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Coup de théâtre au bal

DYS

Coup de théâtre au bal

L’un des espions du cardinal, Milady de Winter, a réussi à voler deux ferrets1 au duc de Buckingham lors d’un bal. Buckingham fait faire des pièces identiques par son bijoutier, juste à temps pour que d’Artagnan récupère les ferrets complets et regagne Paris. Le bal commence.
1
L
a reine entra dans la salle : on remarqua que, comme le roi, elle avait l’air triste et surtout fatigué. Au moment où elle entrait, le rideau d’une petite tribune s’ouvrit, et l’on vit apparaître la tête pâle du cardinal. Ses yeux se fixèrent sur ceux de la reine, et un sourire de joie terrible passa sur ses lèvres : la reine n’avait pas ses ferrets de diamants.
  [...] Le cardinal parlait au roi tout bas et ce dernier était très pâle. Le roi fendit la foule ; il s’approcha de la reine, et d’une voix altérée2 :
  « Madame, lui dit-il, pourquoi donc, s’il vous plaît, n’avez-vous point vos ferrets de diamants, quand vous savez qu’il m’eût été agréable de les voir ? »
  La reine étendit son regard autour d’elle, et vit derrière le roi le cardinal qui souriait d’un sourire diabolique.
  « Sire, dit-elle, je puis les envoyer chercher au Louvre, où ils sont, et ainsi les désirs de Votre Majesté seront accomplis.
  – Faites, Madame, faites, et cela au plus tôt : car dans une heure le ballet va commencer. »
  La reine salua en signe de soumission et suivit les dames qui devaient la conduire à son cabinet.
  [...] Le cardinal s’approcha du roi et lui remit une boîte. Le roi l’ouvrit et y trouva deux ferrets de diamants.
  « Que veut dire cela ? demanda-t-il au cardinal.
  – Rien, répondit celui-ci, seulement si la reine a les ferrets, ce dont je doute, comptez-les, Sire, et si vous n’en trouvez que dix, demandez à Sa Majesté qui peut lui avoir dérobé les deux ferrets que voici. »
  Le roi regarda le cardinal comme pour l’interroger ; mais il n’eut le temps de lui adresser aucune question : un cri d’admiration sortit de toutes les bouches. [...] Sur l’épaule gauche de la reine étincelaient les ferrets, soutenus par un noeud de même couleur que les plumes et la jupe. Le roi tressaillit de joie et le cardinal de colère ; cependant, distant comme il l’était de la reine, ils ne pouvaient compter les ferrets ; la reine les avait, seulement en avait-elle dix ou en avait-elle douze ?
  En ce moment les violons sonnèrent le signal du ballet. Le roi s’avança ; on se mit en place, et le ballet commença.
  Le roi figurait en face de la reine, et chaque fois qu’il passait près d’elle, il dévorait du regard ses ferrets, dont il ne pouvait savoir le compte. Une sueur froide couvrait le front du cardinal.
  [...] « Je vous remercie, Madame, lui dit le roi, de la déférence3 que vous avez montrée pour mes désirs, mais je crois qu’il vous manque deux ferrets et je vous les rapporte. »
  À ces mots, il tendit à la reine les deux ferrets que lui avait remis le cardinal. «   
  Comment, Sire ! s’écria la jeune reine, jouant la surprise, vous m’en donnez encore deux autres ; mais alors, cela m’en fera donc quatorze ? »
  En effet, le roi compta, et les douze se trouvèrent sur l’épaule de Sa Majesté.
Les textes principaux
  • 1982
    . Coup de théâtre au bal
    ALEXANDRE DUMAS
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Les images
  • 1973
    . Les Trois Mousquetaires
    Richard Lester
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