COURS 3


Des échanges commerciaux intenses






Les échanges commerciaux entraînent la circulation des hommes et, surtout, des idées dans toute la Méditerranée.

Voir le cours 4

Sarrasins et chrétiens, enluminure dans un manuscrit du Roman d’Alexandre, v. 1340, British Library, Londres

Les enluminures de ce manuscrit ont été réalisées par Jeanne de Montbaston, une des rares artistes femmes connues pour l’époque médiévale.

3
Rencontres et échanges

Sarrasins et chrétiens, enluminure dans un manuscrit du Roman d’Alexandre, v. 1340, British Library, Londres.

Vocabulaire

ŠCommende : contrat d’association passé entre un individu riche avançant de l’argent et un marchand qui se charge de transporter ses marchandises et de les vendre à l’étranger.

Comptoir : établissement de commerce dans un pays lointain, accordé par un prince à des marchands.

Monarchie : ancêtre du chèque, la lettre de change permet d’éviter de se déplacer avec des sommes d’argent qui pourraient être volées. Arrivé à destination, le porteur de la lettre la remet à un banquier qui délivre alors en liquidités locales le montant inscrit.

2
Un monde de ports

Les ports, lieux de rencontres. Leurs quais étant les seuls endroits où les gros navires peuvent embarquer des marchandises, les ports sont des noeuds d’échanges où se concentrent les hommes et les richesses. Marins, dockers, marchands, taverniers et prostituées s’y croisent et y échangent, faisant des ports des lieux cosmopolites.

Le temps des comptoirs. Les puissances locales, parce qu’elles prélèvent des taxes sur le commerce, favorisent la présence des marchands occidentaux en leur permettant de fonder des comptoirs dans leurs ports. Les Italiens en particulier s’imposent comme des intermédiaires incontournables entre toutes les rives de la Méditerranée.


Carte interactive
Fond de carte téléchargeable ici.

Fond de carte
Fond de carte
Le cadre
villes
Grandes routes maritimes
produits
fond-texte

1
Le commerce en Méditerranée (vers 1300)


3
Les outils de l’échange

L’art du commerce. Les marchands médiévaux mettent au point de nouvelles techniques commerciales comme la lettre de change ou le contrat de commende pour limiter les risques liés à la piraterie ou aux naufrages. Le développement de ces pratiques favorise les affaires économiques. Les marchands occidentaux savent également négocier avec les pouvoirs musulmans ou byzantins pour obtenir des privilèges économiques. Les conflits militaires n’entravent pas réellement les activités des marchands (doc. 2).

Des marchands professionnels. Pour la plupart bilingues ou trilingues, les marchands mettent en place de grands réseaux professionnels, doublés de liens familiaux. Dans les ports se nouent des contacts, souvent amicaux, entre des marchands venus de toutes les rives de la Méditerranée (doc. 3). Une langue commune, qu’on appelle la lingua franca, apparaît au cours des XIIIe-XIVe siècles : mélange d’arabe, d’espagnol, de français, d’italien et de portugais, elle témoigne de la vigueur des échanges commerciaux.

Comment s’organisent les échanges marchands autour de la Méditerranée ?


1
Routes commerciales et marchandises

La Méditerranée, carrefour commercial. Les produits de luxe, consommés par l’aristocratie de toutes les régions, viennent de loin : l’or provient en grande partie d’Afrique subsaharienne, la soie de Chine, les épices d’Inde, l’ambre et les fourrures de Scandinavie, l’ivoire de morse du Groenland. D’abord transportées par des caravanes terrestres, ces marchandises traversent ensuite par bateau la Méditerranée (doc. 1). Le parcours de Marco Polo illustre la longueur des voyages commerciaux.

Naviguer. Les navires commerciaux, dont la coque est ronde pour embarquer plus de marchandises, se distinguent des navires de guerre, plus rapides, fins et dotés de rameurs. Au cours du temps, les bateaux tendent à être de plus en plus imposants.

La complémentarité des rives de la Méditerranée. Latins, Byzantins et musulmans vivent dans des régions dont les productions, diverses, sont souvent complémentaires. L’Occident produit et exporte principalement des tissus manufacturés, du bois, du fer et des armes. Les terres d’Islam vendent de la laine, de la vaisselle en céramique, du sucre, du sel, de l’encens ou encore de l’alun, utilisé pour colorer les tissus (doc. 1).

Repères

Marco Polo (1254-1324)

Marco Polo (1254-1324)

Marchand vénitien, il accompagne son père et son oncle jusqu’en Chine en 1271, traversant toute l’Asie centrale par la route de la soie. Marco Polo se met au service de l’empereur mongol de Chine et reste en Orient pendant quinze ans. Revenu en Italie, il fait rédiger quelques années plus tard son Livre des merveilles, aussi appelé Devisement du monde, dans lequel il décrit l’Extrême- Orient à des Européens qui ne l’ont jamais vu. Ce texte devient l’un des récits les plus célèbres de la période médiévale.

Écho des temps

La Méditerranée, grand carrefour économique mondial actuel

Aujourd’hui, 80 % du commerce mondial passe par les mers. Et la Méditerranée est l’une des mers les plus empruntées par les navires marchands. D’autant que depuis la construction, en 1869, du canal de Suez, en Égypte, les navires peuvent passer de la Méditerranée à la mer Rouge et, par là, accéder au pétrole du Golfe persique et aux usines d’Asie.

La Méditerranée, grand carrefour économique mondial actuel


Les ports du Pyrée (Grèce), de Gioia Tauro et Gênes (Italie), de Malte, d’Algésiras, de Valence et Barcelone (Espagne), de Tanger (Maroc) ou encore d’Alexandrie (Égypte) figurent parmi les plus grands ports du monde. La plupart des matériaux ou des objets manufacturés que l’on achète en Europe ont transité par la Méditerranée.

2
La guerre n’empêche pas le commerce

Nous assistâmes à cette époque [septembre 1184] à la sortie de Saladin, avec toute l’armée des musulmans, pour aller attaquer la forteresse d’al-Karak. Cependant, les allées et venues des caravanes de l’Égypte à Damas, en territoire chrétien, n’étaient pas plus interrompues que celles des musulmans allant de Damas à Saint-Jeand’Acre. Aucun des marchands chrétiens n’était arrêté ou effarouché. Les chrétiens font payer, sur leur territoire, aux musulmans une taxe qui est appliquée en toute bonne foi. Les marchands chrétiens, à leur tour, paient en territoire musulman sur leurs marchandises. L’entente est entre eux parfaite.

Ibn Jubayr, Voyages, v. 1190.
Connectez-vous pour ajouter des favoris

Pour pouvoir ajouter ou retrouver des favoris, nous devons les lier à votre compte.Et c’est gratuit !

Se connecter

Livre du professeur

Pour pouvoir consulter le livre du professeur, vous devez être connecté avec un compte professeur et avoir validé votre adresse email académique.

Votre avis nous intéresse !
Recommanderiez-vous notre site web à un(e) collègue ?

Peu probable
Très probable

Cliquez sur le score que vous voulez donner.

Dites-nous qui vous êtes !

Pour assurer la meilleure qualité de service, nous avons besoin de vous connaître !
Cliquez sur l'un des choix ci-dessus qui vous correspond le mieux.

Nous envoyer un message




Nous contacter?