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Repères - Le classicisme : un idéal de rigueur
P.36-37

Repères art et littérature / Poésie


Le classicisme : un idéal de rigueur





CARTE D'IDENTITÉ


Le classicisme

 Origine  Le terme « classique » désignait au XVIIe siècle les auteurs étudiés dans les classes, à l’école, donc les auteurs de l’Antiquité. Puis il a désigné a posteriori les auteurs du XVIIe siècle qui les imitaient.

 Où ?  Un mouvement né en France, sous l’influence de Louis XIV.

 Quand ?  Pendant le règne de Louis XIV. Le néoclassicisme se répand ensuite en Europe.
En musique, la période classique correspond plutôt à la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

L’imitation des œuvres antiques

En réaction à la profusion baroque, les artistes classiques reviennent au modèle antique, perçus comme un idéal de clarté et de sobriété. Ils remettent à l’honneur les mythes issus de l’Antiquité, mais aussi les formes littéraires comme la fable, genre inventé par le poète antique Ésope.

Mais l’admiration pour l’Antiquité suscite des questionnements nouveaux : s’il faut imiter les auteurs antiques, quelle place peut être accordée à la création de l’artiste moderne ?

Cette question donne naissance à la Querelle des Anciens et des Modernes. Les « Anciens », notamment Jean de la Fontaine et Nicolas Boileau, pensent que le modèle antique représente une perfection indépassable, et que la création littéraire doit reposer sur une imitation de l’Antiquité. Les « Modernes », comme Charles Perrault (►Texte A), soutiennent au contraire que la création artistique peut innover et égaler les auteurs antiques.


Nicolas Poussin,Thésée trouvant l’épée de son père, 1635


Texte A
La belle Antiquité fut toujours vénérable ;
Mais je ne crus jamais qu’elle fût adorable1.
Je vois les anciens2, sans plier les genoux ;
Ils sont grands, il est vrai, mais hommes comme nous ;
Et l’on peut comparer, sans craindre d’être injuste,
Le siècle de Louis3 au beau siècle d’Auguste4.

Charles Perrault, « Le siècle de Louis le Grand », 1687.

1. Propre à être adorée (au sens fort : comme on adore un dieu).
2. Les auteurs antiques.
3. Louis XIV.
4. Empereur romain.


Plaire et instruire

Les œuvres classiques reprennent le modèle antique d’Aristote : l’art doit plaire (placere), éduquer (docere) et émouvoir (movere).

Jean de la Fontaine ( ► Texte B), dans ses fables, et Charles Perrault, dans ses contes, proposent à travers leurs récits un enseignement qui se veut moral.

Texte B
Une morale nue apporte de l’ennui :
Le conte fait passer le précepte avec lui.
En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,
Et conter pour conter me semble peu d’affaire.


Jean de La Fontaine, « Le Pâtre et le Lion », Fables, livre VI, 1668.



Un idéal de clarté et de rigueur

Dans un siècle où l’on cherche à purifier la langue française en la soumettant à des règles grammaticales strictes, l’écriture poétique doit suivre un idéal de clarté, énoncé par Nicolas Boileau dans son Art poétique (► Texte C) : la syntaxe doit épouser le rythme du vers.

La peinture et l’architecture sont aussi soumises à cet idéal : la perspective et la symétrie régissent l’organisation des tableaux, la construction des châteaux et des jardins à la française. L’art dégage une impression de stabilité et d’équilibre, qui symbolise le triomphe de la raison sur les passions.

Louis le Vau (architecte), château de Vaux-le-Vicomte


Découvrez une vidéo retraçant l'histoire du château de Vaux-le-Vicomte.


Texte C
Enfin Malherbe vint, et le premier en France,
Fit sentir dans les vers une juste cadence,
D’un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la Muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N’offrit plus rien de rude à l’oreille épurée.
Les stances avec grâce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber.
Tout reconnut ses lois ; et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Marchez donc sur ses pas ; aimez sa pureté ;
Et de son tour heureux imitez la clarté.


Nicolas Boileau, Art poétique, 1674.


Jean-Baptiste de la Quintinie, jardin potager du roi à Versailles, plan daté de 1685


Voir les réponses

1
Texte A
a. Quelle est l’opinion de Perrault à l’égard des artistes antiques ?


b. Montrez qu’il utilise la concession dans son argumentation (voir p. 526). Pourquoi ?



2
Doc. 1
Expliquez pourquoi le tableau de Poussin est un modèle d’esthétique classique.



3
Texte C
Selon Boileau, pourquoi Malherbe est-il un modèle ?


Les jardins à la française

Découvrez un reportage sur les jardins de Le Nôtre.



a. Résumez les caractéristiques du jardin à la française.


b. Pourquoi ce type de jardin a-t-il une dimension politique sous Louis XIV ?


c. Cherchez quelques représentations et constituez un court dossier.

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    Évènements

    1. 1630 - 1715 :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color"><strong class="sc-oTbqq ItYMA lls-viewer-b">◐ LE CLASSICISME EN FRANCE</strong></span> |
    2. 1775 - 1825 :<span class="sc-pZBmh iueOXE lls-viewer-color"><strong class="sc-oTbqq ftvauP lls-viewer-b">◐ LE CLASSICISME DE VIENNE</strong></span> |
    3. 1674 - :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">⊙ Nicolas Boileau, <i>Art poétique</i> </span> |
    4. 1598 - 1599 :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">⊙ François de Malherbe, « Consolation à M. du Périer »</span> |
    5. 1668 - 1694 :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">⊙ Jean de la Fontaine, <i>Fables</i></span> |
    6. 1694 - :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">⊙ Charles Perrault, « Peau d’âne »</span> | <br data-reactroot=""/>
    7. 1648 - :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">□ Nicolas Poussin, <i>Éliézer et Rébecca</i></span><br data-reactroot=""/> | (<span class="lls-viewer-a" data-reactroot=""><a href="https://lls.fr/FR2P120" target="_blank" class="sc-ptfmh kjwDAl"><span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">► <strong class="sc-oTbqq ItYMA lls-viewer-b">voir </strong>p. 120</span></a></span>)
    8. 1694 - :<span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">□ Élisabeth-Sophie Chéron, <i>Descente de croix</i></span> |
    9. 1661 - 1700 : <span class="sc-pZBmh dMkfOP lls-viewer-color">□ André Le Nôtre, jardins de Versailles</span> |
    10. 1788 - : <span class="sc-pZBmh iueOXE lls-viewer-color">□ Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie n°40</span> |
    11. 1794 - :<span class="sc-pZBmh iueOXE lls-viewer-color"> □ Joseph Haydn, Symphonie n°101, « L’Horloge »</span> |
    Légende : Littéraire Artistique

    Ce qu'il faut savoir

    Reperes Poesie : Le classicisme

    Ressource complémentaire

    Retrouvez une playlist de musique classique.

    La musique classique


    En musique, la période classique intervient bien plus tard qu’en littérature : on la situe entre les années 1750 et 1820, soit juste avant la période romantique.
    En réaction au style baroque, le style classique va privilégier la simplicité, la clarté, l’ordre, la mesure, la régularité. Adressée à un public vaste, elle se veut facilement accessible.
    Les principaux représentants de cette période sont viennois : Haydn et Mozart.


    Les œuvres sont classées par ordre chronologique.

    Ludwig Van Beethoven (1770-1827)

    Né à Bonn en Allemagne, il rejoint Vienne à 17 ans pour bénéficier de l’effervescence musicale que connaît cette ville et se rapprocher des deux modèles que sont Haydn et Mozart. Ses premières œuvres sont fortement influencées par ces deux compositeurs.

    Ludwig Van Beethoven, Sonate pour piano op. 2 n° 1 en fa mineur, I - Allegro (1795)

    Quand il arrive à Vienne, Beethoven devient l’élève de Haydn. À 24 ans, il lui dédie cette sonate, d’une grande rigueur formelle.

    Ludwig Van Beethoven, Quatuor op. 18 n° 1, I - Allegro con brio (1799)

    S’inspirant des quatuors de Haydn et Mozart, c’est après beaucoup d’efforts, comme en témoignent les nombreux remaniements, que Beethoven compose cette œuvre énergique et volontaire.


    Joseph Bologne de Saint-Georges (1745-1799)

    Né en Guadeloupe, Saint-Georges vient en métropole pour y poursuivre son éducation d’aristocrate. Il y perfectionne aussi bien le maniement de l’épée que celui de l’archet. Il compose notamment pour son instrument : le violon.

    Joseph Bologne de Saint-Georges, Concerto pour violon n°9 en Sol Majeur, op. 8, Allegro (1776)


    Luigi Boccherini (1743-1805)

    Violoncelliste et compositeur italien ayant vécu une grande partie de sa vie en Espagne, Boccherini s’illustre dans le style galant, mais compose aussi des œuvres qui préfigurent le romantisme, comme sa Musique nocturne des rues de Madrid, qui évoque l’atmosphère de la ville à la tombée de la nuit, quand s’échappent des accords de guitare.

    Luigi Boccherini, Quintette en la mineur op. 25 n°6, G300, I - Allegro non molto (1778)


    Franz Schubert (1797-1828)

    Le jeune Schubert est tout d’abord influencé par la musique classique, comme en témoignent ses premières œuvres. Néanmoins, sa grande sensibilité, sa timidité aussi, qui lui faisait préférer les soirées musicales entre amis aux grandes scènes de concert, l’amènent ensuite à composer des œuvres relevant de la musique romantique, dont il deviendra l’une des figures majeures.

    Franz Schubert, Symphonie n° 5 en Si bémol Majeur, D485, I - Allegro (1816)

    Cette symphonie, parfois surnommée « sans tambours ni trompettes » à cause de son effectif réduit, a été écrite par Schubert alors qu’il avait 19 ans et enseignait à l’école primaire que dirigeait son père. Sa composition a été inspirée par la 40e symphonie de Mozart (voir plus haut dans ce document), qu’il avait entendue en concert.

    Joseph Haydn (1732-1809)

    Sa longue carrière couvre toute la période classique, entre la fin du baroque et le début du romantisme. Il joue un rôle fondamental dans le développement du style classique en musique et fixe le cadre classique dans la symphonie et le quatuor.

    Joseph Haydn, Concerto pour violoncelle n°2 en Ré Majeur, 1er mouvement (1783)

    Dans cette œuvre dédiée à un violoncelliste de son époque, Haydn exploite toutes les possibilités techniques de cet instrument trop souvent cantonné à un rôle d’accompagnateur.

    Joseph Haydn, Symphonie n°85 en Si bémol Majeur, « La Reine », 2e mouvement (1786)

    Faisant partie d’une série de symphonies dites « parisiennes », car nées d’une commande passée par de riches parisiens, cette symphonie doit son surnom au fait qu’elle était particulièrement appréciée par la reine Marie-Antoinette d’Autriche.


    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

    Mozart a assimilé très tôt les œuvres de ses prédécesseurs et aînés (dont Haydn), et si sa musique s’inscrit dans le style classique, son génie le pousse à dépasser le carcan des règles pour développer un style plus personnel. Passant de la légèreté à la gravité, sa musique savante est néanmoins facile d’accès, ce qui a contribué à rendre son langage universel. Il reste le plus populaire et le plus joué des musiciens classiques.

    Wolfgang Amadeus Mozart, Trio pour piano, alto et clarinette, (dit « Trio des Quilles »), K498, I - Andante (1786)

    L’idée de cette pièce est venue lors d’une partie de quilles chez des amis. C’est pour Mozart l’occasion de valoriser deux instruments qu’il affectionne particulièrement : la clarinette, que venait de faire beaucoup évoluer un virtuose allemand, et l’alto, trop souvent cantonné à des rôles secondaires mais que Mozart prenait volontiers quand il jouait avec des amis.
    Toutes les caractéristiques classiques sont rassemblées dans cet extrait : sobriété de la mélodie, clarté, simplicité et régularité dans la construction.


    Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n° 23 en La Majeur, K488, Adagio (1786)

    Extrait : English Chamber Orchestra / Daniel Baremboim (direction et piano solo)

    Un caractère plus mélancolique, une force émotionnelle que l’on retrouvera plus tard dans la musique romantique.

    Wolfgang Amadeus Mozart, Don Giovanni, opéra, K527, « Fin ch’han dal vino » (1787)

    Mozart a consacré une partie importante de son œuvre aux opéras, puisqu’il en a écrit plus d’une vingtaine. Cet extrait de Don Juan, surnommé « l’air du champagne », est vif, joyeux, lumineux.

    Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie n°40, K550, I - Molto allegro (1788)

    Œuvre pleine d’énergie, de clarté, d’élégance.

    Wolfgang Amadeus Mozart, Requiem en ré mineur, K626, VIII - Lacrimosa (1791)

    Le Requiem (messe pour les morts) est la dernière œuvre de Mozart, laissée inachevée. Sur son lit de mort, Mozart laisse des indications à l’un de ses élèves afin d’en terminer la composition.
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