COURS 2


Tensions sociales et agonie de la IIe République (juin 1848 - décembre 1851)





2
La répression des ouvriers en juin 1848

Horace Vernet, Combats dans la rue Souffl ot, Paris, 25 juin 1848
Horace Vernet, Combats dans la rue Soufflot, Paris, 25 juin 1848, 1848‑1849, huile sur toile, 36 x 46 cm, Deutsches Historisches Museum, Berlin.

3
Le parti de l’Ordre au pouvoir

Le retour des conservateurs. Les élections législatives des 13 et 14 mai 1849 sont remportées par les conservateurs. Les républicains radicaux et socialistes font une percée importante (35 % des voix) tandis que les modérés, en net recul, se rallient peu à peu au parti de l’Ordre. Celui‑ci limite les libertés et réprime les opposants politiques : la socialiste Jeanne Deroin est par exemple emprisonnée en mai 1850.

La restriction du suffrage universel. Inquiet de la montée en puissance des radicaux et des socialistes, le parti de l’Ordre restreint les conditions d’inscription sur les listes électorales : il faut désormais résider à un endroit fixe depuis trois ans, payer des impôts et ne jamais avoir été condamné par la justice. La plupart des ouvriers et les paysans pauvres sont ainsi écartés des scrutins.

Repères

Jeanne Deroin (1805-1894)

Jeanne Deroin
(1805-1894)

Cette ancienne ouvrière devenue institutrice s’engage en politique à partir de 1848 et défend des idées socialistes et féministes. Elle collabore au journal d’Eugénie Niboyet La Voix des femmes, écrit dans d’autres publications et fonde des associations destinées à propager et à mettre en œuvre les idées socialistes. Elle tente de se présenter aux élections législatives de 1849, mais elle est vivement critiquée par les hommes, même socialistes. Elle est emprisonnée pour subversion politique de mai 1850 à juillet 1851 et s’exile à Londres après le coup d’État de Louis‑Napoléon Bonaparte.


Les tensions politiques et sociales entraînent la victoire du parti de l’Ordre. Élu président de la République, Louis‑Napoléon Bonaparte entreprend de renverser le régime.

Voir le cours 3

3
Les institutions de la IIe République

 Les institutions de la IIe République

1
Les critiques contre les Ateliers nationaux

Les Ateliers nationaux ne rendent à l’État qu’un produit dérisoire et hors de proportion avec ses immenses sacrifices. L’inaction n’y est plus la conséquence d’une organisation improvisée et défectueuse ; elle y est devenue systématiquement hostile au travail lui‑même. […] On y est entré parce qu’on n’avait pas d’ouvrage ; on refuse d’en sortir lors même que l’ouvrage se présente, ou bien l’on impose des conditions inacceptables. […] Les Ateliers nationaux, on ne peut vous le dissimuler, ne sont plus aujourd’hui, au point de vue industriel, qu’une grève permanente et organisée à cent soixante‑dix mille francs par jour, soit quarante‑cinq millions par an ; au point de vue politique, un foyer actif de fermentation menaçante.


Comte de Falloux, discours à l’Assemblée constituante, 29 mai 1848.

Écho des temps

La révolution égyptienne de 2011 aboutit, après plusieurs semaines de manifestations, au départ du général Mubarak, qui dirigeait le pays depuis 1981. Des élections sont organisées. Elles sont remportées par les Frères musulmans, un parti politique islamiste dont le projet est d’imposer le droit religieux dans le pays.

La révolution égyptienne de 2011

En 2013, les Égyptiens descendent une nouvelle fois dans les rues par millions pour chasser les Frères musulmans du pouvoir. Mais cette fois, l’armée reprend le pouvoir et met à la tête de l’État le maréchal Sissi. Les libertés sont fortement limitées et les opposants politiques, islamistes comme démocrates, sont persécutés.
Comme en 1848 en France, la révolution égyptienne de 2011 a ainsi été rapidement suivie par le retour d’un régime autoritaire.

Comment les tensions sociales et politiques remettent‑elles en cause les avancées démocratiques de la IIe République ?


2
L’élection de Louis‑Napoléon Bonaparte

La Constitution de la IIe République. Les députés adoptent une Constitution démocratique fondée sur une stricte séparation des pouvoirs (doc. 3). L’Assemblée nationale et le président de la République sont élus au suffrage universel masculin direct. En cas de conflit, aucune de ces institutions ne peut s’imposer à l’autre. Aucun droit politique n’est accordé aux femmes.

L’élection présidentielle. Louis‑Napoléon Bonaparte, neveu de l’empereur Napoléon Ier, se présente face à Cavaignac, le candidat des républicains modérés. Bonaparte a peu d’expérience politique, mais il bénéficie du prestige de son nom et parvient à rallier une partie des conservateurs et des libéraux. L’élection du 10 décembre 1848 est un triomphe pour Bonaparte, qui obtient 74 % des voix.

1
Juin 1848 : les espoirs déçus du monde ouvrier

Des tensions accrues entre modérés et ouvriers. Après les élections d’avril 1848, le mouvement ouvrier organise des manifestations massives pour mettre l’Assemblée sous pression. Les députés républicains modérés et conservateurs dénoncent les Ateliers nationaux comme inutilement coûteux et comme des foyers de subversion politique (doc. 1).

Les journées de juin. Le 21 juin, un décret pris par la Commission exécutive, sans consultation de l’Assemblée, prépare la dissolution des Ateliers nationaux. En réaction, 400 barricades sont dressées dans Paris le 23 juin. L’Assemblée charge le ministre de la Guerre, Eugène Cavaignac, de mener une violente répression (doc. 2) : des centaines d’insurgés sont tués sur les barricades, des milliers exécutés sommairement à la suite des combats ou emprisonnés. Les principaux dirigeants ouvriers sont arrêtés ou contraints à l’exil. Les liens entre la République et les mouvements ouvriers et socialistes sont rompus.


Vocabulaire

Commission exécutive : composée de cinq membres, dont Lamartine, Cavaignac et Ledru-Rollin, elle est désignée par l’Assemblée constituante pour succéder au gouvernement provisoire.

Liste électorale : document établi pour chaque bureau de vote afin d’éviter toute fraude, qui réunit les noms des électeurs ayant le droit d’y voter.

Subversion politique : activité qui vise le renversement du pouvoir en place.

Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Se connecter

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?