Chargement de l'audio en cours
Plus

Plus

Les nouvelles routes de la soie : un projet entre coopération et tensions ?
P.162-165

Mode édition
Ajouter

Ajouter

Terminer

Terminer

Étude de cas 2


Les nouvelles routes de la soie : un projet entre coopération et tensions ?





Xi Jinping, le président chinois, a lancé le projet des nouvelles routes de la soie en 2013. Nommé OBOR : One Belt, One Road, cʼest un axe stratégique qui doit permettre à la Chine de renforcer sa puissance mondiale. Il s’agit en réalité de deux axes, un axe terrestre et un axe maritime, qui relieront la Chine à l’Eurasie et à l’Afrique.

A
Un projet au service de la puissance chinoise ?


1
Connecter la Chine à l’Eurasie et à l’Afrique

Cliquez ici pour télécharger cette carte.

Fond de carte

1. De nouvelles liaisons ferroviaires
Ligne Yiwu-Londres (12 000 km en 18 jours)
Autres lignes

2. De nouvelles liaisons maritimes
Projet de routes de la soie maritimes du XXIe siècle
Bases portuaires destinées à protéger les nouvelles routes (stratégie du « collier de perles »)
Investissements dans les ports par des compagnies chinoises

3. Des projets de coopération économique
Corridors de développement économique
La Chine, un État qui s’ouvre au monde
Membres de l’Union européenne
Membres de l’ASEAN

4. L’Afrique, espace d’investissements chinois
Top 10 des investissements chinois pour la période 2005-2015 (en milliards de dollars)

Numérique

Quatre minutes pour comprendre les tensions entre lʼEurope et la Chine.

2
Un corridor Chine-Pakistan pour garantir un accès direct au Moyen-Orient

Cliquez ici pour télécharger cette carte.

Fond de carte
La route Kachgar-Gwadar

Les cinq régions qui bénéficieront d’un programme de développement sino-pakistanais et leurs domaines d’activité
Zone Sud du Xinjiang (industrie, logistique et développement économique)
Zone Nord du Pakistan (logistique transfrontalière, exploration des ressources naturelles, protection de l’environnement)
Zone Ouest du Pakistan (logistique, exploration minière, protection de l’environnement)
Zone Centre du Pakistan (développement industriel et économique)
Zone Sud du Pakistan (énergie, logistique, développement commercial et économique)
Création de zones économiques spéciales
Projets énergétiques prioritaires

3
Le Pirée, porte d’entrée chinoise en Europe

Le Pirée

4
Affirmer la puissance chinoise dans le monde

Tel un empereur, Xi Jinping a accueilli à Pékin [Beijing] avec faste, à la mi-mai 2017, une trentaine de chefs d’État pour le premier sommet des « routes de la soie ». [...] Ces nouvelles routes s’appuient tout d’abord sur la puissance économique de la Chine. [...] La superpuissance asiatique dispose aussi de réserves financières, d’une main-d’œuvre considérable, et de la force de frappe de ses géants publics dans le secteur des infrastructures. [...] Les prêts institutionnels chinois sont accordés sans aucune condition politique, contrairement à ceux des pays occidentaux. [...] Cette conquête commerciale est indissociable de la montée en puissance militaire et surtout navale chinoise. [...] En Afrique, l’année 2017 aura vu coup sur coup l’entrée en exploitation de deux lignes de trains rapides construites par les Chinois et éminemment symboliques : Mombasa-Nairobi (Kenya) et Djibouti-Addis-Abeba (Éthiopie).

Brice Pedroletti, « Nouvelles routes de la soie, les ambitions planétaires de Xi Jinping », Le Monde, 8 août 2017.

Questions

Parcours 1

1. Doc. 1 (⇧). Décrivez les grands axes de la nouvelle route de la soie en insistant sur les points de passage stratégiques.


2. Doc. 1 (⇧) et 2 (⇧). Quels sont les territoires auxquels la Chine souhaite se connecter ? Expliquez pourquoi.


3. Doc. 3 (⇧) et 4 (⇧). Quels sont les objectifs de ce projet ? Quelles infrastructures sont développées pour y parvenir ?


Parcours 2
À l’aide des documents et en une vingtaine de lignes, présentez le projet des nouvelles routes de la soie et son intérêt pour la Chine.
Voir les réponses

À l'oral

À la manière de l’émission télévisée « Le Dessous des cartes », réalisez une émission de cinq minutes maximum sur les nouvelles routes de la soie.

Enregistreur audio
Voir les réponses

B
Un projet ambitieux mais fortement contesté


5
La politique du Go West à Chongqing traduit les ambitions chinoises

Chongqing, cité industrielle située au confluent du fleuve Yangzi Jiang et de la rivière Jialing, est devenue en vingt ans l’une des villes chinoises les plus importantes par son poids économique et démographique. [...] En 2008, la crise financière internationale a touché les provinces exportatrices du littoral chinois [...] frappées par la baisse des demandes à l’étranger. Pour compenser cette perte de dynamisme, le gouvernement a mis en place un vaste projet de soutien au sudouest du pays. La politique du « Go West » partait du constat qu’à la fin des années 2000, l’Ouest, qui recouvre 56 % du territoire chinois, n’abritait que 11 % de la population et ne contribuait qu’à hauteur de 8 % à la richesse nationale. [...] Aussi grande et riche qu’un État à part entière, la municipalité autonome aspire à devenir le centre financier, industriel et commercial de l’intérieur de la Chine. En plus d’importantes ressources naturelles, elle dispose d’une position stratégique sur la route du Tibet et de l’Asie centrale. Cette situation géographique propice et les engagements de Pékin [Beijing] pour son développement l’ont mise en position de force pour profiter du projet des « nouvelles routes de la soie ».

Nashidil Rouiai, « Chongqing, cœur du "Go West" chinois », Revue Carto, 30 octobren 2018.

corridor Est-Ouest Chongqing

6
La répression de la minorité musulmane ouïgoure au Xinjiang, région stratégique

En Chine, les 11 millions de Ouïgours, dont la grande majorité vit au Xinjiang, composent l’ethnie la plus opprimée par le régime, qui les considère comme indomptables. Descendants des premiers occupants des oasis d’Asie centrale, ils résistent en effet à la domination chinoise depuis l’annexion de leur région, en 1884, par la dynastie Qing et à l’assimilation forcée que le régime leur impose. Ces dernières années, la multiplication des campagnes idéologiques stigmatisant la religion et les coutumes locales a attisé les tensions. Or le Xinjiang est plus que jamais stratégique pour la Chine. Pour ses ressources minières et pétrolières, d’abord. Ensuite parce qu’il est censé servir de tête de pont aux « nouvelles routes de la soie », maillage d’autoroutes et de voies ferrées rapides en cours de construction destiné à connecter le pays à l’Europe. Pas question donc d’accepter une rébellion. Mais aujourd’hui, un cap a été franchi. Pékin [Beijing] a mis en place une politique totalitaire, épiant tous les faits et gestes de la population ouïgoure, confinant les suspects dans des camps.

Alexandre Mandri et Simon Leplâtre, « Xinjiang : bienvenue dans lʼenfer Made in China », Géo, mars 2019.

7
Un projet défavorable aux populations locales ?

Caricature Chapatte

8
Des conséquences environnementales contestées

Les « nouvelles routes de la soie » voulues par Pékin [Beijing] pourraient menacer la lutte contre le réchauffement climatique. [...] Le projet, lancé en 2013 par Pékin, a pour ambition de relier l’Asie, l’Europe et l’Afrique à la Chine, avec des ports, lignes ferroviaires, aéroports et parcs industriels. Or, certaines des infrastructures développées dans ce cadre, notamment des barrages et des centrales à charbon, sont accusées d’occasionner des dégâts à l’environnement. Une analyse de l’empreinte carbone du développement de ces dernières dans les pays impliqués dans ces nouvelles routes de la soie conclut qu’il pourrait remettre en cause les objectifs de l’Accord de Paris de 2015 de maintenir la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

« Les "nouvelles routes de la soie" pourraient menacer la lutte contre le réchauffement », Le Monde, 2 septembre 2019.

9
« Les routes de la liberté » en réaction au projet chinois

La formule lancée pour la première fois par le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, sert aujourd’hui à sceller une nouvelle alliance qui, de l’océan Indien au Pacifique, permettrait de contrecarrer l’influence de la Chine et de ses nouvelles routes de la soie. Malgré l’absence de contours clairs, le slogan d’un « Indo-Pacifique libre et ouvert » fait florès de Delhi à Tokyo, en passant par l’Indonésie et les États-Unis. La stratégie japonaise reprend clairement l’idée chinoise de corridors économiques à travers le continent. Sont ainsi évoquées la présence au Sri Lanka, la modernisation de la ligne ferroviaire Yangon-Mandalay en Birmanie, la création d’un couloir industriel Delhi-Mumbai, en Inde, et d’une voie qui irait jusqu’au port de Nacala, au Mozambique, desservant le Malawi et la Zambie.

Lina Sankari, « Tokyo contrecarre les routes de la soie », L’Humanité, 5 juin 2019.

Questions

Parcours 1

4. Doc. 5 (⇧). En quoi la mégapole de Chongqing profite-t-elle du projet des nouvelles routes de la soie ?


5. Doc. 5 (⇧). Pourquoi la politique du « Go West » contribue‑t‑elle à réduire les disparités du territoire chinois ?


6. Doc. 6 (⇧). Pourquoi la région du Xinjiang est-elle stratégique dans le projet ? Quelles sont les conséquences pour les Ouïgours ?


7. Doc. 7 (⇧), 8 (⇧) et 9 (⇧). Quelles sont les limites de ce projet ?


8. Doc. 9 (⇧). Quel pays mène un projet concurrent ? Quels en sont les objectifs ?


Parcours 2

À l’aide de tous les documents de l’étude de cas et en une trentaine de lignes, expliquez les enjeux du projet des nouvelles routes de la soie pour asseoir la puissance chinoise dans le monde.
Voir les réponses

À l'oral

Vous représentez une ONG défendant les droits de lʼhomme. Prononcez un discours de cinq minutes maximum pour dénoncer le projet des nouvelles routes de la soie.

Enregistreur audio
Voir les réponses
Utilisation des cookies
En poursuivant votre navigation sans modifier vos paramètres, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant le bon fonctionnement du service.
Pour plus d’informations, cliquez ici.