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Identifier la thèse centrale d’un texte
P.406-407

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En vue de l’explication


Identifier la thèse centrale d’un texte




Méthode

Comment trouver la thèse centrale ?

  • Ce que l’auteur veut que son lecteur admette : il cherche à convaincre de la vérité de sa thèse.
  • L’idée directrice du texte : les thèses secondaires, les exemples et les concessions sont en effet articulés autour de la thèse centrale.
  • Ce qui fait le sens du texte : sans cette thèse centrale, le texte n’est qu’une liste de remarques.


Qu’est-ce qu’une thèse centrale ?

  • En identifiant ce que l’auteur veut invalider : contre quelle(s) idée(s) argumente-t-il ?
  • En distinguant les constats et les analyses : une thèse est un propos qui prend position, ce n’est pas une description, ni un simple constat factuel.
  • En élaguant toutes les déclarations qui ne sont pas essentielles : concessions, exemples, etc.
  • En identifiant, parmi les distinctions faites par l’auteur, celle qui structure le texte.
  • En se servant des repères au programme, si l’auteur les utilise.

XVIIIe siècle

Jean-Jacques Rousseau

Rousseau

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 12
Bonheur et insatisfaction des désirs
◉ ◉ 

 Tant qu’on désire on peut se passer d’être heureux ; on s’attend à le devenir : si le bonheur ne vient point, l’espoir se prolonge, et le charme de l’illusion dure autant que la passion qui le cause. Ainsi cet état se suffit à lui-même, et l’inquiétude qu’il donne est une sorte de jouissance qui supplée à la réalité, qui vaut mieux peut-être. Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd, pour ainsi dire, tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme, avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et, pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède ; l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité ; et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas.

Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, 1761, trad. A. Houssiaux.

XIXe siècle

Arthur Schopenhauer

Schopenhauer

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 13
Bonheur, plaisir et souffrance
◉ ◉ 

 L’homme le plus heureux est donc celui qui parcourt sa vie sans douleurs trop grandes, soit au moral, soit au physique, et non pas celui qui a eu pour sa part les joies les plus vives ou les jouissances les plus fortes. Vouloir mesurer sur celles-ci le bonheur d’une existence, c’est recourir à une fausse échelle. Car les plaisirs sont et restent négatifs ; croire qu’ils rendent heureux est une illusion que l’envie entretient et par laquelle elle se punit elle-même. Les douleurs au contraire sont senties positivement, c’est leur absence qui est l’échelle du bonheur de la vie. Si, à un état libre de douleur vient s’ajouter encore l’absence de l’ennui, alors on atteint le bonheur sur terre dans ce qu’il a d’essentiel, car le reste n’est plus que chimère1. Il suit de là qu’il ne faut jamais acheter de plaisirs au prix de douleurs, ni même de leur menace seule, vu que ce serait payer du négatif et du chimérique avec du positif et du réel. En revanche, il y a bénéfice à sacrifier des plaisirs pour éviter des douleurs. Dans l’un et l’autre cas, il est indifférent que les douleurs suivent ou précèdent les plaisirs. Il n’y a vraiment pas de folie plus grande que de vouloir transformer ce théâtre de misères en un lieu de plaisance, et de poursuivre des jouissances et des joies au lieu de chercher à éviter la plus grande somme possible de douleurs. Que de gens cependant tombent dans cette folie !

Arthur Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie, 1851, trad. J.-A. Cantacuzène.

Note de bas de page

1.
Illusion.

XVIIe siècle

Blaise Pascal

Pascal

Retrouvez ici sa biographie.

Texte 14
Temporalité et bonheur
 ◉ ◉

 Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens, seul l’avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.

Blaise Pascal, Pensées, 1670.

Exercice 1

Texte 12 (⇧)

a) Repérez les différents passages qui décrivent, respectivement, l’être humain avant et après la satisfaction de son désir.


b) Dans laquelle de ces deux situations l’être humain est-il le plus heureux ?


c) Comment formuler alors précisément la thèse centrale du texte ?
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Exercice 2

Texte 13 (⇧)

a) Quelle erreur commet-on souvent, d’après Schopenhauer, à propos du bonheur ?


b) Quelle est au contraire la position précise de Schopenhauer à ce sujet ?


c) Quels conseils donne-t-il alors pour être heureux ?


d) Le repère idéal/réel est-il un outil efficace pour comprendre la thèse de ce texte ?


e) À partir de tous ces éléments, comment formuler précisément la thèse centrale du texte ?
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Exercice 3

Texte 14 (⇧)

a) En quoi consiste le constat initial de Pascal dans ce passage ?


b) Pourquoi ce constat n’est-il pas à lui seul la thèse centrale du texte ?


c) Comment formuler alors précisément la thèse centrale du texte ?
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Exercice 4

Texte 5 (⇧)

a) Contre quelle conception du bonheur Sénèque nous met-il en garde ? Quel est son argument ?


b) En quoi consiste l’objection anticipée par Sénèque contre cette mise en garde et comment y répond-il ?


c) Quelle importance Sénèque accorde-t-il à la « Fortune » dans notre bonheur ?


d) Pourquoi les premières lignes du texte ne constituent-elles pas à elles seules la thèse centrale du texte ?


e) À partir de tous ces éléments, comment formuler précisément la thèse centrale du texte ?
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