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Histoire-Géographie 2de

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COURS 3


La naissance de l’État moderne





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La construction de l’image royale

Les deux corps du roi. De plus en plus, le roi s’identifie à l’État et finit par se confondre avec lui. Il possède un corps physique, mortel, et un corps symbolique et politique, immortel, par lequel il incarne l’unité et la continuité du royaume.

Roi de droit divin. Le renforcement de la monarchie absolue va de pair avec une valorisation de la nature divine du pouvoir royal. Par son sacre, le roi est élevé au-dessus des mortels : il devient le lieutenant de Dieu (doc. 3).

La propagande royale. Le roi met en place une riche iconographie qui magnifie et valorise ses actions. La fabrication de médailles ou de statues équestres à l’effigie du roi s’accélère, tandis que les cérémonies royales permettent de mettre en scène la puissance royale. Le but est de favoriser l’adhésion des sujets à la monarchie.

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Le renforcement de l’État

Les officiers royaux. Les officiers constituent un groupe de serviteurs du souverain. Les offices sont vénaux, c’est-à-dire qu’il est possible de les acheter, et ils deviennent héréditaires à partir de 1604. Leur croissance spectaculaire témoigne du renforcement de l’administration du royaume : du règne de François Ier à celui de Louis XIV, leur nombre passe de 4 000 à 46 000.

Le roi en province. Supprimés pendant la Fronde, les intendants sont réimplantés dans les généralités par Mazarin dès 1653. Sous Louis XIV, ils deviennent de véritables administrateurs et des relais du pouvoir royal en province. Au XVIIIe siècle, leurs compétences s’élargissent aux questions de police et d’approvisionnement des villes.

Le gouvernement du royaume. Au XVIIe siècle, en particulier sous le règne de Louis XIV, l’administration se centralise. Le gouvernement est constitué du Conseil du roi (doc. 2), des ministres et secrétaires d’État, ainsi que des surintendants. En 1681, Colbert crée la Ferme générale, institution gérant les impôts indirects, comme la gabelle.

Vocabulaire

Concordat de Bologne : texte régissant les relations entre le pape et le roi de France jusqu’en 1790 et permettant au roi de nommer les évêques et les abbés.

Fronde : période de révoltes menées par les princes et les parlements inquiets du renforcement de l’autorité royale (1648‑1653).

Généralités : subdivisions administratives du royaume, permettant notamment de gérer la répartition des impôts.

Parlements : sous l’Ancien Régime, les parlements sont des cours de justice et des chambres d’enregistrement des actes royaux.

Sacre : cérémonie consistant à appliquer une huile sainte sur une personne, en l’occurrence le roi, ce qui fait de lui un personnage sacré. L’onction royale a traditionnellement lieu à Reims.

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Une monarchie de la Renaissance

La consolidation du pouvoir royal. Le développement de l’autorité royale, commencé au XIIIe siècle, s’accélère au XVIe siècle. Le concordat de Bologne (1516) permet au roi de France de mieux affirmer son pouvoir face à celui du pape.

Une monarchie consultative. Le monarque doit prendre conseil avant de prendre des décisions. C’est le rôle du Conseil du roi, mais aussi des parlements, qui peuvent adresser au roi des remontrances (doc. 1).

Monarchie absolue ou monarchie tempérée ? Les juristes et philosophes de la Renaissance réfléchissent beaucoup sur la nature de l’autorité monarchique. Claude de Seyssel soutient par exemple que le pouvoir royal doit être limité : c’est ce qu’on appelle la monarchie tempérée. Au contraire, Guillaume Budé considère que les princes ne sont pas sujets aux lois : leur pouvoir est absolu.


L’affirmation de la monarchie absolue coïncide avec la naissance de l’État moderne. Il existe toutefois des limites et des contestations à cette affirmation.

Voir le cours 4

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Le droit de remontrances

Sire, nous ne craignons pas de le dire, accroître le nombre et la masse des impôts, appesantir encore un fardeau déjà accablant, ce serait un parti extrême, capable de consommer sans retour la ruine d’un peuple fidèle […]. Daignez, Sire, vous dérober un instant au spectacle de votre cour, à la grandeur et à la magnificence qui vous environnent, et fixer vos regards sur une province de laquelle vous exigez de nouveaux efforts […]. Chargés par le plus essentiel de nos devoirs de porter la vérité au Trône, nous vous en parlons, Sire, exactement le langage, et nous avons autant de témoins que la province peut compter d’habitants. […] Nous réclamons, Sire, l’exécution de ces lois […]. C’est par les lois, Sire, que vous régnez, elles sont le plus ferme appui du Trône.

Remontrances du parlement de Rouen au roi Louis XV, 26 juillet 1760.

Écho des temps

Centralisation et décentralisation
Le pouvoir royal se centralise de plus en plus à partir du XVIe siècle, ce qui conduit à renforcer Versailles et Paris, au détriment du reste du territoire. Cette suprématie parisienne est encore aujourd’hui visible dans l’organisation de l’espace métropolitain français.

Centralisation et décentralisation

La centralisation administrative de l’État, initiée dès cette période puis accélérée par la Révolution française, explique en grande partie pourquoi, contrairement à l’Allemagne par exemple, la France n’est pas un pays fédéral. À partir des années 1960, plusieurs politiques publiques ont cherché à rééquilibrer le territoire en menant une politique dite de décentralisation.

Comment le renforcement du pouvoir royal a-t-il conduit à la naissance de l’État moderne ?

Repères

Jules Mazarin (1602‑1661)

Jules Mazarin
(1602‑1661)

Originaire d’Italie, Mazarin est envoyé en mission en France en 1630 et se fait remarquer par le Premier ministre de Louis XIII, Richelieu. Il obtient le titre de cardinal en 1641 et devient le principal ministre de Louis XIII. À la mort du roi, il entre au service de la régente, Anne d’Autriche, et assure la formation du jeune Louis XIV. Il doit faire face aux contestations de la Fronde entre 1648 et 1653, et gouverne le royaume jusqu’à sa mort en 1661.

Pierre Subleyras, Sacre de Louis XV, 1722, huile sur toile, 255 x 206 cm, musée des Augustins, Toulouse

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Le sacre de Louis XV

Pierre Subleyras, Sacre de Louis XV, 1722, huile sur toile, 255 x 206 cm, musée des Augustins, Toulouse.


Anonyme, Louis XIV tenant les sceaux en présence des conseillers d’État et des maîtres des requêtes, XVIIe siècle, huile sur toile, 110 x 128 cm, château de Versailles

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Louis XIV présidant le Conseil

Anonyme, Louis XIV tenant les sceaux en présence des conseillers d’État et des maîtres des requêtes, XVIIe siècle, huile sur toile, 110 x 128 cm, château de Versailles.
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