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Des coopérations régulant les échanges à toutes les échelles
P.172-173

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COURS 1


Des coopérations régulant les échanges à toutes les échelles




En quoi les coopérations internationales et régionales permettent-elles une gouvernance économique à toutes les échelles ?


A
Des institutions internationales régulant les flux mondiaux

À l’échelle mondiale, des coopérations entre États favorisent la compétitivité pour une meilleure intégration à lʼéconomie mondialisée en participant à la dérégulation des échanges. Il s’agit des organisations internationales (OMC, FMI, Banque mondiale) et des sommets (G7, G20) menés par les grandes puissances des Nords et les pays émergents.

Les instances internationales participent à une gouvernance économique mondiale. L’OMC favorise le libre-échange en aidant les États à régler leurs différends et à limiter les barrières douanières. Le FMI veille au maintien de la stabilité économique internationale en régulant les crises économiques. Enfin, la Banque mondiale participe à la réduction des inégalités dans le monde en accordant des aides financières pour promouvoir le développement.

Toutefois, les actions de ces institutions sont contestées. Les programmes dʼajustement structurel imposent lʼaustérité dans les États en crise.

B
Des organisations régionales favorisant les flux régionaux

À l’échelle régionale, des alliances commerciales permettent le libre-échange des flux de marchandises, de capitaux et d’informations avec des tarifs douaniers négociés (UE, ALENA, MERCOSUR, ASEAN) ou concernant l’échange de matières premières (OPEP et le pétrole). Les banques de développement (comme la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures sous l’égide de la Chine) financent des projets. Les coopérations transfrontalières et les corridors de développement favorisent des projets communs ou le raccordement d’infrastructures par-delà les frontières pour faciliter les échanges.

Les coopérations font intervenir des acteurs de différentes natures. Les acteurs publics (les États des Nords et des pays émergents) orientent des négociations. Les acteurs privés comme les firmes transnationales (FTN) investissent pour développer leurs activités ; les ONG entreprennent des missions de développement.

C
Des coopérations régionales qui peinent à réguler les inégalités de développement

Certaines coopérations favorisent la réduction des disparités territoriales. Elles servent de tremplin à l’essor économique et au développement de certains territoires (rattrapage de l’Europe du Sud et l’Est sur l’Europe du Nord avec l’UE) ou elles renforcent des stratégies régionales (l’Asie du Sud-Est avec l’ASEAN).

Certains États dominent les alliances régionales. L’ALENA/AEUMC est marqué par l’hégémonie des États-Unis (ce que l’ALBA remet en cause), le MERCOSUR par celle du Brésil, et l’UE par celle du couple franco-allemand (contesté par les pays d’Europe de l’Est.

Certaines coopérations sont peu porteuses de développement. La plupart des alliances régionales hors UE proposent une intégration limitée (absence de monnaie commune et de libre-circulation dans l’ALENA et le MERCOSUR) même si des projets sont prometteurs (monnaie commune annoncée pour 2020 en Afrique de l’Ouest (CEDEAO), nommée l’Eco).

Chiffres-clés

304

Accords commerciaux régionaux sont référencés par l’OMC en 2020.

L’UE assure

34 %

du commerce mondial en 2018 et reste le plus vaste accord commercial mondial.

0,95 %

c’est la part des PMA dans les exportations mondiales de marchandises en 2018.

Vocabulaire

  • ALENA : Accord de libre‑échange nord-américain (1994) devenu AEUMC (Accord États-Unis-Mexique-Canada) en 2018.

  • ASEAN : Association des nations d’Asie du Sud-Est (1967).

  • Dérégulation : action qui limite les règles qui pèsent sur les échanges pour favoriser leur essor.

  • Libre-échange : système dans lequel les échanges sont libres.

  • MERCOSUR : Marché commun du Sud (1991).

  • OPEP : Organisation des pays exportateurs de pétrole (1960).

 Pour gouverner dans le monde et assurer son pouvoir, il vaut mieux contrôler des réseaux plutôt que des territoires. 
Olivier Dollfus, géographe, La Mondialisation, 1997.

Corpus documentaire


1
L’OMC ou la difficile gouvernance économique mondiale

OMC

Traduction de gauche à droite : Marché libre / Tu vas dans le mauvais sens / La terre est ronde, nous y arriverons. WTO = OMC

2
Une monnaie unique en Afrique de l’Ouest pour accroître les échanges

« La monnaie unique n’est plus une utopie technocratique. » L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des quinze pays de la zone à Abidjan en Côte d’Ivoire. Pour le président de la Commission de la CEDEAO, l’Ivoirien JeanClaude Brou, cette nouvelle étape « marque un tournant important dans la mise en place de la monnaie unique ». Il s’agit d’un « chantier lancé par les pères fondateurs » de la CEDEAO, « l’objectif ultime de l’intégration », a-t-il rappelé. [...] La monnaie unique de la CEDEAO remplacerait le franc CFA et sept autres devises nationales, qui ne sont pas convertibles entre elles, ce qui ne facilite pas les échanges.

« Monnaie unique : grand pas en avant de la Cédéao », Le Point, 22 juin 2019.

3
L’Union européenne, un modèle pour la réduction des inégalités ?

L’Europe a beau être une des zones les plus égalitaires du monde, la part du revenu national capté par les 10 % les plus riches a augmenté pratiquement dans tous les pays européens, même si on constate une stabilisation depuis l’éclatement de la crise financière en 2007-2008. C’est particulièrement vrai en Europe de l’Est avec la sortie du communisme de bon nombre de pays. [...] Par rapport aux États-Unis, le modèle social européen a plutôt bien joué son rôle. De ce côté-ci de l’Atlantique, le revenu moyen avant impôt des 50 % les plus modestes (y compris retraites et allocations chômage) a augmenté de 37 % depuis 1980. « L’Europe a été capable de générer de la croissance pour les 50 % les plus modestes avant impôt », souligne [l’économiste] Lucas Chancel. Ce n’est pas le cas de l’autre côté de l’océan, où leurs revenus ont stagné.

Quant à la croissance des revenus des plus riches, elle a été trois fois moins élevée en Europe qu’aux États-Unis, où elle a explosé de 300 %. Si bien qu’aujourd’hui les 1 % les plus riches captent 20 % du revenu national avant impôt aux États-Unis, contre seulement 11 % en Europe. [...] L’Europe se caractérise par l’importance de ses dépenses sociales au sens large (éducation, santé, retraites, etc.), bien plus qu’aux États-Unis (plus de 25 % du PIB contre 19 %), qui contribuent à réduire les inégalités observées avant impôt et prestations sociales. Le salaire minimum a joué un rôle important. Aux États-Unis, il a progressivement baissé en proportion du salaire moyen, de 42 à 24 %. La dynamique a été inversée en Europe, et tout particulièrement en France où le Smic atteint 50 % du salaire moyen.

Marc Vignaud, « Face à la montée des inégalités, le modèle européen résiste tant bien que mal », Le Point, 2 avril 2019.

Questions

Parcours 1

1. Doc. 1 (⇧). Que dénonce cette caricature ?


2. Doc. 2 (⇧). Montrez quʼune monnaie unique peut être un outil pour accroître les échanges dans une région.


3. Doc. 3 (⇧). Expliquez pourquoi l’Union européenne peut être considérée comme un modèle pour la réduction des inégalités.


Parcours 2

À l’aide des documents, vous montrerez que la gouvernance économique à l’échelle mondiale reste difficile mais qu’à l’échelle régionale, elle peut permettre le développement.
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