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Expression orale

Expression orale

Exercice 1 :
Je mime

En groupe, écrivez sur des petits papiers des verbes exprimant un changement. À tour de rôle, vous en tirez un et devez le faire deviner par un mime.

Exercice 2 : DOC 1
Je mets en voix un slam

Choisissez un passage d’un texte de Grand Corps Malade (texte suivant) ou d’un autre auteur de slam. Apprenez-le par cœur et mettez le en voix.

Exercice 3 : DOC 2
Je déclame un poème

Choisissez une strophe du poème suivant. Relisez-la jusqu’à avoir le sentiment de l’avoir bien comprise. Apprenez-la par cœur. Entrainez-vous à la dire à voix haute de façon expressive. Enregistrez-vous sur un logiciel comme Audacity et envoyez le fichier à votre professeur.

Exercice 4 : DOC 3
J’apostrophe ma ville

Qu’avez-vous à dire à votre ville ? Préparez des idées au brouillon.

Exercice 5 :
J’improvise un poème rimé

En petit groupe, écrivez chacun deux sons sur des morceaux de papier. À tour de rôle, tirez deux papiers au hasard et improvisez un court poème rimant avec ces deux sons (sans répéter le même mot).

Exercice 6 : DOCS 1, 2, 3, 4, 5
J’argumente le choix d’un poème

Quel texte du chapitre trouvez-vous le plus poétique ?

Exercice 7 : DOC 2
Je réfléchis à la différence entre vers libres et vers réguliers

Choisissez un passage d’un poème en vers libres. En vous en inspirant, écrivez un poème en vers réguliers.
Choisissez un passage de « Strophes pour se souvenir » (texte suivant). En vous en inspirant, écrivez un poème en vers libres.

Exercice 8 :
J’exprime une préférence

Quel moyen de transport préférez-vous ? Pourquoi ? Préparez des arguments.

Parcours de compétences
J'exploite les ressources expressives et créatives de la parole
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Text

LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR, « New York », Éthiopiques, Le Seuil, 1956.

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DYS

Expression orale

Senghor a visité New York lors d’un voyage officiel. Il évoque dans ce poème les sentiments mêlés qu’a éveillés en lui cette mégapole pleine de contrastes.
1
  À New York
(Pour un orchestre de jazz : solo de trompette)

I
New York ! D’abord j’ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d’or aux jambes longues.
Si timide d’abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givre
Si timide. Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel
Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil.
Sulfureuse ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le ciel
Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres.
Mais quinze jours sur les trottoirs chauves de Manhattan
– C’est au bout de la troisième semaine que vous saisit la fièvre en un bond de jaguar
Quinze jours sans un puits ni pâturage, tous les oiseaux de l’air
Tombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses.
Pas un rire d’enfant en fleur, sa main dans ma main fraîche
Pas un sein maternel, des jambes de nylon. Des jambes et des seins sans sueur ni odeur.
Pas un mot tendre en l’absence de lèvres, rien que des cœurs artificiels payés en monnaie forte
Et pas un livre où lire la sagesse. La palette du peintre fleurit des cristaux de corail.
Nuits d’insomnie ô nuits de Manhattan ! si agitées de feux follets, tandis que les klaxons hurlent des heures vides
Et que les eaux obscures charrient des amours hygiéniques, tels des fleuves en crue des cadavres d’enfants.

II
[…] Harlem Harlem ! voici ce que j’ai vu Harlem Harlem ! Une brise verte de blés sourdre des pavés labourés par les pieds nus de danseurs Dans
Croupes ondes de soie et seins de fers de lance, ballets de nénuphars et de masques fabuleux […]
Écoute New York ! ô écoute ta voix mâle de cuivre ta voix vibrante de hautbois, l’angoisse bouchée de tes larmes tomber en gros caillots de sang
Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam.

III
New York ! je dis New York, laisse affluer le sang noir dans ton sang
Qu’il dérouille tes articulations d’acier, comme une huile de vie
Qu’il donne à tes ponts la courbe des croupes et la souplesse des lianes.
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