun
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Crédits : General Photographic Agency/Getty

Soldats français durant la bataille de Verdun, photographie, 1916.

Une forêt calcinée
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Crédits : Rue des Archives/RDA

Une forêt calcinée, image publiée dans Le Miroir, 10 décembre 1916.

Verdun, après la guerre
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Crédits : B. Barbier/Akg

Verdun, après la guerre (fort de Douaumont).

Questions

Questions

J'interprète des textes littéraires en formulant des impressions de lecture

Trois zones


1. Qu'est-ce qui caractérise chacune des trois zones évoquées dans l'extrait ?

2. Comment le tunnel de Tavannes est-il décrit ? Que représente-t-il ?

3. a. Dans quelle zone le régiment de Juvenet se rend-il ?
b. Comment le trajet est-il décrit ?

4. À chaque chute, Juvenet se relève rapidement malgré la fatigue. Pour quelles raisons ?


« Retranchés des vivants »


5. a. À quoi le paysage est-il assimilé aux lignes 39 à 41 (« Le chemin n'était qu'une succession de montées et de descentes pour passer d'un entonnoir dans un autre. ») ?
b. Que souligne cette figure de style ?

6. a. Quels sont les seuls êtres vivants à être encore présents dans cette zone ?
b. Qu'est-ce que cela montre sur la place qui est laissée à l'homme ?

7. a. Quelle image est donnée de la guerre et des soldats dans cet extrait ?
b. Comparez avec les récits de guerre évoqués .

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