DOSSIER 2



La Malinche, une intermédiaire dans la conquête espagnole du Mexique






La Malinche ou Malintzin, baptisée sous le nom de Doña Marina, est une Indienne qui a aidé le conquistador espagnol Hernán Cortès à défaire l’Empire aztèque en conquérant le Mexique et sa capitale Tenochtitlan. Elle lui sert de traductrice, mais également de conseillère en diplomatie locale. En effet, la conquête du Nouveau Monde n’oppose pas simplement Espagnols d’une part et Amérindiens de l’autre, car l’Amérique précolombienne est un monde complexe où plusieurs groupes sont en compétition. Extrêmement célèbre aujourd’hui au Mexique, la Malinche représente un personnage ambigu, symbole des controverses autour de l’héritage colonial.

Tenochtitlan



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Le parcours de la Malinche vu par un autre métisse

Métisse élevé par son père espagnol, Camargo offre son manuscrit au roi d’Espagne Philippe II alors qu’il accompagne une délégation d’élites amérindiennes à Madrid en tant qu’interprète.

C’est une chose très notoire et fort connue que Malintzin fut une Indienne d’un grand mérite et d’une claire intelligence, originaire de Mexico et enlevée à ses parents pour être remise à des marchands qui commerçaient sur la côte septentrionale1 […]. Elle était donc captive de ces marchands quand un jour accosta un navire de ceux qui étaient venus explorer les terres qu’on appelait autrefois du Yucatán […]. Certains membres de l’équipage de ces vaisseaux furent faits prisonniers par les Indiens et, parmi eux […] un nommé Jeronimo de Aguilar […]. Se trouvant captif sur cette terre, Aguilar chercha à agréer le plus possible à son maître […] il y parvint si bien qu’il gagna sa volonté et reçut Malintzin en mariage […]. Grâce à son habileté, Aguilar apprit très rapidement la langue du pays […] et Malintzin, obligée par la même nécessité, apprit elle aussi la langue de cette terre, tant et si bien que mari et femme l’utilisaient aussi facilement que leurs langues maternelles respectives. […] et, dès que Cortès arriva avec son armée sur ces côtes, par volonté divine il trouva ce Jeronimo Aguilar […]. On fit venir Malintzin, qui devait devenir l’instrument d’un grand bien, et Cortès la reçut et la traita comme une personne qui lui importait grandement, la servit et la régala aussi magnifiquement qu’il était possible de le faire. Et, pour qu’elle soit bien traitée, il la donna en garde à Juan Pérez de Arteaga, soldat très noble de son armée, qui ensuite fut appelé Juan Pérez Malintzin pour le distinguer d’autres hommes pareillement nommés […]. Pour utiliser la langue de Mexico, elle devait utiliser celle de Huilotla et Cozumel avec Aguilar et Aguilar la transposait en castillan, jusqu’au jour où Malintzin apprit aussi la nôtre.


Diego Muñoz Camargo, Histoire de Tlaxcala, fin du XVIe siècle.

1. Du nord.

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La Malinche pendant l’occupation de Tenochtitlan

Et quand ils eurent arraché tout l’or, quand cela fut arraché, aussitôt, alors, ils ont rassemblé dans la cour, au milieu de la cour, toutes les plumes précieuses. Et alors, quand il arriva que tout l’or fut ramassé, aussitôt, elle vint appeler, elle vint donner l’ordre de convoquer tous les seigneurs, elle, Malintzin. Sur une terrasse elle vint se placer, en haut d’un parapet. Elle a dit : « Mexicains, venez ici ! Voici qu’ils souffrent de grands tourments, les Espagnols. Apportez donc de la nourriture, de l’eau claire, et tout ce dont ils ont besoin […]. » Mais les Mexicains, en aucune façon, n’osaient entreprendre d’y aller. Ils étaient grandement effrayés, ils avaient peur, ils étaient frappés de terreur.


Récit recueilli par Bernardino Sahagún, Histoire des choses de la Nouvelle‑Espagne, dit Codex de Florence (rédigé en langue náhualt et en script latin), 1577.

Questions

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Étudier une actrice historique

1. Présentez les documents et l’origine de leurs auteurs respectifs. (Doc. 1, 2 et 4)

2. En identifiant les points communs entre les deux textes, retracez les quatre étapes de la vie de la Malinche. (Doc. 1 et 2)

3. Identifiez les personnages représentés sur les images. (Doc. 3 et 5)

4. Comparez la représentation de la Malinche dans les documents espagnols et indiens. (Doc. 1, 3 et 5)


Définir une notion

5.
ORAL
À travers le personnage de la Malinche, définissez la notion de métissage.
Enregistreur audio


La Malinche (Marina) traduit à Cortès ce que lui dit l’émissaire de Moctezuma, Codex Duràn, 1581, gravure, 55,9 x 31,5 cm, Biblioteca National, Madrid

3
La Malinche vue par les Européens

La Malinche (Marina) traduit à Cortès ce que lui dit l’émissaire de Moctezuma, Codex Duràn, 1581, gravure, 55,9 x 31,5 cm, Biblioteca National, Madrid.

Quel rôle a joué la Malinche dans la conquête espagnole du Mexique ?


1
Les origines de la Malinche vues par un auteur espagnol

Elle gouverna des pays et commanda à des vassaux dès son enfance. Son père et sa mère étaient en effet seigneurs d’une ville nommée Painala, à laquelle d’autres villages étaient assujettis. […] La mort du père l’ayant laissée encore enfant, la mère se remaria avec un autre cacique1 […] et ils donnèrent la jeune fille, pendant la nuit, à des Indiens de Xicalango afin qu’on ne la vît plus […]. Les gens de Xicalango la cédèrent à des habitants de Tabasco, et ceux-ci la donnèrent à Cortès. […] Comme Doña Marina, en toutes les guerres de la Nouvelle‑Espagne, fut une excellente femme et une interprète utile […], Cortès l’amenait toujours avec lui. Ce fut dans ce voyage qu’elle se maria avec un hidalgo nommé Xaramillo […]. Doña Marina était une femme d’une grande valeur, elle avait un extrême ascendant sur tous les Indiens de la Nouvelle-Espagne.


Bernal Diaz del Castillo, La Conquête du Mexique, achevé vers 1568.

1. Nom donné aux chefs par les populations amérindiennes.


Œuvre supervisée par Diego Muñoz Camargo, Codex Lienzo de Tlaxcala, fin du XVIe siècle, dessin, fac‑similé de l’université de Berkeley

5
Moctezuma reçoit les Espagnols à Tenochtitlan en 1519

L’ouvrage, offert à Philippe II, vise à rappeler le lien particulier qui unit les Tlaxcalans aux Espagnols.
Œuvre supervisée par Diego Muñoz Camargo, Codex Lienzo de Tlaxcala, fin du XVIe siècle, dessin, fac‑similé de l’université de Berkeley.
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