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Aquin (d') Thomas - Exclusivité numérique
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Biographie


Thomas d'Aquin





Thomas d'Aquin
1225 - 1274

Thomas d'Aquin

Sa vie

Né dans une famille noble italienne, Thomas d’Aquin manifeste très tôt son esprit indépendant. Refusant la position d’abbé à laquelle le destine sa famille, il décide d’intégrer l’ordre dominicain. Lors de ses études à Paris, de 1245 à 1248, il fait la rencontre d’Albert le Grand, qu’il suivra en Allemagne, avant de revenir finir sa maîtrise de théologie à Paris. Ses premiers commentaires des textes bibliques lui valent rapidement une solide réputation et il partira enseigner en Italie pendant près de dix ans.

À la demande du pape Urbain IV, il rédige alors une explication minutieuse des évangiles, dont la taille et l’érudition contribuent à asseoir définitivement sa notoriété. Devenu proche de la cour pontificale, il commence en 1266 la rédaction de son œuvre majeure, la Somme théologique, en même temps qu’il est chargé de former les moines dominicains, qu’il impressionne par son savoir encyclopédique.

De retour à Paris, où de nombreuses querelles intellectuelles agitent l’Église et l’Université, Thomas d’Aquin doit faire face à plusieurs attaques. Rappelé en Italie en 1272, il y meurt l’année suivante, après avoir renoncé à écrire en raison d’une expérience mystique qui le bouleverse définitivement.

L’Église reconnaîtra en lui un maître de la théologie catholique et le canonisera en 1323, avant d’en faire le saint patron de ses universités.

Sa pensée

Si Thomas d’Aquin est un immense théologien, c’est sans doute parce qu’il a travaillé à concilier textes bibliques et philosophie. À cette époque, foi et raison tendent pourtant à se séparer radicalement ; Averroès, commentateur arabe de la pensée grecque, est l’objet de sévères critiques venues du christianisme parce qu’il en vient à nier l’immortalité de l’âme individuelle au profit d’un principe rationnel unique. Dans ce contexte difficile, Thomas travaille à montrer comment la philosophie d’Aristote, dont il devient un commentateur majeur, a eu en réalité des intuitions rejoignant celles de la foi chrétienne ; plutôt que de la desservir, elle en constitue ainsi un complément essentiel et chacune s’enrichit de son interaction avec l’autre.

Une telle association n’est cependant possible qu’à la condition de considérer que foi et raison ne diffèrent pas par leur objet, mais par les méthodes qu’elles utilisent pour l’atteindre : alors que la première va de la cause (Dieu) aux effets (créations de Dieu), la seconde remonte des effets vers la cause ; quand la foi permet de déduire une connaissance à partir de la vérité révélée grâce à la grâce divine, la raison — partie intelligible de l’âme, toujours associée à un corps — est condamnée à la reconstituer laborieusement au moyen de ce dont elle fait l’expérience par les sens.

Nihil est in intellectu quod non sit prius in sensu (rien n’est dans l’intellect qui ne soit d’abord dans les sens), tel est le principe que pose Thomas. À l’idée platonicienne, objet de contemplation intellectuelle, il préfère les choses mêmes à l’épreuve desquelles nous ne pouvons que nous instruire, puisqu’en elles se trouve la trace du bien voulu par Dieu, vers lequel doit tendre toute créature.

Reprenant les grands principes de la philosophie d’Aristote, là où Augustin suit ceux de Platon, Thomas d’Aquin est ainsi conduit à penser Dieu comme un premier moteur, cause ultime qui seule est capable de rendre compte du mouvement observé au sein de la nature. De même, à la suite de l’hylémorphisme aristotélicien, il fait de tout être une substance produite par composition d’une forme (âme) et d’une matière (corps), sans que la raison puisse les penser séparément. Ceci le conduit à développer une théorie des passions où les effets du corps sur l’âme, analysés d’une façon étonnamment réaliste, restent d’une grande modernité.

« La philosophie est la servante de la théologie. »


Œuvres principales

Thomas d'Aquin
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