COURS 2


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Des flux en recomposition



Vocabulaire

  • Espace Schengen : espace de libre‑circulation européen mis en place dans les années 1990 et marqué par la suppression des frontières entre membres et le renforcement des frontières externes.
  • Immigration choisie : politique migratoire favorable à une sélection des migrants.
  • Mobilité : déplacement d’un lieu à un autre qui peut prendre des formes variées.
  • Pays de transit : pays intermédiaire par lequel passe le migrant entre le pays de départ et celui d’arrivée.
  • Solde migratoire : résultat de la différence entre les flux d’émigration et les flux d’immigration.

A
Des flux qui se diversifient

Des migrations Sud‑Nord traditionnelles. La forte asymétrie de développement dans les zones où Nords et Suds sont en contact (entre États‑Unis et Mexique, au niveau de la Méditerranée, entre Mayotte et les Comores, et entre Australie et Nouvelle‑Zélande d’une part et leurs voisins d’autre part) génère toujours des flux très médiatisés (Étude de cas 1). Le solde migratoire des pays développés est souvent positif.

Des flux Sud‑Sud désormais majoritaires. Des pôles récepteurs secondaires sont apparus avec l’émergence de certains pays. En Afrique, l’Afrique du Sud et le Nigeria constituent des pôles récepteurs régionaux. Les pays pétroliers de la péninsule arabique comprennent bien plus d’immigrés venus d’Asie du Sud (Inde, Bangladesh) et du Sud‑Est (Philippines) que de citoyens (Étude de cas transversale).

Des flux croissants entre les pays du Nord. Beaucoup de mobilités étudiantes sont réalisées entre pays des Nords. L’espace Schengen reste un modèle unique de libre‑circulation des personnes, avec des travailleurs détachés et transfrontaliers nombreux (Étude de cas 2). Au‑delà des flux intra‑zone, des diplômés européens tentent également leur chance dans d’autres pays développés (flux vers les États‑Unis).

Des mobilités Nord‑Sud. De plus en plus de seniors choisissent de passer leur retraite dans des pays où la vie est moins chère : les retraités français sont par exemple attirés par des pays comme le Maroc ou le Portugal, qui leur offrent climat agréable et avantages fiscaux.

Prolongement numérique

Récits de migrant(e)s subsaharien(ne)s


Récits de migrant(e)s subsaharien(ne)s

Situé aux portes de l’espace Schengen, le Maroc est un espace d’attente pour les migrants subsahariens en route vers l’Europe. Alors que la maîtrise des flux migratoires est difficile dans les zones désertiques du Sahara, les migrants se trouvent ici confrontés à des frontières surveillées en permanence et à des contrôles multiples. Le Maroc s’est d’ailleurs engagé à renforcer ses frontières en signant avec l’UE des accords bilatéraux. Ainsi, le pays doit aujourd’hui composer avec une population subafricaine de plus en plus nombreuse, qu’il faut héberger, nourrir, accueillir, etc. Dans le webdoc « Humanité clandestine » réalisé par des jeunes étudiants lyonnais, des migrants subsahariens racontent leurs conditions de vie au Maroc.

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La frontière mexicano‑américaine, transformée par l'artiste JR, à Tecate (Mexique)

La frontière mexicano-américaine, transformée par l'artiste JR, à Tecate (Mexique)
Pour prendre à contre‑pied la multiplication des murs et barrières dans le monde, l’artiste français JR a organisé un pique-nique géant de part et d’autre de la frontière mexicano-américaine. Le même jour, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le renforcement des contrôles aux frontières du Mexique.

Comment les migrations s’organisent‑elles ?


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Le Mexique, de l’émigration à l’immigration

Le Mexique a dû faire face cette année à un phénomène inédit : celui des caravanes de migrants centraméricains, en majorité honduriens, dont l’une d’entre elles a rassemblé jusqu’à 7 000 personnes. Ces migrants ont décidé de ne plus se déplacer de manière isolée, mais de voyager tous ensemble, pour des raisons de sécurité notamment. Face à cet afflux massif, le gouvernement mexicain a été pris au dépourvu. D’un côté, il s’est trouvé dans l’incapacité de les refouler ou de les expulser, comme il avait l’habitude de le faire sur sa frontière Sud ; de l’autre, il a subi les pressions de Donald Trump qui insistait pour que le Mexique les empêche de se diriger vers les États‑Unis.

La plupart des migrants se trouvent dans la ville mexicaine de Tijuana, bloqués à la frontière avec les États‑Unis. Ils vivent parqués dans des centres d’hébergement, dans l’attente de pouvoir déposer leur demande d’asile auprès des autorités américaines ou d’avoir une réponse à leurs démarches. D’autres ont décidé soit de rentrer dans leur pays, profitant du programme de rapatriement volontaire, soit de rester au Mexique, où ils peuvent bénéficier d’un permis humanitaire ou d’un permis de travail dans une certaine mesure. Traditionnellement, le Mexique a été un pays d’émigration vers les États‑Unis. Depuis plusieurs années, c̕est aussi une terre de transit pour les Centraméricains, les Sudaméricains, les Haïtiens et même les Africains. Mais aujourd’hui, elle est en train de devenir un pays récepteur. […] On constate que les migrants sont toujours plus nombreux à faire du Mexique le pays de leur destination finale.


Patrick John Buffe, RFI, 18 décembre 2018

Chiffres-clés

65 %

part des personnes qui, lors d'un parcours migratoire, sont décédées en mer Méditerranée

55 %

des réfugiés dans le monde viennent de trois pays : Syrie, Afghanistan, Soudan du Sud


Nous ne devrions jamais perdre de vue ce qui pousse tant de familles à prendre de tels risques dans l’espoir de trouver asile en Europe.
Marie‑Pierre Poirier, directrice régionale de l’UNICEF, Afrique de l’Ouest et du Centre

B
Un monde qui se barricade

Une immigration légale de plus en plus choisie. Dans un contexte de montée du chômage, de nombreux pays récepteurs limitent les flux légaux aux migrants les plus qualifiés. Australie et Canada disposent d’un système à points, où l’âge, le niveau et le type de diplôme mais aussi la maîtrise de la langue et de la culture sont des critères de choix.

Une multiplication des barrières migratoires dans les Nords et dans les Suds. Face aux restrictions des migrations légales, les migrations illégales se multiplient, engendrant un phénomène de repli dans les pays d’accueil. Le mur à la frontière mexicano‑étasunienne est devenu le symbole d’un monde qui se ferme (Doc. 1), même s’il reste des points de passage. Jamais le monde n’a compté autant de barrières migratoires. La plus importante est le mur construit par l’Inde face au Bangladesh (à majorité musulmane). Frontex, agence de surveillance des frontières externes de l’UE, incarne la fermeture de l’Europe.

Une externalisation des contrôles vers les pays de transit. Les États‑Unis font pression sur le Mexique pour qu’il bloque les flux venus du Sud (Doc. 2). Nauru accueille les camps de migrants refoulés par l’Australie. Quant à l’espace Schengen, il affaiblit les frontières internes mais renforce les frontières extérieures. Maroc et Turquie, pays de transit, accueillent des camps de migrants. Ces États deviennent, avec leur développement et face au blocage des flux vers les Nords, des pays d’immigration.

Des migrations dangereuses. Les candidats à l’émigration économisent et s’endettent pour payer des passeurs. Des milliers de migrants meurent chaque année en mer, dans le désert du Sud des États‑Unis, ou sur les murs et barbelés. Dans les pays de transit comme d’arrivée, les camps sont des espaces insalubres et dangereux, surtout pour les femmes.

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