COURS 1


1
Des flux croissants aux causes multiples




C
Des causes politiques et environnementales

Des causes géopolitiques. Les migrants peuvent fuir les conflits (Doc. 1). On parle de migration forcée quand la menace est imminente, de migration contrainte si la menace est plus diffuse (fait d’habiter dans une zone de guerre). Certains groupes sont persécutés dans leur région d’origine en raison de leur culture, de leur religion ou de leurs opinions politiques. Tous ces migrants peuvent obtenir le statut de réfugié au nom du droit d’asile, si le pays d’arrivée estime leur cause de départ valide.

Des réfugiés environnementaux toujours plus nombreux mais sans statut. Avec le changement climatique, la montée des eaux, la multiplication de phénomènes climatiques violents et la désertification, de plus en plus de migrants quittent leur pays pour des raisons environnementales (Dossier). On compte déjà 40 millions de réfugiés climatiques. Les scientifiques estiment que ce chiffre pourrait atteindre les 200 millions à la fin du siècle. La création d’un statut international pour les réfugiés climatiques tarde cependant à voir le jour.

Le développement durable pour réduire les migrations climatiques. À long terme, la mise en oeuvre concrète des logiques de développement durable peut apporter une réponse à ces problématiques, en agissant sur les causes de ces migrations.

2
Migrations de retour et de voisinage en Amérique du Sud

Catherine Wihtol de Wenden est une politologue française spécialiste des migrations, et experte pour la Commission européenne et le Haut‑Commissariat aux Réfugiés de l’ONU. Elle a notamment souligné le retournement géohistorique de régions du monde qui oscillent au cours du temps entre terres d’émigration et d’immigration.

Environ 25 millions de Latino‑Américains résident en dehors de leur pays de naissance. La destination essentielle reste les États‑Unis. L’Amérique du Sud forme un système migratoire régional à part entière, dans la mesure où les pays de départ (Bolivie, Pérou, Colombie, Équateur) et les pays d’accueil sont devenus complémentaires en main‑d’oeuvre et en richesses (Brésil, Argentine, Chili, Venezuela).

On observe, avec la crise économique, un nouvel attrait pour l’Amérique du Sud et un retour des Sud‑Américains vers leur pays d’origine, car le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Pérou et la Colombie affichent depuis plusieurs années des taux de croissance supérieurs à 5 % tout en regorgeant de ressources minières et agricoles. On compte 4,7 millions de migrants en Amérique latine et aux Caraïbes (2017).


Catherine Wihtol de Wenden, Atlas des migrations, Autrement, 2018

Si les richesses ne vont pas là où sont les Hommes, les Hommes vont naturellement là où sont les richesses.
Alfred Sauvy, démographe, 1989

A
Une intensification des migrations internationales

Un nombre de migrants croissant mais qui ne pèse que 3,5 % de la population mondiale. En 2017, l’ONU estimait le nombre de migrants internationaux à 258 millions (dont 48 % de femmes). C’est trois fois plus que dans les années 1970 et ce chiffre s’accroît depuis les années 2000. Pourtant, les migrations ne concernent que 3,5 % de la population mondiale.

Des logiques de proximité. Historiquement, les conditions de transport faisaient que les migrants tendaient à rester dans des pays proches, à l’exception de ceux qui tentaient l’aventure vers un pays neuf comme les États‑Unis. Ainsi la France a‑t‑elle accueilli des vagues de main‑d’œuvre italienne et belge à la fin du XIXe siècle. Cette logique perdure de nos jours, avec par exemple les migrations du Mexique vers les États‑Unis (Doc. 2) ou des îles d’Océanie vers l’Australie. Les migrants privilégient également des pays d’accueil qui ont des liens culturels et historiques avec leur pays de départ.

Un effondrement des coûts de transport et de communication. Les moyens de communication et de transport sont plus abordables. Ils permettent de rester plus facilement en lien avec les territoires d’origine.

Vocabulaire

  • Migrant international : personne qui quitte son pays pour vivre dans un autre.
  • Migration contrainte : volonté de fuir une situation subie (guerre, famine).
  • Migration forcée : migration imposée dans une situation de danger immédiat (génocide, terrorisme, etc.).
  • Réfugié : statut juridique de protection donné aux migrants partis à cause de persécutions ou de menaces pour leur vie.
  • Réfugié climatique (ou environnemental) : personne forcée de quitter son lieu de vie à cause d’une dégradation de son environnement qui remet en question son cadre de vie.

B
Des causes socio‑économiques

Les inégalités, principal facteur de migrations. Les inégalités sont le premier facteur d’explication des migrations. Elles peuvent être économiques : les migrants se mettent alors en quête de meilleures conditions de vie pour fuir le chômage et la pauvreté. Elles sont aussi démographiques : les populations vieillissantes des pays du Nord font appel à une main‑d’oeuvre des pays du Sud.

Des inégalités qui s’accroissent et entretiennent les migrations. Or, à l’échelle mondiale, les grandes fractures ne disparaissent pas. Par ailleurs, de nouvelles fractures socio-spatiales voient le jour dans les pays développés. Si la pauvreté mondiale a baissé, les inégalités en matière d’éducation, d’égalité des sexes et de santé restent fortes.

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Camp de réfugiés syriens à Bab al‑Hawa à la frontière avec la Turquie (2014)

Camp de réfugiés syriens à Bab al-Hawa à la frontière avec la Turquie (2014)

Chiffres-clés

3,5 %

de la population est migrante

80 millions

de migrants en Asie en 2017, 78 millions en Europe et 58 millions en Amérique du Nord

55 %

des migrants climatiques partent à cause d’inondations

Pourquoi les êtres humains migrent‑ils ?


Géo-histoire

L’Europe, de l’émigration à l’immigration


L’Europe, de l’émigration à l’immigration

L’Europe attire des migrants du monde entier avec un solde migratoire annuel proche de 800 000 personnes, qui compense sa faible fécondité (voir chapitre 4). Mais ce statut de « terre d’accueil » est nouveau pour le Vieux Continent. Longtemps, l’Europe a plutôt été un point de départ vers le reste du monde. C’est notamment à la fin du XIXe siècle, dans le contexte des empires coloniaux et de crises sociales, que les Européens ont émigré vers le Nouveau Monde, émigrant pour beaucoup d’entre eux par la mythique Ellis Island, sas de leur entrée aux États‑Unis, et vers leurs colonies (Algérie, Asie du Sud‑Est, etc.).
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