POINT DE PASSAGE 4


Le salon de Madame Geoffrin





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Les dîners hebdomadaires

Jean-François Marmontel (1723‑1799) est à l’époque un très célèbre romancier, encyclopédiste et poète.

Assez riche pour faire de sa maison le rendez-vous des lettres et des arts et voyant que c’était pour elle un moyen de se donner dans sa vieillesse une amusante société et une existence honorable, Mme Geoffrin avait fondé chez elle deux dîners : l’un, le lundi, pour les artistes ; l’autre, le mercredi, pour les gens de lettres.

Marmontel, Mémoires, 1891.

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La place de la maîtresse de maison


« On a vu Mme Geoffrin rassembler chez elle les hommes de lettres les plus connus, on a dit qu’elle tenait bureau d’esprit. Elle accueillait et elle aimait les artistes, on a dit qu’elle se piquait de beaucoup de connaissances dans les arts. […] Loin d’avoir aucune prétention en ce genre, elle tirait quelque vanité de son ignorance même ; elle ne croyait pas que les femmes eussent besoin d’être fort instruites. […] Son ignorance ne l’empêchait pas de se plaire à la conversation des gens instruits. Un esprit droit et naturel lui faisait distinguer le vrai du faux ».


Abbé Morellet, Éloges de Mme Geoffrin, 1812.

Questions

Voir les réponses

Construire des hypothèses

1. Identifiez les activités qui ont lieu au salon. (Doc. 1 et 4)

2. Repérez les catégories sociales qui sont invitées dans le salon de Mme Geoffrin. S’y trouvaient‑elles en même temps ? (Doc. 1 et 2)
3. Expliquez pourquoi M. Clerk manque de politesse envers Mme Geoffrin. (Doc. 3)

4. Pourquoi peut-on dire que Mme Geoffrin n’est pas considérée comme une égale de ses convives ? (Doc. 5)


Question de synthèse

5. Montrez que le salon est à la fois un espace d’intégration pour la bourgeoisie et un univers très codifié, où chacun a sa place.


Marie-Thérèse Geoffrin 
(1699-1777)
Marie-Thérèse Geoffrin
(1699-1777)

Au XVIIIe siècle, les hommes et femmes lettrés se réunissent régulièrement dans des salons, le plus souvent tenus par une maîtresse de maison qui choisit ses invités avec soin. Les salons sont un des lieux de diffusion des idées des Lumières. On y discute de l’actualité de l’époque, de philosophie ou de littérature, et on se divertit. Les salons montrent bien les mutations sociales et culturelles de l’époque, puisque la noblesse de cour y côtoie des bourgeois, des écrivains et des artistes, ainsi que des étrangers de passage. Le salon de Madame Geoffrin, femme d’esprit issue d’une famille bourgeoise, est l’un des plus importants du siècle. Il se réunit de 1749 à 1777.

Comment s’organise un des principaux lieux de sociabilité des élites au XVIIIe siècle ?

Image interactive

Une représentation du salon de Mme Geoffrin
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Une représentation du salon de Mme Geoffrin

Attention, ce tableau ne représente pas une scène ayant réellement existé. Il s’agit d’une reconstitution proposée par un peintre, au début du XIXe siècle.
Anicet Lemonnier, Lecture de la tragédie de l’Orphelin de la Chine de Voltaire dans le salon de Madame Geoffrin, 1812, huile sur toile,129 x 196 cm, château de Malmaison.

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Maîtriser les règles de la politesse

Le baron d’Holbach lui avait mené cet étranger [M. Clerk], et après les premiers compliments, et une visite d’une demi‑heure, il s’était levé pour s’en aller. M. Clerk, au lieu de suivre celui qui l’avait présenté, comme c’est l’usage dans une première visite, reste. Mme Geoffrin lui demande s’il va beaucoup aux spectacles ? « Rarement. – Aux promenades ? Très peu. – À la Cour, chez les princes ? – On ne saurait moins. – À quoi passez‑vous donc votre temps ? – Mais quand je me trouve bien dans une maison, je cause et je reste ». À ces mots Mme Geoffrin pâlit. Il était six heures du soir ; elle pense qu’à dix heures du soir M. Clerk se trouvera peut‑être encore bien dans sa maison. […] Mme Geoffrin ne put se débarrasser de notre Écossais, quelque changement qu’il survint successivement par l’arrivée et le départ des visites. Elle ne pense pas encore aujourd’hui de sang‑froid à cette journée ; et elle ne se coucha pas sans prendre ses mesures contre le danger d’une seconde visite.

Grimm et Meister, Correspondance littéraire, 1770.

Jacques Delille récitant des vers dans le salon de Mme Geoffrin, gravure anonyme du XIXe siècle

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Un lieu de divertissement pour l’élite

Lieu de conversation mondaine, le salon est aussi un espace d’amusement ; on y joue des pièces de théâtre, de la musique, ou on y récite des vers, comme ici.
Jacques Delille récitant des vers dans le salon de Mme Geoffrin, gravure anonyme du XIXe siècle.
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